Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aBamako.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Avec une jeunesse non éduquée: Où peut-on aller ?
Publié le lundi 27 juin 2016  |  L’Inter de Bamako




«On connaît une nation aux hommes qu’elle produit, mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu’elle honore. Nos progrès en tant que nation dépendront de nos progrès en matière d’éducation. L’esprit humain est notre ressource fondamentale.» (J.F.Kennedy).
De tous les maux que les «démocrates» ont pu faire au Mali, la déliquescence de l’école malienne est de loin, le pire. Plus que la destruction de l’Etat, plus que la démolition de l’armée nationale, plus que le délitement de la cohésion sociale, la descente aux enfers de l’école malienne compromet l’avenir du Mali, en tant que NATION. Car si la jeunesse est l’avenir de la Nation, il faut convenir, qu’en ce moment l’avenir est bien sombre pour le Mali.
Avec une jeunesse non éduquée, désorientée et déboussolée, versée dans les affres d’une violence gratuite, que pouvons-nous espérer ? Où peut-on aller avec une jeunesse qui, toute honte bue, s’est détournée de l’effort personnel et du travail bien fait, pour s’agripper à la fraude et à la triche comme seules aptitudes ? Une jeunesse cupide et affamée d’argent facile, une jeunesse avide de consommer et pour qui, la corruption va de soi ! D’où nous vient une telle jeunesse ?
Ses origines sont à rechercher dans le Mali de 1990-1991, quand les «démocrates convaincus», et «patriotes sincères» ont décidé de se servir de la jeunesse scolarisée comme d’une pépinière de fantassins pour leur conquête du pouvoir. Ce qui ne s’était jamais produit dans le Mali indépendant ! C’est pourquoi, nous disons et nous le répétons, qu’il y a un Mali d’avant mars 1991 et un autre Mali de l’après mars 1991.
Il importe que les jeunes du Mali intègrent, que le monde ne commence pas en 1991 et qu’avant cette année fatidique, l’histoire récente du Mali foisonne d’évènements. Le coup d’Etat du 26 mars 1991 a été précédé par celui du 19 novembre 1968. Et bien avant l’AEEM, ce ne sont ni les élèves et étudiants, ni les syndicats étudiants, ni les marches qui ont fait défaut au Mali.

Le Mali de l’après mars 1991
Les syndicats- étudiants sont par nature apolitiques. Mais nul ne songeait à leur contester le droit d’exprimer une opinion ou une prise de position politique. Leurs revendications et leurs manifestations, comme toutes leurs actions et activités doivent, cependant se développer dans un cadre légal. Car en dehors de la légalité, il n’y a point de statut.
En dehors du strict respect de la règle commune, c’est la porte ouverte à tous les abus et à tous les dérapages. Que du fait de la fougue propre à toute jeunesse, que certaines de leurs manifestations débordent, cela ne surprend personne. Cela s’entend. Et nul ne trouverait à y redire. Ce qui est incompréhensible, c’est quand un syndicat-étudiant verse dans la violence et entend renverser un régime politique. Cela ouvre la porte à toutes les aventures et peut avoir des conséquences quasi irréversibles, à court, moyen et long termes. Car un syndicat- étudiant n’a pas vocation à conquérir le pouvoir politique.
Si tel était le cas, la puissante Fédération des associations des étudiants de Madagascar (FAEM), au printemps 1972, après plus d’une année de grèves, ponctuées de manifestations violentes. Le mouvement déclenché par la FAEM le 27 mars 1971, connut son épilogue le 8 octobre 1972, par un référendum constitutionnel ! Référendum qui attribue les pleins pouvoirs, à, 96,43% des suffrages au général Gabriel Ramanantsoa, alors chef d’Etat- major de l’armée.
En mars 1980, le pouvoir de l’UDPM semblait être tombé par terre. Suffisait-il de se baisser pour le ramasser ? L’UNEEM qui était alors dans la rue, n’a pas jugé utile de le faire ! En avait-elle seulement, les moyens ? C’est pourquoi, il aurait fallu que l’AEEM y réfléchisse longuement, avant d’organiser des «marches pacifiques avec casses techniques ciblées» en faveur d’aventuriers tapis dans l’ombre, qui lui inoculèrent le virus d’une violence gratuite, fondée sur la haine et la convoitise. Car depuis, elle semble avoir pactisé avec la mort.
Après avoir fait tuer ses membres par dizaines en 1991, elle continue à les faire tuer, au compte-gouttes, plus de 20 ans après. Pour quels résultats ? Comment comprendre qu’un syndicat- étudiant puisse s’en prendre à un parti politique ? Même unique, même constitutionnel ? L’AEEM aurait du murement réfléchir avant de se donner comme objectif de lutte.
En servant de fusil d’assaut à de prétendus «révolutionnaires», l’AEEM a envoyé ses militants, littéralement, à l’abattoir. La prétendue «révolution populaire» ou «insurrection populaire», a-t-elle débouché sur une quelconque démocratie ? La corruption a-t-elle disparu du Mali, après 1992 ? Car de 1992 à 2012, le peuple malien n’a pas voté, préférant s’abstenir.
L’AEEM a-t-elle pu empêcher les «démocrates convaincus» et «patriotes sincères» de s’accaparer du pouvoir et d’en faire ce qu’ils voulaient ? Surtout, que l’AEEM ne nous parle pas d’avoir été abusée, ni d’idéaux trahis. Si elle a eu le courage de faire la «révolution», il lui revenait de faire en sorte que personne ne puisse trahir cette «révolution». A elle de prendre la mesure de ses responsabilités, vis-à-vis de ses membres, de la Nation et de l’histoire du Mali.

L’assassinat du Docteur Bakary Traoré aurait-il un relent sur la déconfiture de l’école
Il est remarquable de constater que parmi les premiers assassinats, commis, lors des «évènements de mars 1991», figure le Docteur Bakary Traoré, ministre de l’Education nationale. Tout un symbole, comme si cet odieux assassinat a sonné le glas pour l’école malienne ! Car depuis, l’école malienne tombe. Et elle tombe toujours. Et ce ne sont pas les «démocrates»qui se soucient d’elle !
Qui rendra justice, un jour, au Ministre Bakary Traoré ? Qui pourra sortir l’école malienne de l’ornière ? Extirper la violence d’un espace ou elle n’a rien à faire et ou elle n’aurait jamais dû pénétrer ? Afin que cette école redevienne un havre de paix et le sanctuaire de sérénité, indispensable à son objet ?
Redorer son blason et lui faire acquérir ses lettres de noblesse, en la transformant en une institution d’Intégrité et d’Excellence ? Si un syndicat- étudiant n’a pas vocation à conquérir le pouvoir, il n’a pas, non plus vocation à être armé.
Or, depuis 1991, les armes ont fait leur apparition lors des congrès voire des AG de l’AEEM. Et certains de ses responsables ne se déplacent qu’accompagnés de garde-du-corps ! Sommes-nous dans le cadre d’un syndicat- étudiant ou celui d’une organisation du crime organisé ? Surtout lorsque l’on sait que certains de ses responsables, sont, à la fois, étudiants et transporteurs, car propriétaires de véhicules de transport en commun !
Que dire des ministres de la République, en charge de l’Education nationale, qui n’ont trouvé de mieux à faire, que de financer et armer des fractions rivales au sein de l’AEEM, afin d’avoir un semblant de paix, pour mieux s’adonner à leur occupation favorite : le vol et le pillage de la République ? Que des politiciens véreux et apatrides, décident de détruire leur propre pays, soit.
La jeunesse estudiantine a-t-elle le droit de les suivre aveuglement dans leurs entreprises démoniaques ? Une jeunesse estudiantine n’a-t-elle pas mieux à faire que de se préoccuper de politique politicienne et d’accumulation de richesses ? La seule vocation qui sied à un étudiant, c’est d’apprendre.
D’avoir suffisamment d’amour-propre pour soi-même afin d’acquérir connaissances et aptitudes, de façon propre et honnête. Et ce, afin d’être utile à lui-même sa famille et à son pays. Et la seule chose dont on ne saurait dépouiller quelqu’un, c’est le contenu de sa tète. Car, «si l’esclave appartient à son maître, le contenu de sa tète, appartient en propre, à l’esclave».
Et l’on peut amasser richesses et biens en tous genres et tout perdre par la suite. Mais pas le contenu de sa tête. N’est- ce pas ce qu’a voulu nous dire Aristote : «L’argent n’est qu’une fiction».

Sada DIARRA, ancien ministre
Commentaires