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Gao: l’opposition solidaire des jeunes marcheurs
Publié le mardi 19 juillet 2016  |  Le Procès Verbal
Conférence
© aBamako.com par A.S
Conférence de presse de Soumaila Cissé
Bamako, le 30 juillet 2015. Le chef de file de l’opposition malienne, honorable Soumaila Cissé était face à la presse à la Maison de la presse. Objectif : échanger avec les hommes de media sur le statut de l’opposition, le rôle du chef de file et donner son point de vue sur l’actualité au Mali




L’opposition malienne a animé, le 16 juillet à la Maison de la Presse, une conférence pour exprimer son soutien à la jeunesse de Gao qui s’oppose à la mise en place des autorités intérimaires. La conférence était animée par Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition, en présence Tièbilé Dramé du PARENA, Modibo Sidibé des FARE et Sadou Diallo, patron du PDES et non moins maire de Gao.

L’opposition accuse

Soumaila Cissé rappelle que Gao a été endeuillée, le 12 juillet, par la répression d’une marche des jeunes. Bilan: 3 morts et une quarantaine de blessés. A ses dires, les partis de l’opposition ont lancé, sans succès, un appel au Président de la République, dès le début de son mandat, pour qu’il réunisse les forces vives de la nation en vue de trouver une solution à la crise du nord, en général, et à la question de Kidal, en particulier. Suite aux événements tragiques de Kidal, en 21 mai 2014, l’opposition a invité IBK à en tirer les conséquences. Les députés VRD ont même présenté une motion de censure contre le gouvernement. Sans succès. « Nous avons invité le Président de la République à réviser la gouvernance qu’il a instaurée. Sans succès! ». C’est dans ces conditions « déplorables » qu’IBK a, selon l’orateur, engagé le pays dans un processus dit de paix en Algérie. » A la veille de la signature de l’accord pour la paix issu du processus d’Alger, nous avons pris à témoin l’opinion en réaffirmant, dans une déclaration publiée le 13 mai 2015, que l’accord contient des germes de partition du pays. Au lieu de nous écouter, le gouvernement, à travers une immense propagande, a tenté de faire croire que cet accord restaurerait la paix dans tout le pays. Nous avons rappelé que la signature de l’accord ne doit nullement occulter la situation sécuritaire inquiétante dans le nord et le centre. ». Pour Cissé, l’application de l’accord piétine alors qu’il a été « chèrement vendu au peuple malien comme étant le remède efficace et rapide à la crise ». Et d’ironiser: « Si le rémède était bon, les autorités maliennes allaient fouler au moins une fois le sol de Kidal, ne serait-ce que pour consacrer la symbolique de la présence de l’Etat sur l’ensemble du territoire ».
Le 31 mars 2016, poursuit Cissé, l’Assemblée Nationale a adopté la loi modifiant le Code des collectivités pour y introduire l’institution d’autorités intérimaires: l’opposition a quitté la salle car on lui refusait la parole. « Certains articles de la loi violent le principe de libre administration des collectivités posé par l’article 98 de la Constitution; la loi a aussi été adoptée en violation de l’article 99, alinéa 3 de la Constitution qui exige que le gouvernement saisisse, pour avis, le Haut Conseil des collectivités. Les députés VRD ont donc saisi la Cour constitutionnelle aux fins de contrôle de constitutionnalité de la loi. Malheureusement, la Cour a suivi le gouvernement en déclarant les prétentions de l’opposition infondées. Le gouvernement a ensuite adopté le décret n°2016-0332/P-RM du 18 mai 2016 fixant les modalités de mise en place des autorités intérimaires ». L’opposition, poursuivant ses protestations, a organisé une marche le 23 mai à Bamako. « Au cours de cette marche, nous avons dénoncé l’institution des autorités intérimaires. Comme réponse, le Gouvernement a signé, le 19 juin, en toute clandestinité avec les groupes armés, un document intitulé « Entente » qui précise les modalités de mise en place des autorités intérimaires. Il ressort de ce document que le calendrier de leur installation s’étend du 15 juillet au 25 août 2016. Contrairement à la loi portant institution des autorités intérimaires et à son décret d’application, l' »Entente » parle de la mise en place des autorités intérimaires uniquement dans les collectivités territoriales des 5 régions du nord. ». Cissé déplore qu’aucune consultation de la classe politique ni de la société civile n’ait été menée en vue de les associer à l’élaboration ou à la mise en œuvre du document d' »Entente ». Se sentant marginalisés, les jeunes de Gao ont organisé une marche le 12 juillet pour demander leur implication dans la gestion de leur cité. « Cette protestation a tourné au drame. Le gouvernement a dépêché à Gao des ministres qui se sont simplement engagés à transmettre les doléances des jeunes à IBK », estime Cissé. L’opposition souhaite, à présent, une « dynamique nouvelle » qui repose sur un « dialogue inter-malien visant à forger un consensus national autour de la restauration de la paix sur l’ensemble du territoire ». C’est, selon Cissé, la condition d’une appropriation nationale, du processus de paix.

Sadou défend ses administrés

Sadou Diallo, patron du PDES, rappelle qu’il vit à Gao depuis 40 ans. Il relate: « C’est moi-même qui ai demandé à la jeunesse de Gao de désarmer et j’ai remis les armes à la force « Barkhane », sous l’œil du général Didier Dacko. J’ai récupéré avec les jeunes 3.000 armes individuelles et 40 armes collectives. Les jeunes ont accepté de désarmer en pensant qu’ils allaient être intégrés dans l’armée. De nos jours, ils se sentent écartés et là, ma jeunesse et moi, nous ne sommes pas d’accord! ». Parlant des accords de paix, Sadou Diallo peste: » Je n’ai jamais été consulté sur cette affaire d’autorités intérimaires! ». Sadou Diallo de révéler: « Lorsque les jeunes préparaient la marche au domicile d’un des leurs, l’armée a fait irruption pour arrêter une vingtaine d’entre eux, qui ont été conduits à la gendarmerie et torturés.12 se trouvent actuellement à l’hôpital de Gao. Il y a eu 3 morts et 42 blessés, dont une trentaine par balles. Les jeunes ont toujours marché et il n’y a jamais eu de problème. La marche a trouvé que j’étais en déplacement: si j’avais été là, j’aurais marché avec eux.Ces jeunes se sentent exclus du processus de paix. Les autorités n’ont aucun respect pour le peuple ! » . Le maire Gao a conclu son propos en démentant que les manifestants aient été armés; il a aussi souligné que ce n’est pas lui, mais son adjoint, qui a vu sa maison incendiée par les manifestants. Motif ? L’adjoint avait eu le malheur d’annoncer sur les radios, à la demande du gouverneur, l’interdiction de la marche des jeunes.

Abdoulaye Koné

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