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Le Mali a adopté sa Stratégie AGOA : Une feuille de route pour accroitre et diversifier les exportations maliennes vers les Etats-Unis
Publié le lundi 4 juillet 2016  |  Le 22 Septembre




La Stratégie nationale AGOA du Mali vient d’être adoptée. C’était à l’issue d’un atelier de validation qui s’est déroulé le 22 juin 2016 dans la salle de conférence de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali. La mise en œuvre de cette Stratégie, déclinée dans un document d’une soixantaine de pages, permettra à notre pays de donner un coup de fouet à ses exportations en direction des Etats-Unis d’Amérique afin de profiter, en termes de création de richesse et d’emplois, de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA).

En français «Loi sur la Croissance et les Opportunités en Afrique», c’est un programme de préférence commerciale érigé en législation américaine puis adopté par le Congrès américain et signé en loi en 2000. C’est une loi qui ouvre volontairement l’accès, sans tarifs et sans contingentement, au marché américain à près de 7000 produits originaires des pays africains bénéficiaires.



L’AGOA, qui devait expirer en septembre 2015, vient d’être prorogé jusqu’au 30 septembre 2025, soit pour une période de 10 ans. Malgré l’importance accordée à cette loi, force est de constater que son impact sur le commerce bilatéral entre les Etats Unis et les pays africains est très limité et concentré sur certains secteurs seulement, notamment les hydrocarbures.

Le Mali, qui a été admis en 2002, ne fait pas exception à ce constat. En effet, les exportations du Mali vers les Etats-Unis sont restées presque insignifiantes durant la période AGOA, alors même que ses importations pendant la même période ont connu une augmentation relativement importante. Selon le nouveau Président du Comité AGOA, Lanfia Camara, le niveau des exportations sous AGOA du Mali a été estimé en 2014 à 158 000 dollars US, soit 79 millions de FCFA. Les produits les plus exportés dans le cadre de l’AGOA sont notamment les articles en bogolan, indigo et en perles.

Selon une étude réalisée par le Congrès Américain en 2015, l’immense majorité des exportations libres des droits de douane réalisées depuis l’Afrique subsaharienne vers les Etats-Unis (25,6 milliards de dollars en 2014) sont des produits pétroliers en provenance d’une poignée de pays: l’Angola, le Nigéria, le Tchad, le Congo Brazzaville et le Gabon. Selon les mêmes sources, les exportations dans le même cadre de l’AGOA et du Système Généralisé de Préférence (SGP) n’atteignent que 4,4 milliards de dollars, en provenance de l’Afrique du Sud, du Lesotho, de Maurice et du Swaziland. La moitié des pays africains bénéficiant du cadre de l’AGOA ont exporté moins de 1 million de dollars en 2014.

En vue de tirer profit de la prorogation de l’AGOA, et face aux résultats mitigés des exportations africaines vers les Etats-Unis, la réunion ministérielle de Libreville (Gabon) de 2015, à l’occasion du lancement de cette deuxième génération de l’AGOA, a recommandé aux pays africains de se doter d’une Stratégie nationale pour accroitre leurs exportations vers le marché américain. D’où celle du Mali.

Cette stratégie a pour ambition de développer une vision, à court et moyen termes, pour l’amélioration des capacités de notre pays à exploiter les facilités offertes par l’AGOA et le développement durable des exportations nationales, a indiqué le représentant du ministère du Commerce et de l’Industrie, le Conseiller Technique Boubacar Ballo, en ouvrant les travaux de l’atelier.

Développer le textile et l’habillement, augmenter le volume et la valeur des exportations des autres produits et diversifier les exportations, tels sont les principaux axes de cette stratégie nationale, qui est, par ailleurs, assortie d’un plan d’actions. Un plan d’action très ambitieux lequel, pour la petite histoire, vise à multiplier par dix les exportations maliennes vers le marché américain, s’agissant du karité, du sésame et de la gomme arabique et par cinq, s’agissant des produits artisanaux fabriqués avec du cuir.

Des ambitions qui ne sont pas au-dessus des capacités des Maliens, à en croire le Directeur Général de l’APEX-Mali, Abdoulaye Sanoko, qui s’est employé, à la faveur de l’atelier, à partager son optimisme avec les journalistes. Seule condition exigée: que tout le monde s’implique!

Yaya Sidibé
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