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Déploiement de casques bleus : L’Onu cherche-t-elle la partition du Mali ?
Publié le lundi 18 fevrier 2013  |  Le Prétoire


© Autre presse par DR
Les Casques bleus


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Au moment où le Mali et ses partenaires traquent les terroristes, l’Onu étale ses incohérences, une fois de plus, dans la gestion de la crise malienne avec son projet de déploiement d’une force d’interposition. Est-ce pour remettre en selle le Mnla ?

Un mois après le début de l’offensive franco-malienne contre les terroristes, les Nations unies ont commencé par étudier les contours du déploiement d’une force d’interposition au Nord de notre pays. Ces troupes multinationales qui devraient fouler le sol malien dans les prochains mois peuvent y demeurer pendant des années. Toute chose qui n’est pas sans conséquences sur la souveraineté du Mali. Le projet de déploiement de casques bleus en question confirme l’incohérence de l’Onu, sous la houlette de son secrétaire général, Ban Ki Moon.
En effet, après plusieurs mois de tergiversation pour l’adoption de la Résolution 2085 par le Conseil de sécurité de l’Onu, visant l’opérationnalisation de la Misma, Ban Ki-Moon et son représentant spécial, Romano Prodi, déclaraient qu’aucune intervention militaire n’était possible au Mali avant septembre 2013. En changeant de ton pour décider de l’envoi de casques bleus au moment où le Mali est en train de recouvrer son intégrité territoriale, avec l’appui de la France et la Misma, sans doute, l’Onu cherche illogiquement la partition du Mali sous le prétexte fallacieux de maintien de la paix.
Il est alors temps que Ban-Ki Moon et le lobby du Mnla comprennent que la guerre au Mali n’est dirigée ni contre une ethnie ni contre un groupe, mais plutôt contre le terrorisme et les narcotrafiquants.
Si la France et certains pays comme les Etats-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni, le Maroc et l’Argentine s’inscrivent dans la perspective de la création d’une opération de maintien de la paix par des casques bleus, il faudra néanmoins plusieurs semaines pour que le Conseil de sécurité adopte une nouvelle résolution dans ce sens. A ce propos, l’aval du gouvernement malien est indispensable. Or, celui-ci manifeste une réticence quant à la présence de soldats onusiens qui se basera sur l’existant, c’est-à-dire les unités de la Cedeao et le Tchad, ce dernier intégrant la Mission internationale de soutien au Mali (Misma). Cette troupe de la Misma passera-t-elle sous la bannière de l’Onu ? Quoi qu’il en soit, il ne s’agira pas d’une force hybride, comme la Minuad au Darfour (force conjointe Onu-Union africaine). Ce sera une force dont la chaîne de commandement dépendra du Conseil de sécurité.
Opération militaire jusqu’au bout
En raison du danger que représente le terrorisme, rien ne justifie, pour le moment, le déploiement de casques bleus au Mali car les opérations militaires en cours doivent aller jusqu’au bout afin de détruire les réseaux terroristes. C’est en tout cas la logique défendue par le gouvernement malien par la voix du ministre des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly.
«Il faut mener cette opération jusqu’au bout et détruire les réseaux terroristes qui sont au Mali. Le Mali souhaite que la France aille au bout de sa mission qui est d’aider à la restauration de l’intégrité territoriale. C’est ce que nous attendons de la France et c’est ce que la France a décidé de faire», clame Tiéman Coulibaly.
Des Casques bleus, pour quoi faire ?
La transformation de la Misma en une force onusienne de maintien de la paix ressemble à de la poudre aux jeux. Elle traduit d’emblée l’incohérence de l’Onu depuis bientôt une année dans la gestion de la crise malienne. Avant toute prise de décision, le Conseil de sécurité à l’obligation de définir le mandat et les objectifs de cette mission en tenant compte de la position du Mali et la réalité du terrain.
La Misma, une mission d’assistance au Mali, peut être transformée en force de maintien de la paix. Mais, entre qui et qui ? Maintenir la paix entre le Mali et des terroristes ? Non ! Surtout que des négociations avec des terroristes sont hors de question. C’est dire qu’aujourd’hui, le Mali n’a pas besoin d’une force d’interposition. La volonté politique de Bamako repose sur la mise en place prochaine d’une Commission nationale de réconciliation. Celle-ci va conduire le processus de dialogue politique inter malien avec toutes les composantes de la société, conformément à la Feuille de route adoptée par l’Assemblée nationale. Mais négociations ou pas, ceux qui ont commis des crimes vont en répondre devant la justice.
Echec des opérations de maintien de la paix
Il faut évaluer les opérations de maintien de la paix à travers le monde pour en déceler ses avantages et ses inconvénients.
De la Somalie au Soudan en passant par la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire et le Rwanda, l’Onu a enregistré des échecs dans sa mission de maintien de la paix, laissant des conséquences politique et sociale dramatiques. La crainte malienne est fondée. Le déploiement de Casques bleus gèle souvent la situation sur le terrain et entérine de fait des partitions.
Le cas soudanais n’est pas unique en la matière. En République démocratique du Congo, les Casques bleus montent la garde depuis plus de dix ans ! Ils sont au Liban depuis 1978. Dans ces pays, l’Onu fait du sur place avec, bien sûr, le conflit d’intérêt des grandes puissances qui financent les opérations de maintien de la paix.
Dans le cas malien, on peut s’interroger sur le bénéfice à tirer d’un tel déploiement. Avant tout, il faut convaincre les Maliens qu’une force de maintien de la paix de l’Onu représente la meilleure solution et que la situation au Soudan était très différente de celle du Mali. Déployer les Casques bleus n’est-ce pas déjà accepter un pourrissement de la situation, pour donner l’impression que la Mali est un bourbier ? Et quel sera le rôle des Casques bleus au Mali? Ils seront chargés du maintien de la paix, un rôle passif, comme dans l’Est de la Rdc où lesdits Casques brillent par leur neutralité, leur passivité ?
Ces questions taraudent l’esprit des Maliens sur le probable déploiement de la force de maintien de paix de l’Onu au Mali.
Nouhoum DICKO

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