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Attaques au Mali: l’ONU réclame des renforts, dénonce l’impasse du processus de paix
Publié le vendredi 3 juin 2016  |  AFP
Mahamat
© Autre presse par DR
Mahamat Saleh Annadif, le représentant spécial de l`UA pour la Somalie




Bamako - Le chef de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif, a lié jeudi la recrudescence des attaques dans ce pays, frappant notamment les Casques bleus, au piétinement du processus de paix, tout en réclamant davantage de moyens militaires.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a demandé au Conseil de sécurité quelque 2.049 militaires et 480 policiers supplémentaires pour la Minusma, dont les effectifs actuels sont d’environ 12.000, a annoncé son porte-parole, Stéphane Dujarric.

"Nous parlons de forces de réaction rapide, de moyens aériens, de soldats supplémentaires spécialisés dans les convois hautement sécurisés", a-t-il précisé.

De son côté, M. Annadif a réaffirmé sa conviction que "la meilleure façon de combattre les terroristes, de les isoler, c’est la mise en oeuvre effective de l’accord de paix" entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion à dominante touareg, signé en mai-juin 2015.

Or, "l’accord de paix n’avance pas, ou peu", a-t-il déploré lors d’une conférence de presse à Bamako, confiant avoir "peur qu’on n’en arrive à un point de blocage".

"C’est le retard que connaît la mise en oeuvre de l’accord de paix qui est une des causes fondamentales de cette recrudescence de l’insécurité", a insisté le diplomate tchadien, deux jours après une double attaque contre la Minusma à Gao, la principale ville du nord du pays.

L’attaque, revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a fait quatre morts, un Casque bleu chinois et trois civils (un Français et deux Maliens travaillant pour l’ONU), et douze blessés, a-t-il indiqué.

- Coopération de la population -

"Ces terroristes évoluent dans un environnement. Cet environnement est malien et j’ai toujours dit qu’il faut que la population malienne sente que la Minusma est là pour elle et qu’elle doit l’aider", a expliqué le représentant de l’ONU, évoquant les "complices" des assaillants.

Il a jugé essentiel d’amener les populations à "coopérer" avec la Minusma "pour que ces terroristes ne puissent pas nous ramener à la situation de 2012".

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l’armée face à la rébellion, d’abord alliée à ces groupes, qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l’initiative de la France, d’une intervention militaire internationale, qui se poursuit, mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères.

Pour faire face à la situation, M. Annadif a également réclamé un renforcement de la Minusma, "notamment en matière d’engins blindés, d’avions de surveillance et de renseignement".

Il s’est ensuite rendu sur les lieux de la double attaque de Gao en compagnie du commandant de la force militaire de la Minusma, le général Michael Lollesgaard, a annoncé la Mission de l’ONU dans un communiqué.

"Nous sommes ici pour vous dire que nous sommes avec vous, pour vous dire notre solidarité, pour apprécier et saluer votre résilience et votre courage, pour vous écouter et pour vous dire aussi que nous travaillons d’arrache-pied pour assurer votre sécurité et sûreté", a-t-il déclaré au personnel de la Minusma, selon le texte.

Depuis près de 15 jours, les attaques contre l’ONU au Mali se succèdent.

Le 29 mai, cinq Casques bleus togolais ont péri dans une embuscade dans la région de Mopti (centre). Une autre attaque le 18 mai a fait six morts parmi les Casques bleus tchadiens près d’Aguelhok. Elle a été revendiquée par un cadre du groupe jihadiste malien Ansar Dine, allié à Al-Qaïda.

sd-cml/sst/cs/ger
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