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Adeye Maïga, présidente des femmes de la Plate-forme : «La Minusma est en train de nous maltraiter au profit des femmes de la Cma»
Publié le mercredi 10 aout 2016  |  Le Reporter
Gatia
© Autre presse par DR
Gatia Anefis




Depuis les affrontements du 21 juillet 2016 à Kidal, les femmes et les enfants de la Plate-forme ont subi toutes sortes d’humiliations et de discriminations de la part des soldats de la Minusma. Conséquence : plusieurs femmes ont quitté Kidal pour se réfugier ailleurs.

Au lendemain des affrontements entre le Gatia et la Cma, les premières personnes à souffrir de cette situation étaient les femmes et les enfants des combattants du Gatia, dont les maisons ont été fouillées de fond en comble par les rescapés de la Cma, eux qui ne sont même pas nombreux dans la ville de Kidal. Ils profitent de la présence de la Minusma pour piétiner les femmes.

Pour la présidente des femmes de la Plate-forme, c’est la Minusma qui est responsable de leurs humiliations. Elle pense que la Minusma, au lieu de chercher à sécuriser les personnes et leurs biens, les a laissées à la merci de la Cma, qui était en colère contre les femmes du Gatia. Adeye Maïga ajoutera qu’aucune femme de la Plate-forme ne peut sortir dans la ville de Kidal. Toutes celles qui ont été reconnues comme appartenant à la Plate-forme ont été chassées de la ville, parce que la Cma dit à la Minusma que ce sont des personnes qui peuvent provoquer l’insécurité.

«La Minusma est en train de nous maltraiter au profit des femmes de la Cma. Elle n’écoute que la Cma ; elle ne travaille qu’avec la Cma ; elle s’en fiche des autres parties. Pour elle, c’est la Cma qui est son seul et unique interlocuteur», indique Mme Adeye Maïga. À l’en croire, plusieurs mamans, sœurs et autres parents des combattants du Gatia ont été chassés, alors que pendant toute une journée, leurs maisons ont été fouillées, avec la bénédiction de la Minusma.

En plus de tout cela, selon elle, les familles proches des membres de la Plate-forme sont toutes dans l’insécurité totale parce que la Minusma et Barkhane surveillent les alentours de Kidal afin que les combattants du Gatia ne puissent pas rentrer. La sécurité à l’intérieur de la ville et la gestion des check-points sont confiées à la Cma. C’est ainsi que trois commerçants de la communauté Imghad ont été enlevés le samedi 6 août 2016 à leur domicile à Etambar (quartier de Kidal) par des hommes armés.

La question que les femmes se posent est de savoir pourquoi la Minusma confie la sécurité de la ville de Kidal à la Cma, alors qu’elle n’a pas assez d’hommes pour faire ce travail. Mieux, le petit nombre qu’il reste est en train de torturer les autres.

Suite aux différents affrontements entre la Cma et le Gatia, la Minusma a mis en place un dispositif d’interposition à 40 Km de la ville de Kidal. Il doit permettre, selon la Minusma, de sécuriser les populations de Kidal-ville qui est la plus grande concentration humaine de la région. Ce dispositif empêche le Gatia d’entrer dans la ville de Kidal. C’est pourquoi toutes les positions de la Cma situées en dehors sont prises par le Gatia. Les récents combats entre le Gatia et la Cma se sont déroulés à 40 km de la ville, et au-delà de ces 40 km, les combattants du Gatia doivent faire face à la Minusma et son lot de blindés de Jean Christophe Valade, Commandant adjoint de la Minusma à Kidal. L’objectif de la Minusma, de façon voilée, c’est d’empêcher le Gatia d’entrer à Kidal.

La Minusma compte garder cette position jusqu’à une nouvelle évolution. Autrement dit, jusqu’à ce que le Gatia se replie à Anéfif. Avec cette force d’interposition, l’entrée du Gatia à Kidal n’est pas pour demain, car après la première ceinture qui est la Minusma, la seconde est Barkhane. C’est dire que le Gatia n’entrera pas à Kidal dans ce contexte. Ce qui veut aussi dire que la fin de la souffrance des femmes de la Plate-forme à Kidal n’est pas aussi pour demain, si c’est la Cma qui règne en maître des lieux.
Sinaly KEÏTA
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