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Crise du Football Malien : Le président de la Femafoot s’enlise dans l’hypocrisie
Publié le mercredi 7 decembre 2016  |  Le Reporter
Remise
© aBamako.com par FS
Remise des équipements aux finalistes des coupes du Mali de football 2016
La FEMAFOOT et son partenaire Orange Mali ont procédé le 12 Août 2016 à la remise des équipements aux finalistes des coupe du Mali de football 2016.
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«Je suis prêt à faire 20 AG (assemblées générales) si l’objectif est la pacification» ! C’est la déclaration faite par le président de la Fédération malienne de football (Femafoot). C’était à l’ouverture de l’assemblée générale extraordinaire (AGE) organisée le 29 novembre 2016.
Une déclaration qui frise l’irresponsabilité et qui apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’il n’est pas réellement animé de bonne foi pour mettre fin à la crise qui secoue notre football depuis janvier 2015. Son intention est de gagner du temps, quitte à ce que notre sport-roi s’essouffle.

Nous aurions pu faire l’économie même de l’AGE de Sikasso s’il avait réellement la volonté de tourner définitivement la page de cette crise. Il a eu l’opportunité historique avec l’assemblée générale du 5 mars 2016. Ce jour, s’il était de bonne foi, il aurait dû plaider pour la levée de toutes les sanctions. Pas à l’égard des clubs seulement, mais aussi des dirigeants qu’il veut coûte que coûte éloigner des terrains de football pour une raison qu’il est le seul à connaître.

Au lieu d’œuvrer réellement à nous conduire vers le bout du tunnel, le président de la Femafoot s’enlise dans l’hypocrisie sous les applaudissements de ceux qui vivent de sa poche.

«Oublions ce qui s’est passé et mettons-le sur le compte d’un passé révolu, d’une période d’hystérie, d’errements collectifs. La passion du football, la passion tout court, peut conduire l’homme le plus vertueux à des excès, à des extrêmes insoupçonnés», a-t-il suggéré à Sikasso.

Pure hypocrisie d’autant plus que les actes posés quelques minutes plus tard ne vont nullement dans le sens de l’apaisement prêché. La meilleure façon de lier l’acte à la parole était alors de lever toutes les sanctions. Mais, hélas, on a assisté à une autre mascarade consistant à une supposée «réduction des peines».

En effet, les «délégués» (???) ont maintenu la révocation de Yéli Sissoko. Les sanctions de 10 ans ont été réduites à 3 ans. Ceux qui écopaient de 5 ans ont été graciés. Et Tidiani Niambélé, Salaha Baby et Yéli Sissoko sont suspendus pour 10 ans.

Des décisions qui violent la sentence prononcée par le Tribunal arbitral du sport (TAS) qui annule l’AGO du 31 octobre 2015 au cours de laquelle ces dirigeants avaient été victimes d’une purge des revanchards. On organiser une AGE à la place de l’AGO et on persiste dans l’acharnement tout en se défendant d’exécuter la sentence du TAS.

De qui se moque-t-on ? Il est temps que le président de la Femafoot et ses partisans sortent du mensonge et du déni de la réalité qui ne sont aucunement des stratégies efficaces de management sportif.

Comme le dit un courageux jeune frère (heureusement que l’argent ne peut pas acheter tout le monde), «le football n'aime pas le mensonge, M. Boubacar Baba Diarra était à Sikasso avec des touristes et vacanciers de la CAF et FIFA. Sans quoi son cinéma ne sert à rien. Monsieur Baba Diarra doit arrêter de tourner sur lui même. L'AG de Sikasso n'est autre que du folklore». Et même un folklore avec un très mauvais scénario !

Moussa BOLLY

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L'AGE de la Femafoot à Sikasso : Un acte de défiance vis-à-vis du Tribunal arbitral du sport

La Fédération malienne de football (Femafoot) a organisé une assemblée générale extraordinaire (AGE) le mardi 29 novembre 2016 à Sikasso. Une rencontre qui, selon le Comité exécutif de la fédération, entrait dans le cadre de l’exécution de la sentence rendue pas le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 4 octobre 2016.

Vous êtes nombreux à souhaiter avoir notre lecture voire notre analyse sur cette AGE et surtout par rapport à son impact sur la résolution de la crise qui secoue notre football depuis le 10 janvier 2015. Nous avons cherché d’abord à nous renseigner sur la présence de la CAF et de la FIFA à la rencontre de Sikasso et la légalité des mandats desdits représentants.

Et, selon nos investigations, celui qui était censé représenter la Confédération africaine de football (CAF) était beaucoup plus là dans un cadre amical. Il n’avait donc pas un quelconque mandat de la CAF pour superviser les travaux ou les valider. Quant au représentant de la FIFA, il avait fait le déplacement à la demande du Secrétaire général de la FIFA, Mme Fatma Samoura, pour constater que l’assemblée générale de Sikasso était organisée conformément au verdict du TAS, par rapport surtout au délai de convocation, aux mandats et à l’ordre du jour.

Ainsi, nous avons eu vent d’un échange de correspondances entre le Secrétaire général de la FIFA, Mme Fatma Samoura, et le conseil (HCML Avocats) du ministère des Sports par rapport à l’échec de la médiation du Département entre les deux camps. Un échec dans la conciliation qui avait fait l’objet d’une correspondance adressée à l’instance suprême du foot mondial par le ministre des Sports.

«…Renseignements pris auprès de notre association membre, nous pouvons vous indiquer qu’elle dit avoir pris les mesures nécessaires pour respecter ses obligations découlant de la décision du TAS en question», avait écrit Mme Fatma Samoura au cabinet d’avocats constitués par le Département des Sports. Et elle avait ajouté que «la FIFA ne manquera pas d’assumer son rôle s’il devait s’avérer ultérieurement que la Fédération malienne ne s’est pas valablement exécutée». C’est vous dire que le rapport que son représentant à l’AGE de Sikasso va lui présenter sera décisif dans la décision de la FIFA par rapport à la résolution définitive de cette crise.

Un simulacre de mise en œuvre de la sentence du TAS

Notre analyse (peut-être une mauvaise interprétation du verdict du TAS) est que la rencontre de Sikasso ne peut pas être une réponse satisfaisante au verdict du TAS aussi bien sur le fond que sur la forme. Il est vrai que le Comité exécutif de la Femafoot a dit à qui veut l’entendre que celui-ci (verdict) ne précise pas s’il doit organiser une AGE ou une AGO (assemblée générale ordinaire). Mais la référence du TAS est l’assemblée du 10 janvier 2015. Et ce jour, c’est une assemblée générale ordinaire qui a eu lieu. Sans compter que la sentence du Tribunal arbitral du sport fait expressément référence à l’ordre du jour prévu par l’article 32.2, lequel ne concerne que les assemblées générales ordinaires.

En exigent de la Femafoot d’organiser une assemblée générale avec les mêmes mandataires et avec le même ordre du jour, le TAS réhabilitait donc les dirigeants suspendus le 31 octobre 2015. Les critères d’organisation et de validation étaient donc bien précis. Et cela d’autant plus que le TAS a d'abord annulé l'AGO du 31 octobre 2015, avant d’ordonner l'organisation d’une nouvelle assemblée générale ordinaire.

Ainsi, l’assemblée que le Comité exécutif devait fixer était une assemblée générale ordinaire. Le délai de convocation pour une telle assemblée est de 45 jours (cf. art. 31.1 des Statuts de la Femafoot). Or, ce délai n’a manifestement pas été respecté par la convocation adressée le 7 novembre 2016, pour l’assemblée générale du 29 novembre 2016. S’agissant aussi du délai de trente jours expressément mentionné par le TAS pour permettre aux membres de solliciter que des questions soient posées lors de l’assemblée. Ainsi, les statuts de la fédération et les droits des membres ont été violés.

Sachant bien qu’elle n’était pas dans les délais statutaires de convocation d’une AGO, la fédération a organisé une AGE dans la capitale du Kénédougou. Mais les observateurs vous diront que son objectif n’a jamais été d’organiser une assemblée générale ordinaire d’autant plus que, prétextant un retard dans la notification du verdict du TAS, le CE de la Femafoot avait saisi un Tribunal fédéral suisse (un recours suspensif). Malheureusement, celui-ci lui a rappelé de se conformer au verdict du Tribunal arbitral du sport.

Bien avant, elle avait saisi le TAS pour lui signifier qu’elle était dans l’incapacité d’organiser une AGO, son verdict ne lui ayant été signifié que le 24 octobre 2016. Ce que le tribunal a démenti, preuve à l’appui, en lui signifiant que sa décision lui a été signifiée le 4 octobre 2016.

Sur la liste de présence de l’AGE de Sikasso, nous voyons que la ligue de Bamako est présente alors que le Collectif des ligues et clubs majoritaires a boudé cette rencontre. Qui est-ce qui a représenté la ligue de Bamako ?

Si l’on se réfère à la décision du TAS, c’est normalement le bureau de Boubacar Monzon Traoré qui était habilité à la représenter. Idem pour Ségou dont la ligue aurait dû être représentée par les bureaux en place au moment de l’AGO du 10 janvier 2015. Et cela d’autant plus que le Tribunal arbitral du sport a annulé l’assemblée du 31 octobre 2015 ayant prononcé la suspension de leurs responsables. Mais, à Sikasso, ont été convoqués à l’assemblée générale précitée ceux qui étaient présents à l’assemblée générale du 31 octobre 2015, et non pas ceux qui ont participé à celle du 10 janvier 2015.

Ainsi, sur la base de sa convocation, de l’ordre du jour et des décisions prises le 29 novembre à Sikasso par la Fédération malienne football, nous observons de nombreux manquements commis par rapport à la décision du TAS.

Du folklore pour défier le TAS

À notre avis, le C.E de la fédération malienne de football a organisé une AGE pour traiter l'ordre du jour d'une AGO. Ce qui est statutairement impossible, donc une violation flagrante de ses propres statuts. Le constat est donc que le Comité exécutif de la Femafoot n’a pas respecté la sentence du Tribunal arbitral du sport. Ce qui créé de graves tensions, tant au sein de la Fédération malienne de football que parmi la population malienne. Les manquements du Comité exécutif provoquent des divisions entre différents groupes de personnes ainsi qu’entre différentes régions du pays.

Le Comité exécutif alimente sciemment un conflit qui n’apparaît plus acceptable aux yeux de l’opinion nationale. Et, selon nos investigations, le Collectif s’active pour faire remonter à la FIFA et au TAS les manquements constatés par rapport à la rencontre de Sikasso. Auront-ils (FIFA et TAS) la même lecture et la même appréciation que le Collectif et les observateurs que nous sommes ?

Il est en tout cas urgent que la FIFA prenne toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à ce conflit qui dure depuis bientôt deux ans, et pour faire respecter la décision du TAS comme les règles statutaires.

Moussa BOLLY
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