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Instabilité, vendetta et contrevérités Où va le Mali?
Publié le vendredi 22 juillet 2016  |  Le Républicain
Patrouille
© AFP par PHILIPPE DESMAZES
Patrouille de l`armée malienne et française à Goundam
Patrouille de l`armée malienne et française entre Goundam et Tombouctou




Plus d’une année après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, les Maliens n’ont jamais été aussi incertains quant à l’avenir immédiat du pays plongé dans une instabilité sans précédent avec l’insécurité continue et galopante et son cortège de victimes en vies humaines : « En une semaine, 21 Maliens tués par balle ! », s’est exclamé notre confrère du «22 Septembre », dans sa parution du 21 Juillet.

Le confrère a rappelé « le 12 juillet, lors d’une marche pacifique, 4 jeunes Maliens ont été tués par balles à Gao. Ils n’ont pas été assassinés par les forces de la MINUSMA, comme par le passé, mais par des Maliens, en charge du maintien d’ordre. A peine cette situation apaisée, à travers des échanges et des appels au calme, notamment ceux du Président de la République, de la société civile et des chefs coutumiers, 17 militaires ont été sauvagement tués à des centaines de km de Gao. Il s’agit de Nampala. Dans ce camp militaire situé dans la région de Ségou, en plus de ces morts, 35 soldats ont été blessés », s’indigne le confrère.

S’agissant de Nampala, contrairement à la version des autorités, le maire de cette ville Aba Brahima Ba, a indiqué à Jeune Afrique, que les assaillants sont revenus à deux reprises à Nampala et qu'aucun militaire n’était présent sur place malgré l'annonce de renforts par les autorités. « Les assaillants sont arrivés à bord de pick-up et de motos et sont repartis vers 9h du matin, après avoir incendié le camp et emporté du matériel militaire. Ils sont ensuite revenus le soir, vers 21h, pour brûler tout ce qui ne l’avait pas été dans le camp et dans les différents checkpoints militaires de la ville. Nous avons aussi entendu des détonations au niveau du camp. Et ils sont encore revenus hier soir (mercredi 20 juillet, NDLR), vers 18h30, à bord de deux pick-up et de motos. Ils sont restés un peu, ont brûlé deux véhicules militaires à un checkpoint, puis ils sont repartis », a indiqué à Jeune Afrique, le maire de Nampala.

Par ailleurs, le Dr Sékou Bah, ancien maire de Nampala ajoute: « les assaillants du mardi sont revenus à Nampala mercredi vers le crépuscule. Les habitants étaient à la recherche de militaires disparus suite à un coup de fil de l'armée à Diabaly. Ils ont d'ailleurs retrouvé un corps à l'intérieur d'un engin blindé calciné, portant à 18 le nombre de morts ». A l'arrivée des assaillants, les habitants se sont repliés dans leurs maisons. Ceux-là ont prié le crépuscule dans la mosquée de Nampala, avant de s’adresser aux fidèles à l'aide d'un interprète. Selon des témoignages, aucun d'entre eux n'a parlé peul.

Ils étaient tous de peau blanche. Ils ont pillé à nouveau le camp et mis le feu une nouvelle fois aux installations et sont repartis tranquillement dans la nuit.
Il n'y avait aucun militaire à Nampala, précisent ces témoignages. L'annonce faite par les ministres de la Défense et de l'information porte-parole du gouvernement, au sujet d'une reprise de Nampala par l'armée se révèle être une contrevérité. Ces deux ministres ont fait croire que l’armée avait repris le contrôle de Nampala et « une riposte est engagée pour traquer les assaillants », comme indiqué par Studio Tamani, le 19 juillet et Maliweb le 20 juillet. Le soir à 20h25, Me Mountaga Tall annonce par un tweet ( 19/07/2016 20:25): «Nampala reconquis et par l'armée malienne. Les assaillants traqués ».

Présence d'individus armés douteux
Deux ou trois jours avant l'attaque, des habitants auraient signalé aux militaires de Nampala la présence d'individus armés douteux entre Nampala et Fassala (1er village mauritanien à 30kms). Les forains revenus de Fassala, le lundi (la veille de l'attaque) étaient encore plus précis sur les « gens bizarres » rencontrés sur leur chemin.

Selon un article de l’Essor, mis en ligne par le 21 juillet par Malijet, « des hommes armés ont attaqué mercredi, le village de Gathy-Loumo, chef lieu de la commune rurale de Farimaké dans le cercle de Youwarou, région de Mopti ».

Ils étaient au nombre de 6 sur des motos et ont mis le feu aux bâtiments publics, notamment la mairie, la résidence du sous-préfet et le site du détachement militaire, abandonné après l’attaque récente de Nampala. Même les bois de cuisine qui étaient dans le camp n’ont pas été épargnés, selon l’Essor. « Les militaires qui étaient à Gathy-Loumo, situé à 45 Km à l’Ouest de Youwarou, ont quitté leur position depuis qu’ils ont appris la chute du camp de Nampala », précise l’Essor. Pendant qu’ils commettaient ces délits, les villageois se sont terrés chez eux, tandis que le sous-préfet et le maire étaient absents. Cette absence des militaires et des autorités politico-administratives ne fait qu’augmenter la psychose chez la population, constate le confrère (AMAP-Youwarou).

Hier, le site Maliweb a décrit une matinée d’horreur à Ber. « Le corps “décapité” d’un combattant du Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA) a été retrouvé, jeudi 21 juillet, à Ber, dans la région de Tombouctou, rapportent des habitants », écrit Maliweb. “Il s’agit d’Effad Ag Effar”, précisent des sources au sein du mouvement. Il avait été porté disparu depuis le mois de mai. Son entourage expliquait alors qu’Effad a été enlevé par des hommes du groupe terroriste, El Mourabitoun dirigé par Moctar Bel Moctar. Ses bourreaux auraient déposé nuitamment, jeudi 21 juillet, son corps avant d’aller attaquer deux postes tenus par la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) au nord de Ber. Selon un responsable du mouvement, il y a eu quatre morts, un blessé et trois disparus, avec leurs armes, écrit Maliweb. Effad était un lieutenant de l’armée malienne avant de rejoindre le MNLA en 2012. Avant son enlèvement en mai 2016 à Ber, il était encore parmi les responsables militaires du mouvement, indique Maliweb.
Ousmane Dramé

B. Daou
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