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Malitelda : euh, Ami Kane est passée par là !
Publié le mercredi 1 fevrier 2017  |  Le Reporter
Réunion
© aBamako.com par A S
Réunion du Gouverneur de Bamako, Amy Kane sur les incidents suite aux dégerpissements
Le Gouverneur de Bamako, Amy Kane a tenu une réunion sur les incidents suite aux déguerpissements.
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L’opération de déguerpissement des artères de la ville de Bamako a repris du service, après le sommet Afrique-France. La rue dénommée Malitelda en a fait les frais le 24 janvier (nuitamment).
L’opération ville propre, initiée par le gouvernement et pilotée par le gouverneur du District de Bamako, est entrée dans une nouvelle phase. L’espace aménagé aux abords de la rue dénommée «Malitelda» par la société téléphonique Malitel, au profit de petits entrepreneurs, est estimé à plus de 15 millions. Ils y sont des milliers à travailler pour gagner leur quotidien. N’ayant pas été avisés avant la démolition de leurs kiosques de vente, les occupants de Malitelda se plaignent du mépris dont ils sont victimes.

Selon Lassine Sinayogo, président du comité de gestion de l’espace Malitelda, «la démolition de notre lieu de travail n’a rien à voir avec le sommet Afrique-France et encore moins une quelque utilité de propriété». «Ami Kane devait aviser les gens au lieu de casser les biens de personnes qui se sont longtemps battues pour conserver leur dignité et rester de citoyens exemplaires. Elle savait pertinemment qu’elle n’oserait pas se pointer en plein jour pour démolir cet espace qui fait vivre des milliers de gens sans les avoir prévenus», fulmine-t-il.

Et à M. Sinayogo d’ajouter que Ami Kane aurait dû approcher les responsables de Malitel, puisque ce sont eux qui ont aménagé les lieux pour les petits entrepreneurs. Tel n’a pas été le cas et tout le monde a été pris au dépourvu. «Comprenez que parmi nous, ils sont nombreux les expatriés qui ont pu s’insérer économiquement. En quoi, cette action contribuerait à une quelconque stabilisation de ces personnes qui ont été chassées de l’extérieur et qui subissent le même sort au Mali. Les autorités sont en train d’ouvrir d’autres braises qui peuvent se relever plus dangereuses que les terroristes», met en garde le secrétaire à l’organisation du comité de gestion de Malitelda.

Pour Ibrahim Diarra, un occupant de l’espace Malitelda, la manière de faire laisse à désirer. Certes, il est difficile d’opérer le changement, mais il se fait avec organisation et méthode, ce qui est loin d’être le cas lorsque les bulldozers sont venus démolir l’espace Malitelda. «Nous sommes tous des Maliens, alors, pourquoi ne pas communiquer pour éviter ce genre de désagrément. Cela explique l’insouciance des autorités quant à l’emploi des jeunes. C’est quand même paradoxal pour un président qui dit vouloir créer 200.000 emplois pour faire face au chômage des jeunes.

Le Mali n’a pas d’usine de fabrication de la plupart des produits que nous nous vendons. Même les vitres qu’ils sont venus casser sont importées et la perte incombe à tout le monde. Nous ne sommes pas contre la démolition, mais qu’on nous prévienne afin que nous puissions prendre nos mesures avec l’accompagnement des autorités», peste Ibrahim Diarra. Et d’ajouter : «Le Mali n’est pas le seul pays à prendre de telles mesures. Il suit la Côte d’Ivoire et le Sénégal, mais aucun de ces pays n’a causé autant de torts à sa population, comme le fait actuellement le Mali».

Gabriel TIENOU
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