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Retour de la nouvelle génération à nos valeurs: le plaidoyer du Pr Modibo Diakité
Publié le lundi 25 juillet 2016  |  Info Matin




Le samedi dernier, la salle de conférence de la Maison de la presse a servi de cadre pour la conférence-débat organisé par le club Ahmed Sékou Touré. ‘’Donner des repères à la future génération face à la crise multifonctionnelle qui prévaut dans notre pays actuellement’’, tel était l’objectif principal de cette conférence-débat. La cérémonie était présidée par la présidente du club, Me Mariam Diawara, en présence d’Ahmed Sékou Diallo, Secrétaire général du club, du Professeur Modibo Diakité, membre du club et conférencier. Étaient également de la partie, les membres du mouvement MP 22, dont le Pr Rokia Sanogo et Périgaman Sylla.

« Les présidents Ahmed Sékou Touré et Modibo Keita, face à la question du fédéralisme », était le thème de cette conférence-débat qui a regroupé l’ensemble des acteurs, qui militent pour la promotion des idéologies des deux présidents, Sékou Ahmed Touré et Modibo Keita. Selon les organisateurs, cette conférence – débats marque la reprise des activités du club qui avaient connu un léger sommeil, depuis un certain temps.
Aux dires de M. Ahmed Sékou Diallo, cette conférence-débat a pour objectif de donner des repères aux dirigeants, face à la situation actuelle du Mali : « donc, le club ne pouvait pas être insensé face à la cette situation, il fallait venir rappeler les responsables maliens des héritages que nous ont légué les présidents Modibo Keita et Ahmed Sékou Touré », a-t-il expliqué. La conférence a commencé par les mots de bienvenue de la présidente qui s’est inclinée devant la mémoire de toutes les victimes de l’attaque terroriste de Nampala et a souhaité une prompte guérison aux malades.
Selon le conférencier, les présidents Touré et Keita nous ont tracé la bonne voie que les dirigeants actuels doivent suivre pour tirer leur pays dans l’ornière. Il a, à cet effet, retracé la vie politique de ces grands hommes et leurs ambitions pour une Afrique Unie et prospère. À propos de Sékou Touré : « Jamais, un homme d’État n’a autant aimé son continent, ni accordé autant d’énergie de sérieux et de constance dans la lutte pour son émancipation », a-t-il dit, avant de révéler que les deux hommes avaient les mêmes objectifs pour notre continent : « Ce qui explique leur complicité fraternelle parmi le groupe des panafricanistes », a soutenu le conférencier. Car, à ses dires, donner un avenir meilleur aux populations était un objectif commun à ces deux présidents. Selon lui, les actions de ces deux hommes doivent servir de leçons pour les dirigeants africains en général et ceux du Mali en particulier. Il assure que le fédéralisme qui était tant souhaité par ces deux hommes n’est possible que si les actuels chefs d’État mettent les intérêts des peuples au-dessus des intérêts personnels. Il a, par ailleurs, exhorté les gouvernants africains et les populations à prioriser les échanges fraternels, le respect mutuel pour que l’intérêt des masses laborieuses soit sauvegardé. Développer nos États sur la base de la science et de l’analyse rigoureuse du présent pour construire un avenir radieux doit aussi être le socle de toute action gouvernementale, pour que l’Afrique ait une paix durable escomptée.

Fédération Mali-Guinée, une aspiration des participants
Après une brève leçon d’histoire relatée par le conférencier, il ressort que cette idée de panafricanisme était bien nourrie par Ahmed Sékou Touré. Car dès son accession au pouvoir, Sékou Touré fait face aux actions de sabotage de la France qui impose son veto à l’adhésion de la Guinée aux Nations unies, avant de la reconnaître définitivement en 1959. Face à l’hostilité de l’ancienne colonie, la Guinée se tourne vers les pays soviétiques avec le Ghana de Kwame N’Krumah. En 1960, Sékou Touré crée l’Union des États d’Afrique de l’Ouest avec Modibo Keita et Kwame N’Nkrumah. Durant son règne,
Sékou Touré offre des passeports guinéens aux enfants de Patrice Lumumba, aux Sud-Africaines noirs, Miriam Makeba (en exil en Guinée). Mieux, il engage l’armée guinéenne dans la guerre d’indépendance de l’Algérie.
À cette époque, ses principaux alliés dans la région sont, selon le conférencier, les présidents du Ghana, Kwame Nkrumah, et du Mali, Modibo Keita. Après que Nkrumah soit renversé par un coup en 1966, Touré lui offre un refuge en Guinée et fait de lui le coprésident. En tant que dirigeant du mouvement panafricaniste, il s’en prenait toujours aux anciennes puissances coloniales et s’est lié d’amitié avec des activistes afro-américains comme Malcolm X et Stokely Carmichael, du Black Panther Party, à qui il offre l’asile. Cette lutte de Sékou Touré va être stoppée par l’organisation des coups d’État des gouvernements progressistes et nationalistes. Il se trouve ainsi seul face à ce défi qui ne sera jamais relevé.
Au Pr Diakité de conclure que l’Afrique regorge des intellectuels qui peuvent prendre le relais pour la fédération de l’Afrique. Les réactions des participants n’ont pas tardé après cette leçon d’histoire.
Selon M. Mahamadou Camara, président d’honneur du club, ce défi du fédéralisme reste une préoccupation des héritiers de des deux grands hommes. Car : « ça fait honte de voir les Maliens payer de l’argent aux policiers guinéens avant de fouler le sol de la Guinée et vice versa ».
Pour Périgaman Sylla du MP22, cette fédération est possible à condition que la jeunesse du Mali et de la Guinéenne prennent conscience et décident de faire face aux vrais problèmes dont souffrent les peuples africains.
Quant à Ben Cherif Diabaté du RECOTRADE, il a assuré que pour que l’Afrique ait la paix, il faut que les populations fassent un recours à nos valeurs culturelles : « toutes ces guerres avec leurs corolaires sont les résultats des fausses promesses des impérialistes à nos gouvernants. Les Africains ont abandonné toutes nos valeurs culturelles. Il faut que nous utilisions ces valeurs culturelles comme remèdes pour les maux dont le Mali souffre actuellement.
Les griots sont là pour cela, il faut nous utiliser. Le Mali n’a pas besoin de médiation d’un autre pays. Les griots sont des médiateurs par excellence », a-t-il lancé avant d’affirmer que si chaque Africain se servait de ses valeurs culturelles, les impérialistes n’auront plus de place dans le continent.
À propos de la crise, la présidente du club Ahmed Sékou Touré a invité l’ensemble des acteurs à : « s’inspirer des valeurs léguées par les pères des indépendances africaines, en l’occurrence le respect et la défense de l’unité nationale, du droit des peuples à gérer leur propre destin », a-t-elle dit.

Christelle KONE
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