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Chronique satirique: les moutons noirs du nouveau gouvernement
Publié le mardi 12 juillet 2016  |  Le Procès Verbal




Ladji Bourama vient de frapper un nouveau grand coup en dissolvant et en renouvelant le gouvernement. Si le Premier Ministre et les grands manitous du RPM sont épargnés, ils ne savent pas jusqu’à quand durera la récréation puisque chaque année, l’hôte de Koulouba reprend son balai. En attendant, le nouveau gouvernement fait quelques bienheureux.
Le premier d’entre eux s’appelle Amadou Koita. A son jeune âge, cet ancien animateur du mouvement citoyen a vite appris l’art du nomadisme. Ces dernières semaines, on l’a vu abandonner l’opposition au milieu du gué pour les nourrissantes berges de la mouvance présidentielle. A ceux qui s’étonnaient de cette transhumance en pleine saison chaude, le compère a répondu qu’il répondait à « l’appel du président de la République pour que tous les fils du pays se donnent la main ». Or, si je ne m’abuse, ledit président a lancé son appel depuis 2013. Koita entend-il donc les appels avec trois de retard ? Comme sa réponse n’a pas convaincu grand monde, notre ami nomade a déclaré avec beaucoup plus de clarté: « Je ne suis ni prêtre ni imam ». En clair, en politique, on ne vient pas pour lire la Bible ou le Coran: on vient pour manger. Dont acte ! En tout cas, pour un nomade qui avait pour métier de crier dans les rues, Koita est bien servi puisqu’il devient ministre de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne. Même si, entre nous, l’expression « construction citoyenne » ressemble davantage à un poème de Lamartine qu’à un programme ministériel.
Un autre nouveau ministre défraie la chronique : Mohamed Ali Ag Ibrahim. Fraîchement promu ministre du Développement industriel, l’homme faisait partie des 260 fonctionnaires radiés en 2012 par le ministre de la Fonction publique pour recrutement irrégulier. Lesdits fonctionnaires ont, par la suite, été réintégrés dans les corps étatiques sur décision de la Cour Suprême mais de là devenir ministre…
Quant à Nina Walett Intallou, son dossier dégage du gaz carbonique azawadien. Nous autres, petit peuple, avions cru que cette dame, égérie du mouvement indépendantiste MNLA, venait représenter au gouvernement les rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). Puis patatras: au lendemain du décret de nomination du gouvernement, voilà la CMA qui se fend d’un communiqué rageur où l’on apprend qu’elle n’a pas été consultée et que Nina ne saurait la représenter dans l’appareil exécutif ! Un coup de théâtre digne de Corneille, le maître en linguistique de Ladji Bourama. Bon, à présent, la CMA va devoir prendre son mal en patience puisque Ladji, qui déteste qu’on le trimballe du nord au sud et d’ouest en Est, n’est pas du genre à reprendre une jolie équipe gouvernementale trois jours seulement après l’avoir composée. Que non, que non, que non ! Surtout que Nina, en tant que membre du MNLA, est bel et bien une rebelle! Pour le reste, je souhaite, en cette période de fête, plein de succès aux nouveaux ministres. Rendez-vous: dans un an. La CMA va, entre-temps, devoir réfréner son appétit et se contenter de soutirer quelques millions à l’Etat pour organiser des forums. Elle aurait tort de jouer au héron qui aimait cracher sur les petits plats!

Tiékorobani

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