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Importation de la pomme de terre au Mali : Quand l’application des mesures communautaires dérangent les importateurs
Publié le lundi 4 juillet 2016  |  Le 22 Septembre
Remise
© aBamako.com par A.S
Remise de matériels à la Douane
Bamako, le 21 aout 2015 le Ministre des Finances Mamadou Igor Diarra a remis des matériels à la Douane




Chaque année, l’Etat malien subventionne les semences de pommes de terre et d’autres produits agricoles pour permettre à nos producteurs de pouvoir vivre de leurs cultures. Mieux, notre espace communautaire, la CEDEAO a élaboré des mesures pour protéger les productions nationales de la Communauté.

Seulement voilà: l’application de ces mesures semble déranger les importateurs de la pomme de terre. C’est justement pour cela qu’ils crient au scandale et estiment que la Direction générale des douanes couvre l’opérateur économique Modibo Kéita, un grand producteur de la filière. En effet, le simple fait que les douaniers maliens appliquent la réglementation de la CEDEAO est perçu par les importateurs de la filière comme un parti-pris. Face à la situation, le ministère de l’Economie et des finances a élaboré une notre technique dans laquelle il encourage la Direction générale des douanes à poursuivre l’application de la mesure communautaire. En faisant l’état des lieux de la question, la note technique indique que «dans le but de protéger la production agricole et promouvoir l’agro-industrie, la CEDEAO, à travers le nouveau Tarif extérieur commun (TEC), a porté à 20 et 35% le taux du droit de douane applicable à beaucoup de produits agricoles d’origine étrangère importée dans la Communauté. En outre, beaucoup d’efforts ont été faits au cordon douanier en vue de la maîtrise des quantités importées. Nonobstant ces mesures, au Mali, beaucoup de produits du cru sont concurrencés par une importation massive de ceux d’origine étrangère. Le cas de la pomme de terre venant principalement du Maroc et de l’Union européenne constitue un véritable goulot d’étranglement pour ce sous secteur agricole».



L’habitude est une seconde nature de l’homme. En effet, les importateurs maliens de la pomme de terre étaient habitués à payer des tarifs dérisoires à la douane. Sur la base des fausses déclarations, ils payaient entre 300 000 et 400 000 F CFA. A titre d’illustration, si un importateur avait une marchandise de 30 tonnes, il ne déclarait 10 tonnes. Avec la nouvelle mesure communautaire, cette fraude n’est plus possible. Désormais, la douane se donne les moyens de vérifier le poids réel des marchandises. Et puis, il y a le basculement du Tarif extérieur de l’UEMOA sur celui de la CEDEAO. Toutes les marchandises circulant dans l’espace communautaire sont désormais logées à la même réglementation. Dans le TEC de la CEDEAO, la pomme de terre, comme beaucoup d’autres produits alimentaires, sont classés sur la bande 5. Toutes les marchandises classées dans cette catégorie ont un taux de taxation assez élevé pour permettre à la CEDEAO de protéger les producteurs communautaires. Par exemple, un producteur européen qui dispose de plus de moyens qu’un Malien si des mesures protectionnistes nécessaires ne sont pas prises, le producteur européen viendra envahir le marché du malien.

Pour contourner ce mécanisme mis en place, selon de sources dignes fois, les importateurs faisaient du transbordement. C’est-à-dire qu’ils déclaraient à la douane que les marchandises sont destinées au marché du Burkina Faso ou du Niger. En réaction, la douane a décidé de prendre à ses frais l’accompagnement des camions jusqu’à la sortie des frontière maliennes pour empêcher les fraudeurs d’écouler leurs marchandises sur le malien. Car, il se trouve que certaines marchandises déclarées destiner au marché burkinabè se sont retrouvées au marché de Médine. C’est le fait de fermer ce circuit qui gène sérieusement ces fraudeurs qui crient au scandale. Certes, Modibo Kéita est un grand producteur de la pomme de terre mais il n’est pas le seul. Il existe plusieurs petits producteurs dans la région, à Kati et à Koulikoro, auxquels l’Etat malien doit protection pour leur permettre de vivre de leur production. C’est par cette suggestion que conclut la note technique du ministère de l’Economie et des finances: «Devant la pertinente nécessité d’une maîtrise des quantités de pomme de terre importées et celle d’une meilleure évaluation afin d’augmenter les recettes pouvant y parvenir d’une part et protéger, d’autre part, contre la concurrence déloyale notre production nationale et communautaire, il est impérieux d’inviter les structures opérationnelles à plus de vigilance et de rigueur lors des contrôles, tant documentaires que physiques, dans le cadre du dédouanement des produits du cru en général et celle de la pomme de terre en particulier». Voilà qui est bien clair. A suivre!

Youssouf Diallo
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