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Mali: un véhicule explose près d’un camp français à Kidal, combats à Gao
Publié le jeudi 21 fevrier 2013  |  AFP




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Gao (Mali) - La phase de "sécurisation" du nord-est du Mali, où sont retranchés des islamistes armés liés à Al-Qaïda, paraissait jeudi loin d’être terminée, comme en témoignent l’explosion d’un véhicule près d’un camp militaire français et tchadien à Kidal et des combats à Gao.

A Kidal, à 1.500 km au nord-est de Bamako, un "véhicule est arrivé en filant vers le sud-ouest" de la ville et "a explosé à environ 500 mètres du camp occupé par les Français et les Tchadiens. Deux civils ont été blessés, ils sont à l’hôpital", a déclaré à l’AFP un élu de Kidal, information confirmée de source sécuritaire malienne à Bamako.

Un fonctionnaire de Kidal a précisé que l’explosion avait eu lieu "à moins d’un kilomètre du camp occupé par les Tchadiens et les Français", estimant qu’il s’agissait sans doute d’"un kamikaze" visant le camp, mais qui "est allé exploser avec sa voiture noire dans une cour".

"Le chauffeur du véhicule a été tué sur le coup", a déclaré l’élu.

Il s’agissait d’un "attentat" planifié par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a affirmé jeudi soir à l’AFP ce groupe islamiste armé qui a occupé pendant plus de neuf mois de grandes villes du Nord malien, dont Gao (au sud de Kidal et à 1.200 km de Bamako).

"Nous sommes arrivés à rentrer sans aucun problème à l’intérieur de Kidal même pour faire exploser comme prévu un véhicule. (...) Nous allons avoir la victoire sur tous les ennemis. D’autres explosions auront lieu sur tout notre territoire" a dit sans plus de détails le porte-parole du Muajo, Abu Walid Sahraoui.

Les forces françaises avaient repris fin janvier le contrôle de l’aéroport de Kidal, ancien bastion islamiste, et quelque 1.800 soldats tchadiens sont arrivés depuis pour sécuriser la ville, où étaient déjà présents des islamistes se disant "modérés" et des hommes se réclamant du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg).

A Paris, l’état-major de l’armée française, interrogé jeudi sur une éventuelle collaboration au Mali avec le MNLA, a déclaré "se coordonner" effectivement avec "les groupes qui ont les mêmes objectifs" que les Français.

Au nord de Kidal, se trouve le massif des Ifoghas où sont retranchés des combattants islamistes puissamment armés, que les soldats français traquent depuis plusieurs semaines, par des opérations aériennes et terrestres.

Un soldat français a été tué mardi lors d’un violent accrochage dans les Ifoghas, au cours duquel une vingtaine d’islamistes ont également trouvé la mort. Une cérémonie en son honneur s’est tenue jeudi à l’aéroport de Bamako avant le rapatriement de sa dépouille, a constaté un photographe de l’AFP.

Aller "jusqu’au bout"

A Gao, des combats, entamés dans la nuit de mercredi à jeudi à la périphérie de la ville entre des islamistes armés et des soldats nigériens, se sont poursuivis jeudi en centre-ville avec des soldats maliens, appuyés par l’armée française qui a fait notamment intervenir deux hélicoptères Gazelle, selon une source militaire.

Trois islamistes ont été tués lors des combats avec les Nigériens qui ont eu lieu aux entrées nord et sud de la ville, selon une source militaire malienne qui a parlé "d’une quarantaine d’islamistes" venus de villages proches de Gao.

Dans le centre-ville, les combats ont pris fin dans l’après-midi. Ils ont eu lieu près de la mairie et du palais de justice où se trouvaient retranchés des islamistes en armes, selon une source militaire française qui a précisé qu’un homme portant une ceinture d’explosifs avait été maîtrisé.

Des "troupes jihadistes" ont brièvement occupé la mairie et la résidence du gouverneur avant d’être délogées par les forces maliennes appuyées par les troupes françaises, a déclaré le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian. Cinq islamistes armés ont été tués dans les combats, selon lui.

Le palais de justice a en partie été incendié lors des combats, de même qu’une une station-service.

Le Mujao a affirmé à l’AFP avoir envoyé des hommes dans cette ville pour la "libérer des mécréants", sans préciser de chiffre mais en assurant que "la bataille" ne faisait que commencer pour reconquérir le vaste Nord malien, en majorité désertique, incluant la mythique cité de Tombouctou (nord-ouest).

Gao a été reprise au Mujao le 26 janvier par les soldats français et maliens. Les 8 et 9 février, elle a été le théâtre des deux premiers attentats-suicides de l’histoire du Mali, commis par deux kamikazes morts en se faisant exploser contre un poste de contrôle de l’armée malienne.

De violents combats y ont opposé dans le centre-ville des soldats français et maliens et combattants jihadistes, faisant au moins cinq morts et 17 blessés.

Mardi, le président français François Hollande avait déclaré que l’opération Serval, lancée par l’armée française le 11 janvier pour prévenir une avancée vers le Sud et Bamako des islamistes armés qui occupaient le Nord depuis neuf mois, entrait dans sa "dernière phase". Il s’agit d’aller "jusqu’au bout, c’est-à-dire l’arrestation des derniers chefs ou groupes terroristes qui demeurent à l’extrême nord du Mali", avait-il précisé.

Selon plusieurs témoins et des ONG de défense des droits de l’Homme, cette opération militaire, aux côtés de l’armée malienne et d’autres armées africaines, s’est accompagnée d’exactions de la part de soldats maliens contre des personnes accusées d’avoir collaboré avec les islamistes. Human Rights Watch a appelé jeudi le gouvernement malien à "poursuivre" ces soldats.

bur-stb/cs/sba

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