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L’Indicateur Renouveau N° 1431 du 6/2/2013

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Guerre au Mali : Le manque de communication du ministre de la Défense agace les Maliens
Publié le jeudi 7 fevrier 2013  |  L’Indicateur Renouveau


© aBamako.com par as
Remise de don par le ministère de la Defense et des Anciens Combattants aux familles des militaires déplacées du nord.
Jeudi 6 aout 2012. Bamako. Le Ministre de la Defense et des Anciens Combattants Colonel major Yamoussa Camara. Le don est compose de 20 tonnes de riz, 5 tonnes de farine, 5 tonnes de lentilles, 500 kg de sucre, 450 kg de lait en poudre et 1000 litres dhuile.


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Le ministre français de la Défense est quotidiennement devant les médias de son pays pour faire le point de l’évolution des opérations au nord. Au Mali, seulement deux conférences de presse de la direction de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa) et aucune apparition du ministre Yamoussa Camara devant les journalistes maliens. La démarche de communication est révoltante et mérite d’être dénoncée, surtout face aux contradictions régulières entre cette direction et l’Etat-major général.

On a l’impression que la guerre se déroule en France. Mais en fait, c’est au Mali qu’elle se passe. En moyenne, tous les jours, le ministre français de la Défense, Jean Yves Le Drian, tient une conférence de presse dans son pays sur la situation au Mali. Un exercice de communication plutôt salutaire, car il permet de faire le point devant les journalistes, de la progression des troupes françaises et maliennes dans le cadre de la guerre déclenchée contre le terrorisme sur notre sol.

Au Mali, la démarche est autre. Et près d’un mois après le début des opérations de reconquête du Nord, le ministre malien de la Défense garde un silence radio quant à la mise à disposition des informations utiles à la presse. D’où l‘avis de certains journalistes qu’il s’agit sans doute d’un mépris vis-à-vis des médias de son pays. Seulement deux conférences de presse organisée par la Dirpa. Peu en cette période où le moindre détail de l’évolution de nos troupes doit faire l’objet d’une communication par devoir au peuple.

L’initiative d’une conférence de presse hebdomadaire (au début) prise par la Dirpa a été fortement saluée. Seulement voilà, non seulement le chronogramme n’est pas respecté, mais après chaque conférence de celle-ci, la contradiction et la cacophonie éclatent au grand jour. La première, c’était au tout début des opérations, quand la Dirpa avait annoncé l’arrivée des troupes sénégalaises et nigérianes aux côtés des forces maliennes et françaises. Le lendemain, coup de théâtre. Car les pays concernés ont vite apporté un démenti cinglant.

Le dernier exemple en date (le plus agaçant) reste la présence ou non de l’armée malienne à Kidal. La semaine dernière devant les journalistes maliens, le directeur adjoint de la Dirpa est formel : l’armée malienne est belle et bien présente sur le sol à Kidal. Et le soir, un communiqué a été lu à la télévision nationale. Moins d’un jour après, c’est chef d’état-major général des armées, le général Ibrahim Dahirou Dembélé, qui prend l’information de court. Il dément formellement sur RFI la présence de troupes maliennes dans la 8e région.

Revoir la stratégie de communication

Aussi, la seule fois où le ministre malien de la Défense a fait une sortie médiatique, c’est devant les caméras de l’ORTM dans l’émission « Grande interview de la semaine ». Là également, beaucoup de Maliens ont été déçus. Car ce jour, au moment où le ministre Yamoussa Camara expliquait que dans l’affaire des bérets rouges, le travail est en cours pour clarifier le sort à donner à cette unité, son chef d’état-major des armées confirmait le reversement de ces éléments dans d’autres unités. Une vraie cacophonie au sommet de l’armée malienne, et qui témoigne de l’amateurisme de la hiérarchie militaire.

En temps de guerre, la communication est un élément essentiel. Mais le général Yamoussa Camara ne semble pas assimiler la leçon élémentaire. Soldat respecté qu’il est, général de surcroit, il s’offre le luxe de venir devant les caméras de l’ORTM en costume/cravate. Les professionnels de la communication sont formels : il s’agit d’une erreur grave de communication. Quand on est militaire et ministre de la Défense d’un pays en guerre, on communique même à travers l’accoutrement. Et le meilleur choix pour Yamoussa Camara ce jour-là, c’était de venir à cette « Grande interview » en tenue militaire.

Il n’y a pas de doute qu’en matière de communication, le ministre de la Défense doit revoir sa communication. En temps de guerre, il a le devoir de permettre aux journalistes d’accéder à l’information et de faire régulièrement le point de l’évolution de la situation sur le terrain. Il ne s’agit point d’une faveur accordée à la presse malienne, mais d’un devoir d’informer son peuple en période guerre.

Au moment où les forces armées et de sécurité doivent faire face à un lynchage médiatique des chaines de télévision étrangères sur de prétendues « exactions sur les Touaregs par les militaires maliens », le général Camara n’a pas le choix.

Issa Fakaba Sissoko

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