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Sans Tabou: opologie de la violence ou sectarisme primaire ?
Publié le mercredi 29 juin 2016  |  Info Matin
Première
© aBamako.com par mouhamar
Première session de la nouvelle législature
Bamako, le 22 janvier 2014 à l`hémicycle. Les nouveaux députés issus des dernières législatives étaient en session extraordinaire pour l`élection du président de l`assemblée nationale et la composition des groupes parlementaires.Photo: Honorable Abdramane NIANG.




« La création des groupes armés est le résultat de la frustration des populations », cette phrase est du porte-parole du collectif des députés de la région de Mopti, Abdrahamane NIANG, non moins président de la Haute cour de justice. Même si ces propos ont été tenus par un chef rebelle, leur reprise venant d’un élu de la nation doublé d’une fonction de chef d’institution, il y a lieu de s’interroger sur la « nature sectaire » de l’honorable NIANG.

Le 25 juin 2016, à la Maison des Aînés, l’honorable Abdrahamane NIANG a surpris plus d’un, à la faveur d’une cérémonie d’adhésion de milices peules à la Plateforme (mouvement signataire de l’Accord pour la paix), en justifiant la création des groupes armés par la frustration des populations. Cette attitude, cette manière d’apprécier les choses par un haut responsable de notre État est un raccourci très dangereux dans le contexte actuel de notre pays quand on sait que c’est les mêmes arguments qui ont été avancés par les rebelles Touaregs en 2012 pour attaquer le pays en 2012 avec une coalition internationale de djihadistes. Au regard de ces propos, on peut se demander si le président de la Haute cour de justice, l’honorable Abdramane NIANG, malgré son long parcours politique et administratif et ses expériences acquises est parvenu à se défaire de son sectarisme. En effet, Peul de son état, l’honorable NIANG, par ces propos, tente de justifier la création des mouvements armés, en général et Peuls en particulier, dans notre pays. Sauf que depuis l’éclatement de la crise de 2012, on n’a jamais entendu M. NIANG donner raison aux rebelles Touaregs qui accusent aussi l’État du Mali d’abandonner les régions du nord. Il a fallu l’apparition d’un groupe armé composé de Peuls, appartenant au même groupe ethnique que lui, pour qu’il trouve les motifs de justifier l’injustifiable. Est-ce dire que les Peuls sont plus dignes que les autres devant la République ? Certainement pas ! Car nous disons ensemble « Un peuple, un but, une foi ».
En prenant un tel raccourci, c’est oublier que les conditions vie des populations ne sont pas les facteurs les plus déterminants dans la crise qui a frappé notre pays. Car il est évident que les chefs rebelles sont, pour la plupart part, des trafiquants d’armes, de drogue, des affidés du terrorisme international, des activités plus rémunératrices plus que tout autres, malgré leur caractère avilissant.
En tant que républicain, est-il nécessaire de rappeler à notre honorable député que dans une République, seul l’Etat a le monopole de la violence. Et que jamais, au grand jamais, nul ne peut se servir de quel que argument que ce soit pour prendre des armes contre la République. Si on se met dans la même logique des idées avancées par l’honorable, tout groupe de chômeurs peut se donner le droit de prendre les armes contre l’autorité, au seul motif qu’ils sont abandonnés par l’État. Les problèmes soulignés par l’honorable député NIANG pour justifier la rébellion des populations de sa localité sont les mêmes que vivent d’autres groupes sociaux du pays. Parmi lesquels, on peut citer sans anicroche ses voisins Dogons dans la même région. Pire, partout au Mali, il existe des poches d’extrême pauvreté dans toutes les régions de Kayes à Kidal. Mais les voies de recours pour interpeler l’État en la matière sont, tout autres, sauf la violence armée que M. NIANG justifie. Une chose que l’élu du peuple est censé connaitre mieux que quiconque, en tant que député doublé du statut de président d’une si grande institution de la République, la Haute cour de justice. Aujourd’hui, les propos de Abdramane NIANG constituent, ni plus ni moins, qu’une apologie de la rébellion, donc passible de poursuite devant la loi. Comme on le dit, en bon droit, «Celui qui n’empêche pas pèche ».

Par Abdoulaye OUATTARA
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