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Grossesse : faux travail, fausse alerte
Publié le mardi 9 aout 2016  |  L’Essor




C’est un épisode de contractions douloureuses, régulières, variables dans leur intensité qui n’ont aucun effet sur le col de l’utérus
La grossesse est un moment particulier dans la vie d’une femme. Durant cette période spéciale, la femme est partagée entre l’excitation, l’espoir, la peur, l’appréhension, la joie etc. Tous ces sentiments se bousculent dans la tête d’une femme enceinte au cours de neuf mois. En fin de grossesse, il n’est pas rare que la femme confonde un jour normal, c’est – à – dire la préparation du corps ou le début de travail avec l’arrivée du bébé.
La maman se prépare psychologiquement parce que de nombreux changements sont en cours. Elle doit faire la différence entre les fausses alertes et les signaux qui indiquent le chemin de la maternité. Il arrive que certains signaux soient trompeurs. Ils ne sont pas la preuve d’un accouchement imminent. Ces signes trompeurs traduisent ce que les spécialistes appellent un faux travail ou une fausse alerte.
Le faux travail est un épisode de contractions douloureuses, régulières, variables dans leur intensité mais sans effets notables sur le col de l’utérus au bout de quelques heures. C’est une grande désillusion pour une future maman d’apprendre que ces contractions douloureuses ne servent à rien. Selon le gynécologue obstétricien du CSREF du Quartier Mali, Le Dr Traoré Soumana Oumar, le terme « faux travail » n’est employé qu’au cours du 9ème mois de grossesse.
Avant cette date, c’est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée, on évoquera, en cas de contractions douloureuses, une menace d’accouchement prématuré. C’est dans la dernière ligne droite, quelques jours, voire quelques semaines avant la date d’accouchement fixée par le médecin ou la sage-femme, qu’une fausse alerte peut survenir. Le faux travail définit des contractions utérines pouvant être douloureuses et régulières, mais qui n’ont aucun effet sur le col.
Elles ne vont ni contracter ni dilater le col. La femme aura mal, mais le col restera intact. Alors que le vrai travail fait dilater le col jusqu’à 10 cm. Ces contractions ont les mêmes caractéristiques que le vrai travail. La différence est qu’elles ne vont augmenter ni en intensité, ni en fréquence. Les douleurs qui surviennent lors de ces contractions cèdent facilement aux médicaments. Les douleurs peuvent disparaître quelques minutes après.
Le gynécologue précise que le simple fait de changer de position suffit pour calmer la douleur. Ce n’est pas le cas avec le vrai travail. Le vrai travail désigne des contractions utérines, fréquentes et régulières. Elles entraînent des modifications au niveau du col. Parlant de ces modifications, le docteur Traoré Soumana Oumar a souligné qu’il s’agit de la dilation et d’effacement du col. rythmées et progressives. Les dilations utérines du vrai travail ont des caractéristiques.
Tout d’abord, dit-il, ce sont des contractions qui sont involontaires. «Ni la femme, ni aucune autre personne ne peut les contrôler», précisera-t-il. Elles sont intermittentes, rythmées et progressives dans leur durée, dans leur fréquence et dans leur intensité. Le Dr Traoré explique que ces douleurs sont totales. Lors du vrai travail, les contractions sont très douloureuses et ne cèdent à aucun traitement médical. «Les médicaments n’arrêtent pas les contractions, elles vont au contraire persister et aboutiront à l’accouchement», prévient-il.
La différence entre le faux et le vrai travail n’est pas toujours très évidente pour la femme. Elle réside essentiellement dans les caractéristiques des contractions utérines et de leurs effets sur le col utérin. Ces effets sur le col (effacement et dilatation) ne peuvent être mis en évidence que par un toucher vaginal effectué par un personnel de santé. Avec le faux travail, les contractions sont le plus souvent ressenties comme douloureuses dans le bas ventre. Elles sont assez régulières. Ces contractions ne vont pas s’intensifier ni en fréquence, ni en intensité.
Elles vont cesser au bout de quelques heures, soit spontanément, soit après la prise d’un antispasmodique. Celles induisant le vrai travail deviennent vite régulières, environ toutes les 5 ou 10 minutes au départ et durent 30 à 60 secondes. Chacune est ressentie de façon identique aux précédentes. Le docteur précise qu’au fur et à mesure que le travail progressera les contractions deviendront plus fortes et se rapprocheront.
Concernant la prise en charge de cette maladie, Soumana Oumar Traoré indique qu’elle est très importante, car le faux travail est assez déconcertant. La femme qui attend impatiemment le moment tant entendu et redouté peut être sous le choc avec l’annonce d’un faux travail. A cet effet, le docteur souligne que la femme aura cependant besoin d’un support psychologique et d’être rassurée et encouragée.
Ce qui veut dire que la prise en charge sera collective. Elle aura besoin d’un accompagnement de son entourage. Cet entourage doit être intégré. Sur le plan médical, elle sera mise en observation. «Au bout de quelques heures si la douleur disparaît en dehors des autres signes de complication, elle peut rentrer chez elle. Mais avec dans la main un calendrier de visite », explique t-il. Ce calendrier est capital.
La patiente aura des rendez-vous rapprochés pour être rassurée. Une fois à la maison, si la patiente constate une anomalie comme les douleurs qui reviennent, l’eau qui coule à travers la vulve, des saignements ou de la fièvre, elle doit revenir. Le faux travail ne déclenche pas de complications ni pour la mère, ni pour l’enfant. Il est juste un signe annonciateur.
De ce fait, il exhorte les agents de santé à faire la différence entre le faux et le vrai travail. C’est grâce à l’examen du col de l’utérus, lors du toucher vaginal que l’on pourra évoquer ou non un faux travail. « Il est important de faire un diagnostic du vrai travail, car une erreur dans le pronostic fausse tout», a-t-il conseillé. Le diagnostic doit être correct, dans le cas contraire, il aboutira à une césarienne. Le docteur estime que c’est ce qu’il faut éviter à tout prix . La césarienne cause plus de morbidité et de mortalité maternelle que la voie basse.
F. NAPHO
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