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Entre ce qu’il promettait et la réalité : IBK pris au piège !
Publié le jeudi 4 aout 2016  |  L’aube
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Lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita
Bamako, le 11 juin 2015, le CICB a abrité la cérémonie de lancement des festivités du centenaire du Président Modibo Keita, c`était sous la Haute présidence de SEM, Ibrahim Boubacar KEITA




Restauration de l’autorité de l’Etat, restructuration de l’armée, relance de l’économie, lutte contre la corruption et le chômage, création d’emplois, une école apaisée et performante, réconciliation nationale et règlement de la question du Nord, sont autant de défis auxquels Ibrahim Boubacar Keita a promis de s’attaquer alors qu’il était candidat à l’élection présidentielle de juillet 2013. Elu président, on attend toujours qu’il honore ses engagements. Les Maliens scrutent l’horizon depuis trois ans, sans rien voir venir. En réalité, muni sous les aisselles d’un projet de société qui compile des actions irréalistes et irréalisables, le (l’ex ?) « Kankélentigui » a su endormir les Maliens qui le plébiscitent avec plus de 77% des suffrages. Où en est-on aujourd’hui avec ces engagements pris par le candidat devenu président ? Au point zéro. Comment se porte aujourd’hui le Mali ? Mal en point. Comment se portent les Maliens ? Désemparés. A l’analyse, IBK semble tout simplement pris aux filets des groupes armés, de sa famille, des hommes politiques, de la société civile et de la réalité de l’exercice du pouvoir. Alors, que vaudra alors la parole du président-candidat en 2018 ? Des éléments de réponse !

C’est de la lapalissade que de dire que le Mali va mal sous IBK. Certes, le pays a connu des moments dans son histoire depuis l’ère des empires jusqu’au temps contemporain. Mais, de mémoire des archives et des plus anciens encore en vie, le Mali n’a jamais autant sombré que maintenant aux multiples plans économique, financier, social, politique et surtout sécuritaire. Pourtant, plus que le simple bien être, on leur avait promis l’eldorado. Oui, Ibrahim Boubacar Kéïta, alors candidats en quête de suffrages en 2013, semblait tenir entre ses mains le paradis qu’il brandissait à ses concitoyens et à ses compatriotes de la diaspora.



Au projet présidentiel « Le Mali d’abord » et à son slogan «Pour l’honneur du Mali-Pour le bonheur des Maliens », IBK a joint sa voix et ses soutiens pour hypnotiser les Maliens. Entre ramener la paix et la sécurité, engager une lutte implacable contre la corruption et créer 200 000 emplois pour les jeunes diplômés, le candidat y allait de tous les subterfuges pour séduire l’électorat. Un électorat partagé entre un pays qui venait de retrouver la normalité constitutionnelle (grâce à une transition rondement menée par le président Dioncounda Traoré) et le désir ardent de trouver rapidement un président capable de relever les défis de la relance et du développement économiques, et du redressement de la situation sécuritaire du pays.



Les promesses du 13 juillet 2013

Partout où il passe pendant la campagne de juillet 2013, IBK tenait invariablement ce discours : « Pour l’honneur du Mali, je ramènerai la paix et la sécurité. Pour l’honneur du Mali, je veux construire une République exemplaire. Je rétablirai l’autorité de l’Etat. Je lutterai férocement contre la corruption. Je ferai émerger une société nouvelle fondée sur la justice et l’égalité des chances. Je créerai les conditions du vrai décollage économique du Mali ».

Au-delà du projet présidentiel « Le Mali d’abord », c’est le discours de campagne prononcé par le candidat IBK le 13 juillet 2013 qui frappe les esprits. Tant son contenu est diamétralement opposé au vécu quotidien. A vous d’en jugez !
« Chers Compatriotes, la situation actuelle du Mali est marquée par de sérieuses difficultés sociales, économiques et sécuritaires. Cette situation appelle des politiques nouvelles et des solutions fortes. Elle appelle un homme d’expérience, qui a un sens élevé de l’Etat, un homme honnête et libre, pour lequel la chose publique est sacrée. Un homme d’Etat capable de moderniser le Mali, de s’adresser à vous tous.
Maliennes et Maliens de toutes les générations, de toutes les régions, vous êtes nombreux, au Mali, comme à l’extérieur, à me faire l’honneur de penser que je peux être le prochain Président de la République. Ce grand mouvement m’a poussé à me déclarer candidat à l’élection présidentielle du 28 juillet 2013, porté par la “Coalition le Mali d’abord”.
Le Mali d’abord, ce n’est pas qu’un slogan de campagne. C’est avant tout une philosophie, un état d’esprit, car je veux mettre le Mali au-dessus de tout.
Pour affronter tous les défis, le Mali a besoin d’un grand rassemblement, et c’est tout le sens de ma candidature. Je l’ai voulue au-dessus des structures d’un seul parti, pour puiser ma force dans une alliance féconde de plusieurs formations et de nombreux mouvements de la société civile. J’invite d’autres partis, d’autres associations, d’autres citoyens, au Mali ou à l’extérieur, à nous rejoindre pour renforcer le puissant mouvement déjà en marche.
Ensemble, avec mon « Projet présidentiel Mali d’abord », mon énergie, ma détermination, votre participation et votre enthousiasme, nous allons amplifier la formidable dynamique qui nous porte déjà, et faire en sorte que demain nous puissions enfin faire le Mali de nos rêves. C’est tous ensemble, rassemblés, solidaires, que se construira le Mali de demain.
Le Mali rayonnant, le Mali créateur de richesses et de valeurs au service de tous ses fils. C’est le combat auquel je vous convie dès maintenant, à la lecture de mon projet présidentiel.
Mon projet, je l’ai voulu volontariste et ambitieux, mais réaliste. Réaliste, car je veux tenir un langage de vérité. C’est à l’image de la gouvernance que je mettrai en place, si les maliens me donnent leur confiance.
Mon projet est axé sur le retour de l’honneur du Mali, à travers le rétablissement de la paix et de la sécurité et la réconciliation entre maliens.
Le deuxième axe est le bonheur des maliens. Pour que chaque citoyen se sente heureux avec des services sociaux de base à leur portée.
Le troisième axe concerne l’avenir du Mali, à travers des mesures qui permettront de bâtir une économie robuste et créatrice d’emplois dans de nombreux domaines.
Enfin, mon projet propose de revisiter les institutions du Mali pour bâtir une réelle démocratie, à laquelle participeront tous les maliens.
Je le dis, je le ferai, c’est mon engagement. Le Mali d’abord, pour l’honneur du Mali, pour le bonheur des maliens ! ».

C’est évident pour tous ceux qui viennent de (re)lire ce chapelet de promesse : après trois ans d’exercice du pouvoir, la réalité est tout autre. Où sont la paix et la sécurité promises. Elles sont loin d’être concrétisées, l’insécurité ayant atteint son paroxysme sous le règne d’IBK. Où est la République exemplaire promise ? En fumée. Où est la lutte contre la corruption tant chantée ? Echangée contre une mauvaise gouvernance inédite.

Et l’égalité des chances ? Un vain slogan. IBK a fait émerger sa famille, son clan et son cercle d’amis.

Où est la lune promise pour améliorer les conditions de vie et le quotidien des Maliens à travers une économie robuste et créatrice d’emplois ? Au ciel, sans doute : aucune vraie réforme, aucune infrastructure de rang. Les Maliens meurent de faim et de soif faute du remède, l’argent.

Où sont les 200 000 emplois promis aux jeunes à l’horizon 2018 ? Du mirage, parce qu’on empêche aujourd’hui ces jeunes de le revendiquer.

Enfin, où sont passés les 5 500 milliards de la Chine ? Certainement, toujours stockés à Tianjin.



« Le Mali d’abord » : du bluff

Le discours du 13 juillet fourni juste un aperçu des merveilles promises par IBK à ses concitoyens quand il cherchait le pouvoir et lorsqu’il l’aura eu. C’est pourquoi, il convient de revisiter son projet présidentiel dont nul n’a vu un début de concrétisation depuis que l’ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale du Mali a eu ce qu’il voulait : le pouvoir.

En effet, à partir du 8 septembre 2013 (formation du premier gouvernement d’IBK), soit quatre jours après sa prestation de serment (4 septembre) et onze avant son investiture (19 septembre) l’espoir a cédé place au désespoir au pays de Soundiata Kéïta. Parce que les Maliens ont découvert dès les premiers actes du président des signes évidents de rupture entre son discours et la réalité.

Le peuple a vite découvert un régime corrompu avec des scandales à gogo, des voyages princiers à l’étranger, une armée affaiblie et moins équipée, une méthode de gouvernance qui met la famille et les affidés au centre de la gestion des affaires publiques, une insécurité grandissante et l’éloignement de tout espoir de paix. Pendant ce temps, le peuple trime. Le citoyen anxieux cherche à joindre les deux bouts, dans la douleur.

En trois ans (nous en sommes à un mois, jour pour jour), le président de la République n’a posé aucun acte de développement digne de ce nom. La faute est à situer dans sa mauvaise gouvernance, corollaire d’une gestion criblée de scandales financiers qui paralysent le fonctionnement de l’Administration, asphyxient l’économie et ternissent l’image du Mali. Mais aussi dans le fait qu’IBK a consacré deux ans de son mandat à courir derrière les rebelles pour arracher un accord qui, à la lecture, consacre la partition du pays. Ceci est l’œuvre du candidat à la présidentielle de juillet 2013 qui avait fait la promesse de mater la rébellion, de renforcer les capacités de l’armée malienne et de rétablir « l’honneur de Mali ». Voici ce qu’IBK promettait en 2013.

Réconciliation-Paix et souveraineté : Apporter une solution définitive aux problèmes du nord…Réconcilier les Maliens et rétablir durablement la paix et la souveraineté.

Depuis le coup d’Etat de 2012, le Mali a démantelé son système de défense avec pour conséquence le délaissement progressif d’une partie du territoire .La zone nord a été depuis plusieurs années administrée par les réseaux de trafiquants, notamment narcotrafiquants. Depuis l’intervention des armées étrangères, l’unification fragile du territoire est en marche mais l’aide indispensable de la Mission des Nations Unies au Mali (Minusma), n’est pas destinée à s’installer durablement au Mali. Aujourd’hui, le départ des troupes étrangères aussi bien de l’Irak que l’Afghanistan, posent problèmes. « Notre souveraineté dépendra de notre capacité à apporter une solution définitive aux problèmes du Nord, à anticiper nos besoins futurs nécessaires à notre souveraineté durable mais également à prévenir d’éventuelles nouvelles sources d’instabilité pouvant venir d’ailleurs ».

Nos objectifs : Apporter une solution définitive aux problèmes du nord ; instaurer une culture de la prévention des crises et conflits ; réinstaller durablement les réfugiés ; stabiliser les populations nomades ; épauler l’action de la MINUSMA ; mettre en place une stratégie et un plan opérationnel de la gestion militaire du Mali après le départ de la MINUSMA.

Parmi nos mesures prioritaires : convoquer des assises nationales du nord ; constituer une nouvelle commission vérité, justice et réconciliation ; mettre les bases d’une justice traditionnelle post conflit (le droit à la justice, le droit à la vérité, le droit à la réparation, la garantie de la non récurrence) ; créer un institut de la prévention des crises et des conflits ; mettre en place une commission « Après MINUSMA » pour que dès maintenant, le Mali puisse réfléchir et prendre des mesures afin de bien gérer le transfert des responsabilités de la Minusma aux autorités Maliennes lors de son départ.

Défense et Sécurité : Refonder le dispositif de défense et de sécurité du Mali

La crise malienne du Nord a mis en évidence l’incapacité de notre armée à assurer sa mission ; assurer la protection du territoire, de la population et des intérêts maliens. Une réforme s’impose pour que notre armée puisse connaitre et anticiper, prévenir, dissuader, protéger, et intervenir. Les problèmes de nos forces de défense et de sécurité sont sans doute liés à des problèmes de moyens, à une mauvaise utilisation des ressources disponibles mais également à une absence d’autorité. Maliens, allons-nous avoir toujours besoin des soldats européens pour assurer la défense de notre territoire ?

Nos objectifs : Assurer efficacement la défense du territoire national et de la population ; réussir les missions de sécurité publique ; performer dans les opérations militaires spéciales ; faire honneur au Mali lors des opérations militaires à l’étranger ; garantir l’intégrité des institutions publiques et la sécurité des personnes et des biens ; protéger la population contre les risques ou fléaux de toute nature et contre les conséquences d’un conflit éventuel.

Parmi nos mesures prioritaires : Doter nos forces de défense et de sécurité des moyens humains, technologiques et matériels nécessaire à leur mission ; reformer la gestion des ressources humaines dans l’armée ; créer les conditions pour mieux utiliser les ressources financières des forces de défense et de sécurité ; améliorer les conditions de vie des troupes

Voter et appliquer une loi de programmation militaire correspondant aux besoins prendre l’initiative de l’aboutissement de la force de défense permanente africaine

Affaires étrangères : Retrouver le leadership d’une diplomatie malienne…

Le Mali s’est traditionnellement affirmé sur le plan international grâce à une diplomatie sans complexe défendant les intérêts de la nation et l’émancipation africaine. Aujourd’hui, notre diplomatie a été mise à mal par la crise du nord et institutionnelle. Nous devons retrouver notre leadership historique .Nous réhabiliterons l’outil diplomatique pour en faire un puissant levier pour l’accélération de notre développement économique.

Nos Objectifs : Retrouver l’image du Mali sur la scène internationale ; le renforcement de la politique de bon voisinage et des relations bilatérales avec les autres pays d’Afrique non frontaliers du Mali et la promotion de la paix dans le monde ; promouvoir l’intégration économique de la sous-région, l’unité et le développement de l’Afrique ; contribuer au développement économique et social du Mali ; assurer une gestion plus efficace et mieux coordonnée des fonctionnaires internationaux maliens ; poursuivre la nationalisation des structures et des procédures ; coordonner l’action extérieure de l’état ; optimiser les moyens budgétaires ; être force de proposition dans les médias internationaux.

Infrastructures : Réaliser le quatrième pont de Bamako

Au-delà de l’assainissement macroéconomique, le Gouvernement s’attèlera à accroître
la compétitivité globale de l’économie en mettant en œuvre une combinaison d’actions
visant à développer les infrastructures et à renforcer les capacités de certains secteurs
clés pour l’accélération de la croissance. Des actions décisives, intégrées dans des plans
à moyen terme, seront mises en œuvre dans les domaines suivants:

Démarrer un projet pour Faire de Bamako un Hub ferroviaire d’Afrique de l’Ouest
en le reliant aux 7 capitales des pays voisins (Réaliser le chemin de fer reliant
Bamako – Kita- Conakry, Réhabiliter le chemin de fer Dakar- Bamako, etc.) ; l’accès à l’Internet (accroissement des débits, ajustement de la tarification) ; le développement des Télécommunications (amélioration des infrastructures, distribution, tarification) ; l’extension du réseau routier (désenclavement intérieur, accès aux ports, gestion
des entrepôts portuaires) ; le développement des ressources humaines (formation professionnelle, formation continue, programme “cadres”, packages financement/garanties/ formation) ; des programmes de mise à niveau des entreprises et renforcement de leurs fonctions critiques développer les infrastructures routières parmi lesquelles, réaliser le quatrième pont reliant Kabala à Sébénicoro, réaliser une autoroute reliant Kidal à Bamako,

Accès au logement : Construction de 50 000 logements sociaux

La première aspiration de chaque malien, sa première ambition, est de construire une
maison, afin d’y loger sa famille et de la soustraire à l’incertitude de la location.

Sékou Tamboura
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