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L’Essor N° 17368 du 8/2/2013

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Camp Para de Djicoroni : le calme est revenu
Publié le lundi 11 fevrier 2013  |  L’Essor


© aBamako.com par A S
Affrontements armés au camp para de Djicoroni
Bamako,le 08 février 2013


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L’incident de vendredi est d’autant plus grave que notre pays est en guerre et que des militaires venus d’ailleurs se battent pour sa libération



Le contentieux entre une partie du Régiment des commandos parachutistes et le reste de l’armée a connu un nouveau soubresaut vendredi dernier. Tôt le matin, des affrontements ont éclaté entre des militaires du régiment et des éléments des forces armées et de sécurité au camp Para de Djicoroni. Bilan : 2 morts et 13 blessés dont 3 graves et des dégâts matériels importants.

Selon des témoins, très tôt le matin, un camion transportant des éléments des forces armées et de sécurité est arrivé au camp des parachutistes. Les occupants du camp ont été sommés de quitter les lieux. Un échange de coups de feu a alors éclaté entre les occupants du camp et les éléments venus les déloger. L’incident est d’autant plus grave que notre pays est en guerre et que toutes les énergies doivent être consacrées à cette cause. Pire, nous donnons une image catastrophique de notre pays pour la libération duquel des militaires d’autres Etats sont prêts à mourir.

Ce nouvel affrontement fratricide entre militaires a amené le président de la République par intérim à faire une adresse solennelle vendredi aux forces armées et de sécurité. Depuis, le calme est revenu au camp. Et hier, l’on pouvait voir des « bérets rouges » causer fraternellement avec d’autres militaires.

Nous avons rencontré le sous-lieutenant Soumana M. Maïga, un gendarme qui commande les troupes assurant désormais l’ordre dans le camp depuis vendredi. « Tout est rentré dans l’ordre et nous n’avons plus de raisons d’inquiétude. Le message de paix et de calme lancé par les autorités a permis de faire baisser la tension. C’est un incident malheureux qui n’aurait jamais dû arriver », reconnaît-il.

D’après les témoignages recueillis sur place, c’est aux environs de 6 heures du matin que les hostilités ont commencé. La tension est montée chez les jeunes du camp dès l’arrivée d’un camion avec à bord une cinquantaine d’éléments de la Police militaire.

Les occupants du camp auraient accueilli ces forces par une pluie de pierres et d’autres projectiles. La situation devint intenable pour les forces de sécurité qui venaient pour prendre le contrôle du camp. Celles-ci firent donc appel à des renforts qui arrivèrent du génie militaire, de la garde nationale et de l’armée de l’air.

Dans le feu de l’action, notre équipe de reportage a dû s’enfermer dans un bureau avec des militaires pour échapper à la furie des jeunes visiblement surexcités. Les alentours du camp étaient quadrillés par les éléments de l’armée et les coups de feu partaient de partout. Au même moment, des jeunes brulaient des pneus sur la voie bitumée qui passe devant le camp.

« Nous sommes prêts à mourir ici. Il va falloir passer sur notre corps pour nous faire taire. Nous sommes tous des Maliens », s’indignait un jeune armé de gourdin. « Nous ne sommes pas les damnés du pays. Au lieu de venir nous provoquer chez nous, allez-y où on a le plus besoin de vous», poursuivra le jeune homme.

Le sergent Youssouf Traoré, un commando parachutiste donne sa version des faits : « Il y a eu certes un communiqué pour dire que tout regroupement au niveau du camp est interdit. Nous avons respecté cette disposition comme cela se doit. Nous avons l’habitude de pratiquer chaque matin du sport. Ce matin, on était en train de faire tranquillement notre gymnastique lorsqu’un camion a débarqué. Les jeunes ont pris cela comme de la provocation ».

L’adjudant-chef Esaïe Dougnon, documentaliste affecté à l’Ecole de maintien de la paix, accuse des éléments des forces armées de vouloir étouffer « l’affaire des bérets rouges portés disparus ».

Selon lui, pour atteindre cet objectif, la hiérarchie militaire aurait décidé de nouvelles mutations qui n’auraient pour seul but que d’éloigner de leurs bases des responsables du Régiment des commandos parachutistes jugés gênants.

A la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), on bat en brèche ces argumentations. Le capitaine Modibo Naman Traoré, officier des affaires publiques de défense et de sécurité explique que la hiérarchie militaire avait été informée depuis plusieurs jours de certains agissements dans le camp. Et ce, malgré les instructions données à toutes les unités contre tout regroupement comme le requiert l’Etat d’urgence en vigueur dans le pays.

« En fait, nous sommes face à une situation de diversion qui ne dit pas son nom. Ces éléments qui font ces mouvements sont en parfaite insubordination avec la hiérarchie militaire. Quand il y a eu les événements d’avril à mai, le commandement militaire a décidé, au lieu de dissoudre complètement le régiment, de réaffecter ses hommes à d’autres unités. Pour cela, l’appel a été lancé à tous les éléments de faire acte de présence sous le commandement. Certains se sont présentés. La preuve, nombre d’entre eux sont aujourd’hui au front ou ont rejoint leur unité d’affectation. Mais beaucoup ont préféré faire la sourde oreille », ajoute le capitaine Traoré, rappelant que l’armée a des règles qu’il faut strictement respecter.

Mettant en avant la bonne fois du commandement militaire, Modibo Naman Traoré estime que le règlement de radiation devait depuis fort longtemps frapper les éléments qui, par leur refus de rejoindre leur nouvelle unité d’affectation, devraient être considérés comme des déserteurs.

« Le règlement de l’armée dit que les ordres sont exécutés sans murmures ni autre objection. L’autorité qui donne l’ordre en est responsable et la réclamation n’est permise que lorsque l’ordre aurait été exécuté. Il faut que les gens comprennent cela », dit-il.

Justifiant la décision d’interdire tout regroupement au camp para, le capitaine Traoré souligne que l’armée doit servir d’exemple. « Les civils se soumettent à l’état d’urgence. Le Maouloud a été fêté cette année dans la sobriété. Pourquoi les militaires se soustrairaient aux contraintes qu’impose l’état d’urgence, alors que les civils les respectent sans problème ? », interroge l’officier de la DIRPA.

Espérons que la rencontre prévue aujourd’hui entre le Premier ministre, les représentants du Régiment des commandos parachutistes et la hiérarchie militaire permettra de trouver une solution définitive à la crise qui dure depuis bientôt un an.

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