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Moussa Bagayoko à propos de la décentralisation poussée au Mali : « Il n’y a pas de mal en soi si l’on sait s’y prendre »
Publié le vendredi 5 aout 2016  |  Le Progres




Face aux tollés suscités par la Décentralisation, la Régionalisation et la mise en œuvre des autorités intérimaires, Moussa Bagayoko, Conseiller municipal en commune IV du District de Bamako apporte des éclairages. Selon l’élu local, il n’y a pas de mal en soi par rapport à ces initiatives qui n’enlèvent en rien à l’autorité de l’Etat.
Le Progrès : Le Mali vit la décentralisation depuis deux décennies. Malgré cette durée, le système connait des difficultés de fonctionnement. Selon vous, à quoi sont dues ces difficultés ?
Moussa Bagayoko : Je trouve mitigé le bilan de la décentralisation, car il y’a des zones de satisfaction et d’insuffisances. Les zones de satisfaction, c’est que la décentralisation a permis à certaines communes d’amorcer le développement de leur localité par la mise en place d’une équipe dynamique. Le système a permis à certaines communes d’émerger par la mise en place d’une équipe dynamique à la tête de leurs communes respectives.
En termes d’insuffisances, on déplore le fait que certains Maires, Conseillers municipaux n’ont pas su jouer leur rôle de responsables communaux par manque de communication véritable. Ils sont pour la plupart accusés de détournements de deniers publics, de spéculations foncières, d’une absence totale de communication entre la mairie et ses populations, l’absence de vision pour un développement véritable. Ce sont là des grosses difficultés qui ont entravé au bon fonctionnement de la décentralisation. A ces problèmes s’ajoutent le manque de transfert des compétences aux collectivités territoriales par l’Etat malien. Ce qui a compliqué davantage le travail des élus locaux à la tête de leurs communes respectives.
LP : Qu’en est-il de la Régionalisation dont la mise en place fait couler beaucoup d’encre et de salives chez les citoyens maliens ?
MB : La régionalisation était, à mon avis, inscrite dans les politiques de l’Etat avant le coup d’Etat de 2012 mais le problème est né avec la crise. Car, les gens ont eu peur d’évoquer le mot. Pour elles (gens), la régionalisation concerne uniquement les Régions Nord du pays restées pendant longtemps sous occupation par des chefs religieux et qui ont demandé en son temps l’autonomie, voire l’indépendance de ces régions. C’est pourquoi beaucoup de personnes pensent que la régionalisation est faite pour faire plaisir à ces gens du Nord. Contrairement à ce que pensent ces gens, la régionalisation doit s’étendre sur l’ensemble des régions du pays. Je pense que si elle est bien encadrée et comprise par l’ensemble des acteurs, peut être un facteur pour booster le développement durable des communes. A ce niveau, l’Etat jouer son rôle de communication tout en imposant sa vision de la décentralisation à l’ensemble des acteurs. A cet égard, il doit mettre en place un dispositif o mécanisme de contrôle pour qu’il n’y ait pas d’excès.
LP : Qu’en pensez-vous de la mise en place des autorités intérimaires qui pose problème à l’Etat malien ?
MB : Les autorités intérimaires sont prévues par les accords pour la paix. En ce que je sache l’accord est supérieur à la constitution dans la mesure où elle est une convention de la communauté internationale qui s’est impliquée dans son élaboration. A cet effet, l’accord est supérieur à la constitution. Les autorités intérimaires doivent être installées, notamment dans les régions Nord du pays pour 06 mois au départ, un an entendant que les services de l’Etat ne s’installent dans ses zones et organiser des élections ensuite. L’Assemblée nationale d Mali avait donné son quitus dans ce sens. Mais dans la manière dont les choses se passent actuellement, on a l’impression que les groupes rebelles pensent à un partage de gâteau entre l’Eta malien et eux-mêmes. La population ne le comprend pas dans ce sens. Donc, il est impératif que l’Etat fasse comprendre l’idée des autorités intérimaires à ces groupes rebelles et éclairer les lanternes des populations par rapport à la mise en place de ces autorités. Sans ce travail préalable, si l’Etat se hasarde à mettre ces autorités intérimaires en place, je pense que les choses se compliqueront davantage. Car, on risque de prolonger leur durée tout en retardant la tenue d’élections régionales et communales dans notre pays. Le problème va persister toujours. Pour éviter de tomber dans ce traquenard, il est nécessaire que l’Etat fasse une bonne communication par rapport à la mise en place des autorités intérimaires si nous voulons sortir définitivement de cette crise. Tel est mn point de vue sur les autorités intérimaires. Je vous remercie.
Propos recueillis par Hassane Kanambaye
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