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Situation sécuritaire explosive dans le nord et le centre du Mali: Signature par la France et le Mali de conventions de financement sur la sécurité humaine et le développement dans le nord du Mali
Publié le mercredi 22 fevrier 2017  |  Le Républicain
Diner
© aBamako.com par A.S
Diner d`adieu des diplomates en mission au Mali
Bamako, le 17 aout 2015. Le ministre des affaires étrangères et de la Coopération Internationale, Son Excellence Abdoulaye DIOP a organisé un diner d`adieu en l`honneur des diplomates en fin de mission dans notre pays.
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Le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine de la République du Mali, Abdoulaye DIOP, l’Ambassadrice de France au Mali, Mme Evelyne DECORPS, et la Chargée d’Affaires de la délégation de l’Union européenne au Mali, Mme Manuela RICCIO, ont signé les conventions de financement relatives au projet « Sécurité Humaine et Développement dans le Nord du Mali », pour un montant de 12,5 milliards de FCFA. Cette signature qui a eu lieu le 20 février, intervient au moment où les régions concernées par le projet échappent à tout contrôle, en prise à une insécurité sans commune mesure, au point qu’on s’interroge sur sa mise en œuvre rapide.

Au nord du Mali (les régions de Gao, Tombouctou, Kidal, Menaka et Toudénit), la situation sécuritaire échappe à tout contrôle. Cette insécurrité rampante, frolant l’anarchie, s’est progressivement étendue sur les territoires du centre (cercles de Niono, Douentza, Koro, Bankass, Bandiagara, Youwarou et Tenenkou), frappant au quotidien, les populations civiles et militaires. Aux attaques et attentats devenus fréquents, se greffent des conflits aux relants ethniques et intercommunautaires, avec son cortège de tueries, en l’absence de toute autorité pouvant exercer les prerogatives de puissance publique.

Les armes sont utilisées illégalement, par les groupes incontrôlés et par des populations (le tout illegalement), là où elles ont fait le constat d’abandon de l’Etat, avant de décider de prendre leur destin en main et d’organiser leur propre défense. L’Etat a disparu dans de nombreuses localités maliennes du nord et du centre, le gouvernement n’y exerçant aucune souveraineté. C’est le constat accablant dressé par les participants à la « rencontre d’échanges sur la situation sécuritaire dans la région de Mopti et dans les cercles de Ké-Macina et Niono », que le Parti pour la Renaissance nationale (Parena) a organisée le 19 février 2016, à la Maison des Ainés de Bamako.

Ce n’est que redondance que de dire que l’Etat malien a montré ses limites, pour ne pas dire son incapacité à rétablir l’ordre et la sécurité au nord et au centre du Mali. Presqu’à l’usure face à une guerre asymétrique des Jihadistes, qui n’a que trop duré, à laquelle s’ajoutent désormais des conflits entre communautés peulh et Bambara, l’Etat est aux abonnés absents, revenant seulement sous forme de mission gouvernementale, pour constater les dégâts.

Ce vide (la nature a horreur du vide) s’est traduit par le renforcement du sentiment d’abandon chez les populations.
C’est dans un tel contexte d’insécurité récurrente échappant à tout contrôle, et de désolation générale, qu’est intervenue le 20 février 2017, la signature par le Mali, la France et l’Union européenne, de conventions de financement en faveur de la sécurité humaine et du développement dans le nord du Mali pour un montant de 12,5 milliards de FCFA.

Le Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de l’Intégration Africaine de la République du Mali, Abdoulaye DIOP, l’Ambassadrice de France au Mali, Mme Evelyne DECORPS, et la Chargée d’Affaires de la délégation de l’Union européenne au Mali, Mme Manuela RICCIO, ont signé les conventions de financement relatives au projet « Sécurité Humaine et Développement dans le Nord du Mali », selon un communiqué déposé à notre rédaction.

Le projet « Sécurité humaine et Développement dans le Nord du Mali » ou « SDNM Phase 2 » vise à contribuer à l’amélioration rapide des conditions de vie des populations et à la reprise de l’activité économique locale dans les régions de Tombouctou, Gao, Kidal, dans les futures régions de Ménaka et de Taoudéni et dans une partie de la région de Mopti (cercles de Douentza, Koro, Bankass, Bandiagara, Youwarou et Tenenkou) par la réalisation d’infrastructures à mise en œuvre et impact rapides, poursuit le communiqué. Ces infrastructures sont socio-économiques : réseaux électriques et groupes électrogènes ; ouvrages hydrauliques (forages, puits maraîchers et pastoraux, barrages filtrants, retenues d’eau) ; construction de marchés et parcs à bétail ; réhabilitation et réalisation de pistes.

Elles sont également sociales : réhabilitation d’écoles primaires et de centres de santé communautaires. « A la faveur du processus de décentralisation placé au cœur de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger, les projets seront identifiés et mis en œuvre sous la maîtrise d’ouvrage des collectivités territoriales (communes, cercles et régions), avec l’appui d’opérateurs internationaux pour les accompagner à chaque étape de leur réalisation », indique le communiqué. Au-delà de satisfaire les besoins les plus urgents exprimés par les communautés, de soutenir l’activité économique par la création d’emplois, et de faciliter l’investissement public dans les zones fragilisées par le conflit, ces projets permettront de renforcer le dialogue et le lien social grâce à un processus participatif de sélection des investissements.

Ce projet « SDNM Phase 2 » intervient après la mise en œuvre du projet « Sécurité et Développement au Nord du Mali – Phase 1 » d’un montant de 656 millions de FCFA (1 million d’euros), financé à hauteur de 75% par l’Agence Française de Développement et de 25% par l’Agence Nationale d’Investissements des Collectivités Territoriales (ANICT).

Ce dernier projet a notamment permis de financer l’acquisition de deux groupes électrogènes, la réhabilitation ou la construction de six centres de santé, la construction de quatre ouvrages hydrauliques apportant ainsi aux populations de la région de Kidal, les premiers dividendes de la paix après la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger, les 15 mai et 20 juin 2015. « La phase 2 de ce projet, objet de la présente signature, représente un montant total de 12,5 milliards de FCFA (19 millions d’euros) et est financée à hauteur 8,5 milliards de FCFA (13 millions d’euros) par l’Union Européenne, de 3,3 milliards de FCFA (5 millions d’euros) par la France via l’Agence Française de Développement et de 656 millions de FCFA (1 million d’euros) par la République du Mali », précise le communiqué.

B. Daou
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