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Mise en place des Autorités intérimaires à Gao: Les vraies raisons d’un désaccord meurtrier
Publié le mardi 19 juillet 2016  |  La Mutation
Cérémonie
© aBamako.com par Momo
Cérémonie de lancement des travaux du projet PADUB
Bamako, le 15 décembre 2015 la L’AFP en partenariat avec la mairie de la commune V a lancé les travaux du projet PADUB a la mairie de Badalabougou.




Le 12 juillet 2016 restera désormais gravé dans la mémoire collective des populations de Gao pour cause de répression sanglante d’une marche pacifique des jeunes de la ville. Bilan officiel trois(03) morts et 47 blessés (35 par balles et 12 par bastonnade).
Conformément au protocole d’entente signé entre le gouvernement malien et les groupes armés signataires de l’accord de paix et de réconciliation le 19 juin dernier, il était convenu de mettre en place des autorités intérimaires dans les cinq régions du Nord du Mali du 15 juillet au 15 août 2016. Mais il a fallu que le jour J arrive pour qu’on se rende compte du degré de désaccord entre les Jeunes de Gao et le gouvernement malien.
Si du côté du gouvernement, on estime cela avait été compris par l’ensemble des acteurs du processus de paix engagé depuis 2015 à travers leur campagne de sensibilisation, tel n’est pas l’avis de certains acteurs de Gao plus particulièrement les Jeunes. En effet les différents mouvements des Jeunes estiment que leurs revendications ne sont pas prises en compte et pire qu’ils sont mis à l’ écart au profit des groupes armés qui avaient semé la terreur lors de l’occupation de la ville par ces mêmes gens.
C’est dans ce climat de frustration, de colère et d’agacement et voyant que le gouvernement tient coûte que coûte à mettre en place les autorités intérimaires certainement sous la pression de la communauté internationale, les jeunes de Gao ont décidé de protester à travers une marche pacifique. Malheureusement cette marche n’a pas été autorisée par les autorités locales prétextant l’état d’urgence en vigueur dans le pays.
Et ce qui devait arriver, arriva avec des heurts entre les forces de l’ordre les manifestants. Résultat, trois morts et 47 blessés et plusieurs arrestations. Ce qui n’a pas ébranlé la détermination et la conviction des marcheurs. D’ailleurs ils ont ajouté des nouvelles revendications à leurs protestations à savoir le départ du Gouverneur, du Chef de la police, de la gendarmerie et de la garde nationale qu’ils tiennent pour responsables des morts et des blessés du 12 juillet 2012.
Aux dires du maire de Gao, sur les 47 blessés, 35 ont été blessés par balles réelles et 12 par bastonnade par les forces de l’ordre. Du coup l’indignation et l’incompréhension ont fusé de partout pour condamner l’attitude des autorités locales qui en réalité n’ont fait qu’exécuter les ordres du gouvernement central plus particulièrement du ministre de la Décentralisation et de la reforme en charge de la question.
Pour tenter de calmer les ardeurs des protestataires, une forte délégation gouvernementale conduite par le ministre de l’administration territoriale s’est rendue dans la ville. Au terme des échanges jugés satisfaisants par les différentes parties, un communiqué conjoint a été signé. « Tant que nos revendications portant sur la réinsertion socioprofessionnelle des mouvements de résistance civile qui ont résisté lors de l’occupation de la ville où l’Etat a brillé par son absence totale, nous disons non à la mise en place des autorités intérimaires à la forme actuelle où on veut mettre notre région dans les mains des gens qui ont violé, pillé et qui nous ont tout pris.
Que cela soit clair » déclare le porte-parole des manifestants. Ce qui s’est passé à Gao pouvait être évité si tous les acteurs du processus de paix étaient tombés d’accords. Et cela ne pouvait se faire que dans un cadre d’une concertation inclusive et totale. Espérons que le gouvernement malien tire tous les enseignements et leçons des évènements de Gao pour éviter le scénario du 12 juillet 2016.

Sadou Bocoum
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