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Oumar MARIKO: l’accord de défense laisse la porte à la France d’agir au Mali comme dans une colonie
Publié le mardi 5 juillet 2016  |  RP Medias
Oumar
© Autre presse par DR
Oumar Mariko




Le mois de Juin 2016 a vu la levée d’interdiction de séjour du docteur Oumar MARIKO en France et de son déplacement dans la foulée à Paris. En effet, depuis trois ans, il était persona non grata aux yeux des autorités françaises qui voyaient en lui un danger pour le débat anti France qui pourrait prévaloir au Mali suite à l’intervention armée de la France.
Oumar MARIKO est donc arrivé à Paris dans la première quinzaine du mois de Juin 2016. Faut-il pour autant dire merci à la France? Il y’a plus de maliens ailleurs dans le monde qu’en France, partant de là, on ne peut pas dire que ce soit une perte pour MARIKO de ne pas venir en France.

Il a tenu un meeting devant environ 250 personnes à la mairie de Montreuil puis nous a accordé une interview. Au meeting comme à l’interview, MARIKO distribuera des cartons rouges à ses collègues politiciens et même à ses amis de la majorité. De la situation de l’engagement des jeunes en politique il reconnait que ces derniers le sollicitent pour l’urgence mais votent pour ceux qui peuvent les dépanner dans l’urgence au détriment d’une vision. Il est revenu sur l’atmosphère qui prévaut à l’hémicycle avec une unanimité opposition majorité autour de toutes propositions de lois qui respecte les intérêts de la France au Mali.

Concernant le coût exorbitant de la connexion due à la politique tarifaire d’Orange Mali, il dira que les constantes de l’équation sont connues et les variables sont les intérêts des patrons de l’ADEMA de l’époque et des principaux partis politiques d’aujourd’hui qui ont partagé les différents pouvoirs. Ceux qui détiennent les actions d’Orange Mali sont ces derniers qui ont introduit leurs ayant-droits à des postes. Partant de ce constat, ils ne se feront point hara kiri en dénonçant Orange Mali ou en se solidarisant aux jeunes qui s’opposent contre cette multi nationale.
Concernant l’accord de défense militaire, Mariko n’y va pas par quatre chemins. Son analyse de cet accord est limpide. Selon lui,
l’accord de défense militaire est la porte ouverte à la France pour agir au Mali comme dans une colonie.

Il faut reconnaitre que MARIKO a été toujours été contre la présence d’armées étrangères sur le sol malien. A l’époque du coup d’état, il s’était érigé contre la venue de la CEDEOA et plus tard contre celle de l’armée française. D’ailleurs c’est entre autres l’une des raisons de la suspension de visa à son encontre.Il en profite pour rappeler que les
forces d’occupation ne sont pas les groupes armés mais plutôt la France et l’ONU.

Si ces forces quittent le Mali, une solution serait envisageable à la crise malienne.
concernant la gouvernance, il résume la situation par le fait que le président IBK depuis son élection court après la France au lieu du peuple malien.
Sur Kidal et sa participation à la conférence organisée par les mouvements armés et cautionnée par l’état au départ, il dira que l’état a fini par se désolidariser. A Kidal il a vu une jeunesse oisive qui vit de vols et de désespoirs mais il a vu des signes de faire la paix.
Mariko n’est pas tendre avec l’opposition parlementaire. Le statu de l’opposition est un outil superflu. Un statu de l’opposition existait déjà depuis l’époque d’Alpha Omar Konaré et ce statu est moins efficace que l’ancien. L’opposition joue le rôle d’accompagnateur de la majorité à l’assemblée nationale. Chaque fois qu’une proposition de lois défend les intérêts de la France, majorité et opposition votent ensemble ces lois les yeux fermés. Le SADI n’est pas un parti qui joue à ce jeu.

La situation des enseignants de l’IUG est une anormalité puisque c’est l’état qui a failli et donc qui est coupable contrairement aux enseignants qui sont fautifs. Il dira que les étudiants sont emprisonnés par l’AEEM qui elle-même est dirigée par des personnes qui ne sont pas jeunes. Il faut mettre fin à ces pratiques.
Son parti SADI est très singulier dans son cheminement quand on écoute Mariko. S’il est dans la mouvance présidentielle, mais n’a pas signé la convention de la majorité car ayant un programme qui tranche avec celui du RPM. Il se dit plus critique que les partis de l’opposition qui s’alignent avec la majorité au gré des intérêts communs. Il finira par une distribution de cartons rouges et de carton jaunes aux vedettes de la politique malienne et du gouvernement.

La dernière fois que nous avons eu Mariko en interview c’était en 2014 à Bamako et il avait tenu des propos qui avaient fait couler beaucoup d’encre. Plus de deux plus tard, il revient avec un discours qui peut lui valoir une suspension de visa pour la France. Tout au long de cette interview, il a livré une copie du « Oumar Mariko » dans son pur style. On se demande ce qu’il fait dans la majorité présidentielle dont les us et coutumes constituent l’essence de ce que dit combattre Mariko. La politique et ses alignements qui ne respectent pas les vertus du commun des mortels.

Elijah De BLA
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