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Arnaque dans des boutiques: Un client qui n’est pas là pour acheter
Publié le jeudi 23 juin 2016  |  Le Prétoire




Si le client est roi, comme on a l’habitude de le dire, en voici un qui n’a rien de royal. Car après son passage, le vendeur n’a que ses yeux pour pleurer, en constatant qu’il venait de subir un commerce défavorable.
Ce dimanche 19 juin, madame S. F. Kébé, commerçante à Hamdalaye-ACI, accueille un potentiel acheteur dans sa boutique avec le sourire que cela requiert. Vu le chic accoutrement et l’embonpoint de ce beau jeune homme, l’espoir de vendre un ou plusieurs articles est très grand. Ce que confirme le jeune homme qui décroche des vêtements de valeur. Ayant demandé et reçu le prix desdits articles, il engage un marchandage avec la propriétaire, comme il est de coutume sous nos cieux. Un accord de prix est arrêté à la somme de 120 000 F CFA pour les articles choisis. Prête à emballer la vente qu’elle venait de conclure, la vendeuse entend son client lui demander quelques secondes afin qu’il effectue un retrait sur son compte de téléphonie mobile dans une cabine pour procéder au paiement. Ce qu’elle trouva bizarre. « Comment peut-on venir débattre du prix d’une marchandise pour laquelle on s’est déplacé avant d’aller chercher l’argent nécessaire pour le paiement » : se demandait la dame au moment où l‘acheteur sortait du magasin. Puis, une fois dehors, elle l’aperçut qui enfourchait précipitamment sa moto pour s’en aller. Ce qui eut pour effet d’accroitre sa confusion face à ce client vraiment pas comme les autres. Dans sa tête, elle revoyait le jeune homme qui, tout au long du débat sur le coût, n’avait pas cessé d’avoir le regard très promeneur, comme s’il cherchait une chose autre que la marchandise qu’il tenait entre les mains. Mais elle l’oublia et entama de poursuivre le cours de ses activités puisque, même s’il n’a rien acheté, il a tout de même laissé la marchandise sur les lieux. C’est ainsi qu’elle entreprend de se saisir de son sac à main dans l’optique d’en sortir son téléphone, sans succès. Le sac reste introuvable. Il contient son Smartphone de 200 000 F et la somme de 350 000 F en billets de banque. C’est à ce moment qu’elle comprend ce que le faux client était venu faire dans son local.
La Brigade d’investigation judiciaire (BIJ) entre en œuvre
N’ayant aucun moyen de retracer l’individu, elle raconte sa mésaventure à plusieurs personnes dont certaines lui demandent de contacter l’Inspecteur divisionnaire Papa Mambi alias « L’Epervier du Mandé » à la BIJ. D’autres lui disent que ni Papa Mambi ni personne d’autre ne pourrait retrouver ce filou qui n’a laissé aucun indice exploitable et que toute procédure ne serait que peine perdue. Se fiant aux conseils des premiers et les nombreux succès qu’elle a entendu sur le compte de l’Epervier, elle s’est rendue à la BIJ le lendemain lundi. Après avoir relaté les faits, l’Epervier lui demande de faire une description physique du suspect. Après quoi il lui demande si elle saurait le reconnaitre visuellement. Ce qu’elle répond par l’affirmatif. C’est alors que l’Epervier du Mandé lui présenta un ensemble de photographies parmi lesquelles la victime reconnu, sans aucune difficulté, le présumé auteur du forfait; Bila Wologuem alias Bill Gate. Avant de pousser un cri d’étonnement devant la rapidité avec laquelle la connexion venait de se faire avec son arnaqueur. L’Epervier lui apprendra que les voleurs et escrocs récidivistes ont tous un mode opératoire très particulier. Et ce n’est pas tout. Il réussit, en moins de cinq minutes, à le contacter par téléphone, grâce à une série de coups de fil, et à lui demander de se rendre derechef à la BIJ afin de prouver son innocence lors d’une confrontation avec la victime. Ce que ce dernier accepta. Mais arrivé au seuil des bureaux abritant l’Epervier et ses éléments, le suspect qui s’est retrouvé nez à nez avec la victime, rebroussa chemin pour enfourcher sa moto et s’en aller à toute vitesse. Plus loin, il rappelle l’Epervier par téléphone en continuant de nier les faits. Mais très vite, il change de tactique quand l’investigateur de la BIJ lui dit que la dame ne serait intéressée que par la récupération de son téléphone et la puce. Et que, quant à l’argent, elle serait prête à passer l’éponge dessus. Il promet donc de retourner le téléphone sans reconnaitre la présence des billets de banque.
Le menaçant de le retrouver pour le mettre aux arrêts s’il continue de vouloir souffler le chaud et le froid, le suspect avoue les faits. Le mardi matin, il retourne, par personne interposée, le Smartphone et promet de rembourser la somme d’argent dans un délai d’un mois, en versant une première tranche de 80 000 F. Ce que Papa Mambi laisse faire sans situer le suspect sur la suite de la procédure, le temps de réunir les pièces utiles.
La méthode Papa Mambi
Il faut savoir que c’est depuis sa présence au 3ème arrondissement de police de Bamako que Papa Mambi a entrepris de créer ce fichier qui, à ce jour, répertorie plus de 2 000 malfrats classés selon des critères et indicatifs très pointilleux. Ici les profanes aux enquêtes policières et les collègues en mal de succès verront une connivence entre l’investigateur et les malfrats. Et pourtant, tout initié sait que les meilleurs enquêteurs doivent s’appuyer sur un réseau d’indices très performant pour élucider les crimes les plus complexes. Il se noue donc une relation qui, loin de la connivence, est comme celle entre un médecin traitant et un patient régulier. C’est-à-dire que, sans être du même côté de la loi, les malfrats récidivistes et les bons policiers apprennent à se connaitre, à se reconnaitre et surtout à collaborer quand les prérogatives d’une enquête l’exigent.
C’est ainsi que, surprise ou émerveillée par la rapidité avec laquelle cette affaire venait d’être résolue, la victime a tenu ces mots à L’Inspecteur divisionnaire Papa Mambi Keïta: «Vraiment, on ne peut pas être célèbre pour rien. Je comprends maintenant pourquoi ton nom est dans tous les médias et que certaines personnes disent du mal de toi. Mais il faut que tu saches que ce sont les gens compétents qui ont des ennemis.»
Abdoulaye KONATE
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