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Art et Culture

Mali : Djelimady Tounkara, un « guitar hero » très discret
Publié le vendredi 15 juillet 2016  |  Jeune Afrique




Le guitariste du mythique Super Rail Band de Bamako révolutionne la musique traditionnelle. En toute modestie.

Coincé sur un côté de la scène du Studio de l’ermitage, à Paris, Djelimady Tounkara s’avance soudain sous les projecteurs. Le visage baissé sur sa guitare électrique, élégant dans son sobre boubou en bazin bleu, il se lance dans une improvisation échevelée. Sa main galope sur le manche de sa six-cordes à une vitesse effarante, imitant le « chant » du n’goni.

Quand tout à coup son jeu se tempère, on reconnaît les notes de la comptine française Frère Jacques. On a du mal à croire que le virtuose s’amuse à reprendre une rengaine pour enfants… jusqu’à ce qu’il fasse chanter les paroles au public, plutôt âgé, essentiellement constitué d’amateurs de musique savante.

Parcours exemplaire

À 69 ans, après un parcours exemplaire, le guitariste ne se prend toujours pas au sérieux. Né à Kita, à l’ouest de Bamako, dans une famille de griots ( djeli en malinké), Djelimady est initié très jeune à la musique et apprend le djembé et le n’goni. Au grand désespoir de son père, il abandonne néanmoins ce dernier pour se focaliser sur la guitare. Précoce, doué, il rejoint l’orchestre national « A » de la République du Mali, créé le jour suivant l’indépendance du pays.

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Mais c’est surtout au sein du Super Rail Band qu’il se fait connaître, accompagnant avec l’orchestre du buffet de la gare de Bamako successivement Tidiani Koné, Salif Keïta et Mory Kanté. Toutes ces pointures prendront leur envol. Djelimady, lui, reste. Il participe aux tournées africaines de la formation, qui prend le nom de Super Rail Band International, et en devient bientôt le coleader.

En 2001, le guitariste envisage néanmoins une carrière solo. Il signe l’album , puis Solon Kôno (2005) et, onze ans plus tard seulement (faute de producteur), Djely Blues un projet particulièrement ambitieux. Le Français Christian Mousset, qui a créé le Label bleu, consacré aux musiques africaines, et accompagné Djelimady parmi beaucoup d’autres artistes du continent, l’a encouragé à se passer de chanteur dans ce dernier disque.
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