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Operation Bamako vile propre: L’Etat joue au médecin après la mort
Publié le vendredi 12 aout 2016  |  Le Zenith Bale
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© aBamako.com par Momo
7 conférences des Ministre en charge de l’emploi et de la formation professionnelle de l’espace UEMOA
Bamako, le 14 juillet 2016 les rideaux sont tombés sur les travaux de la 7 conférences des Ministre en charge de l’emploi et de la formation professionnelle de l’espace UEMOA au Radisson Blu de Bamako. photo Amy Kane




C'est maintenant, ce n'est que maintenant, seulement maintenant, après les démolitions, les larmes, les malédictions, que le tout puissant Etat, impuissant devant les critiques acerbes qui l'ont obligé à demander pardon, s'avise qu'il y a lieu de communiquer, véritablement. Les mauvaises habitudes ont la vie dure, ainsi tout se passe au Mali comme si les décideurs ne connaissent pas leur peuple et les enjeux des actes à poser. On est allé casser alors qu'on pouvait ne pas casser si la communication était mise au point. A travers des débats à plusieurs niveaux. C'est pourquoi nous saluons l'émission " Questions d'actualité " du mercredi soir dernier, car il n'est jamais trop tard pour bien faire. Beaucoup d'incertitudes ont été maintenant dissipées, les populations plus ou moins soulagées.
Ainsi donc le débat portait sur l'opération dite Bamako ville propre, avec l'étiquette Ami Kane. Autour de la table, le représentant de la célèbre Ami Kane, gouverneur du District de Bamako, les maires des communes I et V, les représentants des maires des communes III, IV et VI. Le grand absent fut le maire de la commune II, très important dans un tel débat d'autant plus que sa commune dispose d'une partie du grand marché de Bamako et abrite le marché de Médine qui se classent parmi les plus en vue en terme d'ancienneté et de peuplement. Mais ce qui est surtout à déplorer, c'est l'absence des opérateurs économiques, le moindre responsable de marché ou syndicaliste n'était autour de la table, a fortiori les victimes pour le nécessaire débat contradictoire. Il ne suffit pas de nous faire entendre des enregistrements présélectionnés, il s'agit de participation au débat, qui d'ailleurs n'était pas du direct, alors pourquoi ne pas associer tous les acteurs. Pourquoi ne pas avoir en face les déguerpis et sortir la preuve irréfutable de la sensibilisation préalable ? Croyez-vous que le peuple croit encore à ces hommes politiques qui lui ont menti à diverses occasions ?
Encore le service public n'a pas honoré sa mission, il a rendu service (la caisse de résonnance) à ses maîtres, en piétinant les sans voix. Alors vivement leur émission, l'émission avec la présence des victimes, si Ibk veut entendre les Maliens car c'est lui et lui seul qui décide à Bozola, même le ministre Mountaga est un faire valoir, celui qui viendra après ne fera pas mieux car c'est cela la règle au Mali au nom de la fameuse solidarité gouvernementale ou du devoir de réserve sauf à toujours prononcer le nom du Président de la République : " comme l'a instruit le Président de la République, c'est en exécution du programme présidentiel ". Mais ne leur demander pas où est ce programme et où en sommes-nous avec.
Revenons à l'émission qui a bien fait de confirmer que la mairie offre des autorisations uniquement à titre provisoire. Et les maires à l'unanimité ont affirmé qu'il y a des places libres dans des marchés de quartier. Il a également été révélé que l'opération de déguerpissement porte sur 13 rues (voies principales) et l'assainissement est prévu chaque premier samedi du mois en dehors de cette période des travaux de démolition.
Par cette opération, nous avons manqué de tact, en matière de communication, mais l'assainissement en soit est à saluer, car tout le monde y gagne avec le recul des maladies et du banditisme. Comme l'ont souligné les maires, les investisseurs étrangers portent leur choix sur des pays en fonction de la rentabilité de l'offre. Dans un monde de concurrence notamment entre pays voisins (Mali, Côte d'Ivoire, Burkina Faso, etc.) nous devons répondre aux exigences du marché pour être à la hauteur. Aussi, ont-ils précisé, il ne s'agit pas de démolition de hangars et autres, mais de déguerpissement pour ainsi dire de libérer totalement les lieux concernés des usagers et de leurs matériels et équipements. Ceux qui sont en train de revenir occuper " leur place " doivent bien saisir ce message. Et comprendre que l'opération se poursuivra, ne s'arrêtera sous aucun prétexte, surtout qu'elle gagne de plus en pus l'adhésion populaire.
Aussi, les maires, les déguerpis, pour la plupart sans autorisation, ont reçu des avis de déguerpissement et le procureur a été informé de l'opération, certains ont d'ailleurs déguerpi d'eux-mêmes.
Enfin, des milliards sont disponibles pour l'assainissement et l'équipement des lieux selon le président l'Association Malienne des Mairies, maire de la commune V, Boubacar Bah dit Bill, qui demande de les faire sortir. Enfin, des dispositions sont en cours en vue de trouver une solution à l'occupation anarchique des lieux par les garages de mécaniciens réparateurs, a-t-on appris à travers le débat.
Bref, dans un contexte de terrorisme greffé à la misère populaire, où les jeunes diplômés sans emploi en nombre inestimable sont des appâts faciles pour les recruteurs d'où qu'ils viennent, le Mali est donc à la croisée des chemins. Nos actions doivent être menées avec la plus grande dextérité, sans faire davantage de frustrés. Il y va de notre salut.

Mamadou DABO
Source: Zénith Balé
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