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L’Essor N° 17379 du 25/2/2013

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Bafoulabé et Kita : Constas de contreperformances
Publié le mardi 26 fevrier 2013  |  L’Essor




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Des entreprises qui peinent à exécuter les travaux qui leur ont été confiés, un périmètre aménagé peu exploité, un centre de santé construit en 2009 et dont on attend toujours l’ouverture, le développement local dans la zone est mis à mal. Le ministre de l’Agriculture Baba Berthé a achevé sa tournée dans la région de Kayes samedi et dimanche par les cercles de Bafoulabé et Kita. La délégation ministérielle a visité samedi le chantier d’aménagement du périmètre rizicole de Bakoye (cercle de Bafoulabé). C’est l’entreprise Abdoulaye Diawara (EAD) qui est chargée de l’aménagement du petit périmètre irrigué. Les travaux sont exécutés à 60%.
Le réseau d’irrigation et le bassin de réception de la station de pompage qui sera montée sur les berges du fleuve Bakoye sont exécutés. Mais l’entreprise attend la tuyauterie et les autres équipements nécessaires à l’achèvement du chantier. Elle explique le retard accusé dans les travaux par les événements que notre pays connus depuis bientôt un an. L’aménagement qui va coûter 401,8 millions Fcfa est financé par la Banque mondiale.


Toujours dans le cercle de Bafoulabé, la même entreprise EAD est chargée d’un autre chantier dont les travaux sont également financés par la Banque mondiale pour 228,9 millions de Fcfa. Ici, il s’agit en fait de travaux de réhabilitation et non d’aménagement. Et là aussi, l’entreprise accuse un grand retard qu’elle impute aux mêmes raisons.


Le ministre Baba Berthé a demandé à l’entreprise de s’employer à livrer les deux périmètres avant le début de l’hivernage.


Si les populations de Bakoye et de Bafoulabé attendent avec impatience la livraison des périmètres cultivables, une situation des plus révoltantes se joue à Manantali dans le périmètre B situé dans la commune rurale de Bamafélé. Plusieurs partenaires techniques et financiers comme le Fonds saoudien de développement, le Fonds koweitien de développement économique et arabe, l’OPEP et la Banque islamique de développement (BID) ont contribué à l’aménagement de ce périmètre B pour un montant de plus de 6 milliards Fcfa. Le périmètre a été livré à l’exploitation en 2009.



La délégation a constaté qu’il est exploité à moins de 10% de son potentiel. Or l’aménagement de ce périmètre résulte d’une forte demande des populations installées en aval du barrage de Manantali. Les exploitants bénéficient de l’appui technique des agents de l’Agence de développement rural de la vallée du fleuve Sénégal (ADRS) pour mieux exploiter le périmètre.


Mais depuis 2009, soupirent des responsables et agents d’encadrement, les paysans n’exploitent pas à fond cette superficie aménagée. D’ailleurs certains paysans du village de Bamafélé n’ont pas trouvé mieux que d’ériger une partie du périmètre en carrière de banco pour confectionner des briques en terre. D’autres ont érigé des petites parcelles sur les abords du réseau d’irrigation en béton pour cultiver des légumes. Ils puisent l’eau du canal pour arroser leurs planches et laissent les herbes envahir le périmètre.


De Bamafélé, la délégation s’est rendue à 7 kilomètres plus loin en aval du barrage du Manantali pour visiter le bassin de stockage de 20 millions de mètres cubes d’eau. Cette eau sert à irriguer un périmètre de 650 hectares.


A l’issue de la visite, ministre Baba Berthé a déploré la situation du périmètre B et promis de réunir les responsables des services techniques pour y trouver une solution. Des voix se sont élevées pour suggérer qu’une bonne partie du périmètre soit affectée à des promoteurs de l’agro-business. Le ministre a observé que c’est extrêmement douloureux de voir un investissement de 6 milliards Fcfa ainsi sous-exploité.


L’étape suivante de la visite de la délégation a été les villages de Niantasso et Tambaga (cercle de Kita). A Niantasso, elle a visité un bas-fonds de 50 hectares aménagé par le Projet de développement rural intégré du cercle de Kita (PDRIK) en 2008. L’aménagement qui a coûté 60 millions Fcfa financés par le fonds de l’OPEP et le gouvernement. Le périmètre en submersion contrôlée est exploité par les femmes.


Les populations ont saisi l’opportunité de la présence du ministre de l’Agriculture pour lui présenter une doléance d’une toute autre nature. Elles lui ont demandé d’intercéder auprès de son homologue de la Santé pour situer les raisons pour lesquelles le centre de santé communautaire n’est toujours pas fonctionnel depuis 7 ans. Ce centre a été construit et équipé par le PDRIK. Les populations ont versé leur caution auprès du centre de santé de référence de Kita et attendent toujours l’ouverture de l’établissement sanitaire.


De fait, tous les cas sérieux de malades sont envoyés à Kita, ville distante de 110 kilomètres sur une voie qui n’est pas praticable durant l’hivernage. Les femmes en grossesse paient le plus lourd tribut à cet état de fait. Car, pour celles qui présentent des complications, il n’y a aucune autre solution que de les évacuer sur Kita dans des conditions pénibles et périlleuses.


A Tambaga, village situé à 38 kilomètres de Kita, le centre d’alphabétisation fonctionnelle pour les femmes a aussi été construit sur financement du PDRIK. Le marché de construction de 42 centres d’alphabétisation fonctionnelle pour un coût total de 315 millions Fcfa a été décroché par deux entreprises locales Seno BTP et Mokoni. L’entreprise Seno BTP est en retard sur 10 lots (soit 10 centres d’alphabétisation) et Mokoni devrait livrer 7 centres.


Depuis 2009, ces deux entreprises n’arrivent pas à livrer les centres alors que le délai d’exécution était fixé à 4 mois.


Le ministre de l’Agriculture Baba Berthé a achevé cette première sortie de terrain sur ces constats de contreperformances. Il a promis de concerter rapidement qui de droit pour trouver trouver une solution à ces équations qui freinent le développement local.

M. COULIBALY

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