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Mali : les Français bombardent des islamistes à Gao où la tension reste vive
Publié le lundi 11 fevrier 2013  |  AFP


© Xinhua
opération Serval
Au cours des dernières 36 heures, les forces françaises engagées dans l`opération Serval ainsi que plusieurs unités maliennes


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GAO (Mali) - La tension restait vive lundi à Gao, dans le nord du Mali, où les forces de sécurité ont évacué le principal marché de la ville, quelques heures après des bombardements français visant le commissariat central, où des islamistes armés s'étaient retranchés.

Gao, la plus grande ville du nord du Mali, a été dimanche le théâtre de
combats de rue entre soldats maliens et français et des combattants jihadistes
qui y ont aussi commis les premiers attentats suicides de l'histoire du Mali,
marquant une nouvelle étape du conflit.

Au moins deux islamistes et trois civils ont été tués dans les
affrontements, qui ont également fait 17 blessés, 15 civils et deux soldats
maliens, selon des médecins à l'hôpital de la ville.

Les corps de deux civils tués ont été conduit à la morgue, tandis qu'un
troisième cadavre, lui aussi un civil selon des proches, a été retrouvé dans
la cour du gouvernorat proche des combats, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Au moins deux terroristes", ont été tués dans les combats, selon un
officier malien.

Le principal marché de la ville, qui se trouve à proximité du commissariat
où des islamistes armés s'étaient retranchés dimanche, a été évacué en début
d'après-midi par les forces de sécurité.

"Nous sommes dans la crainte d'un attentat, c'est pour cela que pour des
raisons de sécurité, nous avons évacué le marché de Gao", a déclaré un
officier de l'armée malienne à un journaliste de l'AFP qui a constaté que les
marchands quittaient le marché.

Les accès menant au commissariat ont été bouclés et des militaires français
patrouillaient dans le secteur, tandis que d'autres déminaient les ruines du
bâtiment, détruisant notamment une roquette dans une explosion contrôlée.

Des coups de feu sporadiques étaient entendus, en provenance du nord de la
ville, vers 13H30 (locales et GMT).

Le commissariat, ancien siège de la "police islamique" mise en place par le
groupe islamiste du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest
(Mujao) lorsqu'il occupait la ville, a été bombardé lundi à l'aube par un
hélicoptère de l'armée française, selon des témoins.

"Deuxième phase des opérations"

Un journaliste de l'AFP a constaté que le bâtiment avait été totalement
détruit et a également vu de nombreux fragments de corps humains aux
alentours. Le nombre de victimes n'était pas connu dans un premier temps.
Un autre témoin a affirmé qu'un des islamistes qui se trouvaient à
l'intérieur du commissariat s'était fait exploser, sans préciser si c'était
avant ou pendant le bombardement de l'hélicoptère français.
Lundi matin, des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants étaient
rassemblés devant le commissariat, criblé d'impacts d'obus et de mitrailleuse
lourde qui ont par endroits découpé le béton comme de la dentelle, son premier
étage éventré.
Les combats à Gao, à 1.200 km de Bamako, sont le signe d'un regain
d'activités des islamistes armés qui avaient dans un premier temps fui les
villes reprises par les soldats français et maliens fin janvier.
Pour la première fois dans l'histoire du Mali, ils ont commis à Gao en deux
jours deux attentats suicides contre un poste de contrôle de l'armée malienne
à la sortie nord de la ville.
Ces attentats, comme l'attaque du commando dimanche, ont été revendiqués
par le Mujao - groupe également accusé de diverses activités criminelles dont
le trafic de drogue - qui tenait totalement la ville depuis juin 2012, y
commettant de nombreuses exactions au nom d'une interprétation rigoriste de la
charia (loi islamique).
"Les moujahidine sont dans la ville de Gao et y resteront", avait prévenu
dimanche le porte-parole du Mujao, Abou Walid Sahraoui.
Ces attaques sont "la deuxième phase des opérations", a estimé Pascal Le
Pautremat, universitaire, spécialiste des questions militaires et du nord du
Mali, affirmant qu'elles étaient "envisagées et prévisibles".
Entamée le 11 janvier pour stopper une offensive jihadiste vers le Sud et
la capitale malienne Bamako, l'opération de l'armée française, en appui de
l'armée malienne, a permis en deux semaines de reprendre Gao, Tombouctou et
Kidal, les grandes villes occupées pendant neuf mois par les groupes liés à
Al-Qaïda.
L'avancée des soldats français et maliens s'est faite sans presqu'aucune
résistance, les jihadistes semblant avoir fui pour se retrancher dans des
zones désertiques, notamment dans le massif des Ifoghas, dans la région de
Kidal, à 1.500 km au nord-est de Bamako, près de l'Algérie.
Mais depuis quatre jours, les islamistes ont montré qu'ils n'avaient pas
tous fui et ont prouvé leur capacité de résistance à Gao, reprise le 26
janvier par les soldats français et maliens, ce qui semble marquer un tournant
dans leur stratégie.
bur-stb/thm/de


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