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Affaire troublante de jets de cailloux à Yirimadio : Le marabout, son voisin et les invisibles lanceurs de projectiles
Publié le mardi 28 juin 2016  |  Le Zenith Bale
Incendie
© aBamako.com par Momo
Incendie a l`ACI




Depuis un mois, le quartier de Yirimadio contigu à la ville de Bamako est le théâtre de faits insolites qui opposent le marabout Mohamed à ses voisins en particulier Dr Cissouma. De gros cailloux chutent sur la maison abritée par le marabout qui pointe le doigt sur le fils du Dr Cissouma comme auteur de ces actes.
Cependant, toutes les enquêtes policières et judiciaires prouvent que le jeune homme est innocent, et en notre présence un gros caillou est descendu dans la maison 10 centimètres de nos pieds. Sans compter les nombreux fracas que nous entendions sur le toit. A un moment où le jeune homme en question est en ville, loin du quartier. Tout comme le Procureur en personne, accompagné d’agents de sécurité, après avoir vidé la maison du voisin pour s’y installer et placé des gardes sur les toits, a constaté que les cailloux tombent en l’absence de toute présence humaine.
Mais le marabout persiste et signe : ” le diable ne rate pas sa cible, or les cailloux tombent sans atteindre de cibles humaines, il y a une conspiration venant maintenant de toutes parts contre moi “. Pourtant, même le coran du marabout a été mouillé dans l’eau qui a envahi sa maison par quelqu’un d’invisible, alors que ladite maison n’a qu’une seule porte d’entrée et de sortie, la femme du marabout était à la maison. Lisez les versions du marabout, de Cissouma et de leurs témoins respectifs.
Dr CISSOUMA :

Un jour, Monsieur Cissé a commencé à jeter des cailloux chez moi et quand je lui ai demandé pourquoi, il dit que c’est moi qui lui jette des cailloux, ou je pousse mes enfants à le faire. Je lui ai dit que nous ne lui jetons pas de caillou et qu’en tant que chefs de famille nous devons éviter des palabres et essayer de voir l’origine des jets de cailloux. Il est resté persuadé du contraire malgré mes explications. Le surlendemain, c’était un samedi, c’est son enfant qui escalade le mur de mes toilettes alors que mon épouse s’y trouvait pour nous accuser d’avoir jeté des cailloux.
Madame et les enfants sont sortis énervés et ils ont fait beaucoup de bruits et sa femme a insulté grossièrement la mienne. Théophile Koné, un de nos voisins, était là et les a fait revenir à la maison. Par la suite je suis arrivé de la ville et on m’a expliqué ce qui s’est passé. Je suis parti les voir, il y avait le grand frère du marabout et d’autres personnes. J’ai dit à sa femme d’éviter la bagarre avec son état de grossesse, elle doit accoucher dans deux mois.
Elle me dit non, je ne suis pas son médecin et je ne l’ai pas mise enceinte, c’est un fait de Dieu. Je lui ai demandé de se calmer, elle dit non, de sortir de sa maison. Je lui ai dit qu’elle peut me parler ainsi mais pas son mari, car lors de son premier accouchement elle a fait une fausse couche, je l’ai amenée à l’hôpital du Point G pour prendre soin d’elle durant 15 jours, c’est moi qui ai payé les frais de recyclage. Et si tout de suite elle pique une crise de douleur et que je ne lui porte pas assistance on dira que je ne suis pas un bon médecin. Elle dit s’en foutre. Je suis retourné sur mes pas. Quelques instants après, son mari est venu me tendre une convocation.
On est parti au Commissariat, l’inspecteur a dit que ce sont des enfants mineurs qui sont battus, le mien a 11 ans, sa fille en a 10, de venir gérer cela entre nous, eux ils ne se mêlent pas des problèmes de voisinage. L’inspecteur lui a dit qu’il est marabout, qu’il doit chercher la provenance des jets de cailloux, car lui et son père étaient dans une maison à Gao, des cailloux tombaient, ils ont finalement abandonné la concession.
Quelques jours après, il est parti à la police de Faladié qui a dépêché des agents pour une enquête. Quand ils étaient là, les cailloux sont tombés en vrac. Ils ont compris que ce n’était pas nous. Ensuite il est parti à la gendarmerie. Eux ils sont venus, même constat. Trois jours après il a fait venir des agents dont un de ses petits-fils. Ceux-ci ont fait le même constat.
Ensuite il a accusé d’autres personnes dont la femme d’un enseignant…
Ensuite il m’a convoqué au tribunal de la commune VI. Mamadou Lamine Touré a commencé par crier sur moi : ” où est ton enfant, je vais le déferrer ; il a voulu enfin envoyer l’enfant dans le violon pour des raisons d’enquête, le Chef de peloton s’est opposé, et a proposé d’amener l’enfant dormir chez lui puisqu’il n’y a pas d’abord de preuve contre lui ”
Ensuite ils se sont transportés sur les lieux ce vendredi 24 juin 2016. Le Procureur s’est installé chez moi, un garde est monté sur mon toit pour surveiller ce qui se passe à mon niveau, un autre est monté sur un autre toit pour surveiller ce qui se passe chez le marabout. Et soudain les cailloux ont commencé à tomber, vrahoun, banw, …
Le Procureur et les gardes ont échangé et conclu que personne n’est à l’origine des cailloux, qu’il se pourrait que le marabout ait tenté d’utiliser un nom de Dieu et s’en est mal pris. Le Procureur a dit que je suis accusé à tort, il a décidé de libérer mon enfant que je suis parti récupérer.
THEOPHILE KONE :
Je témoigne en fonction de ce que j’ai vu et non ce que je n’ai pas vu. Cela me fait 16 ans ici, la maison du marabout et celle de Cissouma ont été construites en ma présence. Je connais bien les deux hommes. Ils étaient toujours en bon terme, ils mangeaient ensemble, leurs épouses étaient toujours ensemble, elles partaient ensemble au marché et aux baptêmes. C’est cette affaire de cailloux qui les oppose maintenant.
Mais avant Cissouma, Cissé a accusé d’autres personnes, d’abord Monsieur Daou. Ce dernier m’a demandé d’intervenir auprès de Cissé afin qu’il comprenne que lui n’en est pour rien dans cette affaire de cailloux. Je suis parti chez Cissé et en ce moment il n’y avait personne chez Daou, les enfants étaient tous partis à l’école, les cailloux ont commencé encore à tomber. J’ai dit à Cissé, voilà, les cailloux ne viennent pas de chez Daou.
Ensuite Cissé a montré du doigt la femme d’un enseignant qui dit qu’elle n’a jamais soulevé de caillou depuis qu’elle est là. De la même manière, il a été obligé d’abandonné ce piste.
Et un jour, Cissé déclare qu’un fils du Dr Cissouma a versé de l’eau sur le coran chez lui et qui inonde toute la maison. La femme dit que c’est Youssouf qui en est l’auteur. J’ai demandé si elle l’a vu pourquoi elle ne l’a pas suivi jusqu’à domicile pour clarifier les choses. Elle dit qu’elle l’a vu mais qu’entre voisins elle n’a pas daigné agir ainsi. J’ai dit non, ce problème n’est plus une affaire de voisinage, alors moi je vais vérifier.
Je suis sorti et aussitôt j’ai vu le petit venir de l’école, son sac d’écolier au dos. Je lui ai fait part du grief porté contre lui et aussitôt il a expliqué que depuis 7h il est sorti avec son père pour aller à l’école et c’est maintenant qu’il revient, il ne peut pas être l’auteur de ce qui s’est passé après lui. Il a juré au nom de Dieu que ce n’est pas lui, il étudie jusqu’au quartier Hippodrome et il ne peut pas commettre un tel acte alors qu’il était jusque là-bas. Je suis parti trouver le frère de Cissé dans la maison et lui ai expliqué comment le petit n’est pas fautif.
Ensuite Cissé dit que le fil électrique de Cissouma se trouve sur son mur, de l’enlever. J’ai dit que moi-même je vais le faire parce le fil là est commun à nous tous qui sommes sur la même ligne. J’ai creusé un trou, planté une barre qui soulève le fil plus haut. Le frère de Cissé dit que je suis un bon voisin par cet acte empêchant que des voisins s’affrontent.
Ahmed El Moctar CISSE :
Soyez les bienvenus, c’est Dieu qui vous a appelé. Cette situation a commencé par des jets de cauris et autres dans ma concession. Ensuite, par des querelles contre ma femme enceinte et mes enfants. Ma fille fut frappée par le garçon de Cissouma. De ces cauris, s’en suivront les cailloux. Et tout le monde sait que c’est lui et ses enfants qui jettent les cailloux.
C’est presque toute la journée que pleuvent les cailloux sur mon toit et sous le manguier. Finalement, nous sommes cloitrés sous la véranda. Dos au mur, j’étais obligé d’aller à la police. Déçu de leur attitude après deux fois, je suis allé à la gendarmerie. Et rien ne s’y passe. Entretemps, ils ont blessé mon enfant à la tête. Il y a des témoins oculaires.
Après celles-ci, police et gendarmerie, je me suis rendu au tribunal. Le procureur avec sa délégation sont venus pour le constat. Il n’a pu rien dire que c’est le fait des diables sinon ils ont tout fait. Le procureur m’indique qu’il n’a rien comme preuve. Je lui ai dit que sa présence a été protégée par mes soins. Parce que j’ai envoyé des gens à boucler tous les coins. Donc, personne n’a pu envoyer un caillou. Donc, Monsieur le procureur ne doit pas directement conclure qu’il n’y a personne qui jette de caillou.
J’affirme que tout est parti d’un jet de cauris et de poudre noire chez moi avant le 21 mai 2016. Auparavant, il n’y avait jamais eu de problème entre nous, ni moi ni ma femme encore mes enfants. Nous cohabitons depuis 2006. Avant cette date, son gardien avait creusé un trou pour l’évacuation d’eau de chez lui à travers ma maison.
Puisque sa case avait été remplie d’eau. A son déménagement, j’ai fermé le trou. Ils étaient obligés de chercher d’autre issue pour évacuer leur eau qui me dérangeait. Sinon, sa femme et la mienne faisaient tout ensemble. Et lui et moi, on se saluait mutuellement. Je conclu que ce n’est point de diable ou quoi que ce soit, c’est lui et les siens. Puisque ces cailloux cessent au-delà de 22h sinon de 07h jusqu’à 22h ma cour est déserte, les cailloux pleuvent. Je m’en remets à Dieu.
Barry témoin du marabout :
Je soutiens que je ne suis qu’un vendeur de cartes de recharge. Mais je suis régulier chez le marabout. Tout commence par des cauris et des poudres noires. Un jour le voisin est venu dire que le jour où il apercevra quelque chose il va y mettre fin. Ensuite, il dira qu’un marabout doit pouvoir circonscrire à des choses de ce genre.
Pour moi, ce n’est pas un diable. Il y a eu des vitres et des motos brisées ici. Nous sommes aujourd’hui sidérés et cloitrés dans cette maison. Pire personne de la mosquée n’a intervenu. Je pense que les autorités doivent circonscrire à de telles choses. Il y a toutes sortes de cailloux, des petits aux grands. C’est Dieu qui va en juger. Le vieux souffre aujourd’hui, il faut l’aider.
Boubacar DABO
Mamadou DABO
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