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Coopération Chine-Afrique : Faire fructifier les acquis du sommet de Johannesburg
Publié le mardi 2 aout 2016  |  L’Essor




Ministres et experts chinois et africains se sont rencontrés dans la capitale chinoise la semaine dernière. Objectif : examiner les projets pouvant bénéficier de l’aide de la Chine qui se chiffre à des milliards de dollars pour les trois années avenir.

Plus de 300 participants ont pris part à la réunion des coordinateurs en charge du suivi des acquis du sommet Chine-Afrique, tenue vendredi dernier à Beijing (Chine). Des ministres et des dirigeants chinois d’institutions et d’entreprises ont discuté avec des représentants de 53 membres pays membres du Forum dont 45 ministres et 38 vice-ministres. Ces échanges ont pour but de faire le point des avancées réalisées après la tenue du sommet de Johannesburg et proposer des pistes de solutions pour une concrétisation rapide, efficace et idoine des engagements pris par le président chinois, Xi Jinping, à l’occasion de sa rencontre avec les chefs d’Etat africains.

En effet, en décembre dernier, à Johannesburg, le président chinois a annoncé que son pays soutiendra les pays africains, durant les trois années à venir, avec une aide financière de 60 milliards de dollars. Cet appui sera utilisé pour financer dix projets touchant essentiellement les domaines stratégiques de développement comme la paix et la sécurité, la modernisation agricole, la santé, les infrastructures, l’industrialisation, etc.

Six mois après cette annonce, l’on retient essentiellement de la rencontre de Beijing que d’importants progrès ont été réalisés. Il s’agit essentiellement de la signature de plus de 243 accords de coopération pour un montant de 50,725 milliards de dollars dont 91%, soit plus de 46 milliards de dollars en investissements directs par des entreprises chinoises en Afrique ainsi que des prêts commerciaux.

Il faut noter que durant le premier semestre de l’année 2016, 15 milliards sur les 60 milliards do dollars, promis à Johannesburg, ont été déjà déboursés par la partie chinoise dont 5 milliards de dollars destinés à l’effacement de la dette pour les pays africains les moins avancés et les 10 restants pour financer différents projets d’investissement.

A l’ouverture des travaux de la réunion, le conseiller d’Etat de Chine, Yiang Jiechi, a lu un message du président chinois, Xi Jinping, qui a indiqué que cette « réunion montre une fois de plus au monde que, malgré les changements de la situation internationale, la volonté d’unité et de coopération de la Chine et de l’Afrique ne faiblira jamais et que le soutien chinois à la paix et au développement de l’Afrique ne s’effritera jamais non plus ».

Pour le président chinois, « les faibles performances actuelles de l’économie mondiale apportent des défis mais aussi des opportunités au développement économique de la Chine et de l’Afrique ». C’est pourquoi, de son point de vue, « les deux parties devaient « se serrer les coudes et marcher en avant, la main dans la main ».

PLUS DE COHERENCE. En citant le proverbe chinois : « la solidarité de deux frères leur donne la force de couper le métal », Xi Jinping a exprimé « l’espoir que les deux parties pourront échanger leurs opinions, mettre ensemble leurs pensées, établir des consensus et promouvoir la coopération au bénéfice des 2,4 milliard de Chinois et d’Africains ».

Le conseiller d’Etat de Chine, Yiang Jiechi, a réitéré l’engagement de son pays à accompagner les pays africains engagés dans un processus irrésistible d’intégration pour construire une Afrique unie et forte à travers la mise en œuvre de l’agenda 2063 de l’UA.

Parlant au nom de l’Afrique, le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale du Tchad, Moussa Faki Mahamat, qui est aussi le président du conseil exécutif de l’Union africaine, a invité les pays africains bénéficiaires de l’initiative, à « mettre plus de pertinence dans les choix, en adoptant des programmes de développement cohérents et axés essentiellement sur le bien-être des populations ».

« Depuis peu, l’Afrique est confrontée à de nouveaux défis tels les changements climatiques, la migration de sa jeunesse et surtout le terrorisme qui oblige les Etats africains à consacrer une part importante de leurs ressources pour le combattre au détriment du développement », a-t-il regretté. Pour relever ces défis, le porte-parole de l’Afrique a dit « compter sur l’appui de la Chine, à travers la mise en œuvre rapide de tous les programmes du Forum et, surtout, le programme de paix et de sécurité ».

Moussa Faki Mahamat a, en outre, salué l’annonce du président Xi Jinping, le 29 septembre dernier aux Nations unies, de fournir une assistance militaire à l’Union africaine, pour soutenir la mise en place en Afrique d’une force permanente et d’une capacité de réaction rapide aux crises. Cet engagement, de son point de vue, soutiendra sans nul doute les initiatives pour faire face aux crises en urgence et pour restaurer la paix et la stabilité sur le continent.

Le chef de la diplomatie tchadienne a, par ailleurs, recommandé plus de cohérence entre le plan d’action de Johannesburg et l’Agenda 2063 de l’Union africaine ainsi que son premier Plan décennal qui vise à promouvoir la production agricole ainsi que la création d’emplois, l’augmentation de la production agricole avec la valorisation des matières premières, l’investissement dans l’industrialisation durable, les infrastructures et l’énergie durable, la science, la technologie, la recherche et l’innovation. Le document défend aussi l’égalité des sexes, l’autonomisation des jeunes et la fourniture de services de base tels que la santé, la nutrition, l’éducation, le logement, l’eau et l’assainissement.

La réunion des coordinateurs en charge du suivi des acquis du sommet Chine-Afrique a été sanctionnée par une déclaration finale, par laquelle les participants ont renouvelé leur volonté de concrétiser les objectifs arrêtés d’un commun accord. Comme grandes lignes de cette déclaration, l’on retient que « la partie africaine apprécie l’attachement et la détermination de la Chine à honorer ses engagements, et que la partie chinoise salue les efforts inlassables déployés par la partie africaine pour la mise en œuvre des actions de suivi du Sommet ».

« Les deux parties appellent la communauté internationale à s’investir davantage dans la paix, la sécurité et le développement en Afrique et exhortent les pays développés à honorer réellement leurs engagements en matière d’aide financière, de transfert technologique et de renforcement des capacités, afin de soutenir effectivement les pays africains dans leurs efforts visant à surmonter les difficultés et les défis qui pèsent sur la paix, la sécurité et le développement ».

Envoyé spécial

S. TANGARA
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