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Répression des manifestations au Mali: Le groupe parlementaire VRD va interpeller le gouvernement en octobre
Publié le mercredi 24 aout 2016  |  Le Républicain
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© aBamako.com par Momo
Scenes de violence devant le tribunal de la commune IV ce matin a l`arrivée des forces de l`ordre
Bamako, le 17 aout 2016 Ras Bath ce matin devant le Procureur : Manifestation devant le tribunal de la commune IV ce matin a l`arrivée des forces de l`ordre




Suite aux différentes répressions par les forces de l’ordre et de sécurité pour contenir les manifestations civiles pacifiques et les mécontentements des populations, le groupe parlementaire Vigilance Républicaine et Démocratique (Vrd) qui anime l’opposition a souhaité interpeller le gouvernement à travers une séance de question d’actualités lors de cette session extraordinaire.

Mais la demande d’interpellation faite par l’opposition est déclarée irrecevable par la majorité parlementaire qui indique que l’ordre du jour des séances plénières de la session extraordinaire est défini par le gouvernement. L’opposition parlementaire a été donc confrontée à une « opposition » farouche de la majorité parlementaire malgré la situation sécuritaire perplexe qui l’exige. Malgré le niet de la majorité pour dit-on « vice de forme », l’opposition ne démord pourtant pas, car elle entend interpeller le gouvernement lors de la prochaine session ordinaire prévue pour le mois d’octobre prochain.

« En application des dispositions de l’article 91 du Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale du Mali qui dispose entre autres que : ( En dehors des cas d’interpellation visés à l’alinéa 2 de l’Article 90 , tout Député qui désire interpeller le Gouvernement sur l’exécution d’un programme adopté par l’Assemblée nationale ou sur une question d’actualité, en informe le Président en séance publique et la dépose immédiatement ), j’ai l’avantage de déposer la présente question d’actualité auprès de votre haute autorité afin d’interpeller le Gouvernement », c’est en substance ce qui ressort de la demande d’interpellation du gouvernement faite, hier mardi 23 août 2016 lors de la séance plénière de l’Assemblée nationale par le président du groupe parlementaire Vigilance Républicaine et démocratique (Vrd), l’Honorable Seydou Diawara.

Ladite interpellation porte sur le recours à la répression par le Gouvernement pour contenir les manifestations civiles pacifiques et les mécontentements des populations. Le texte de la dite interpellation porte entre autres sur des manifestations organisées à Gao le 12 juillet 2016 pour protester contre la mise en place des autoritaires intérimaires ; des manifestations organisées à Bamako le 30 juillet 2016 en réaction aux actions de déguerpissement des voies publiques ; et des manifestations organisées le 17 août 2016 à Bamako devant le Tribunal de la CIV à la suite de l’arrestation du chroniqueur de Radio Mohamed Youssouf Bathily dit « Ras Bath ».

Conformément aux dispositions de l‘article 91 sus visé, l’honorable Seydou Diawara invita le président de l’Assemblée nationale, l’honorable Issaka Sidibé à saisir dans les 24 heures la conférence des présidents et d’assurer la transmission de la présente interpellation au Chef du Gouvernement. Il n’en fallait pas plus pour voir le refus catégorique de la majorité parlementaire à l’image du président de l’hémicycle, l’honorable Issaka Sidibé lui-même et l’honorable Issa Togo du groupe parlementaire Adema-Asma Cfp.

Selon eux, cette demande de l’opposition est irrecevable car l’ordre du jour des séances plénières de la session extraordinaire est défini par le gouvernement. Ce qui sous entend qu’à part l’adoption des projets de loi, il est quasiment impossible d’interpeller le gouvernement à travers des questions d’actualités ou des questions orales. L’honorable Issa Togo de la majorité va jusqu’à dire que si l’opposition n’est pas d’accord, la Maison de la presse est une tribune pour s’exprimer. Pour l’honorable Mody N’Diaye de l’opposition, troisième vice-président de l’Assemblée nationale, cette demande d’interpellation est plus que jamais nécessaire compte tenu de la situation sécuritaire perplexe. « S’il s’agit du contrôle de l’action gouvernementale, on ne peut pas refuser la demande car le contrôle est permanent », a précisé Mody N’Diaye.

L’honorable Alkaïdi M Touré de l’opposition enfonce le clou en dénonçant l’attitude « arbitraire » de la majorité parlementaire. « La majorité veut montrer qu’elle est au pouvoir sinon c’est la conférence des présidents qui doit examiner la demande d’interpellation du gouvernement. Mais ce n’est pas en pleine séance plénière que la demande doit être déclarée irrecevable. Tout compte fait, une demande est faite pour que ça aboutisse. Si elle est déclarée irrecevable pour vice de forme, nous allons reconduire la même demande lors de la session d’octobre », a souligné Alkaïdi M Touré.

On se rappelle que les partis politiques de l’opposition républicaine et démocratique réunis en séance extraordinaire le jeudi 18 août 2016 au siège de l’URD, avaient demandé à leurs députés, regroupés au sein de la Vigilance Républicaine et Démocratique (VRD), d’interpeller le gouvernement sur les évènements du 12 juillet à Gao et du 17 aout à Bamako. Chose que le groupe Vrd entend réaliser. Affaire à suivre !

Aguibou Sogodogo
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