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L’Essor N° 17388 du 8/3/2013

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Grève dans les médias : Kiosques vides, silence radio
Publié le mercredi 13 mars 2013  |  L’Essor


© AFP
La presse malienne
Un homme en train de lire ses journaux


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La grève déclenchée depuis hier par les associations de la presse a été suivie par la quasi totalité des organes. Elle ne finira que lorsque notre confrère du Républicain, Boukary Daou, aura été libéré

Mamadou Kida n’a ouvert les grandes portes de son kiosque que vers 10 heures hier matin. D’habitude, il est plutôt matinal parce que les livreurs de journaux passent dès l’aube. D’un geste nonchalant, il ouvre un petit débarras situé au fond de sa boutique. Il y entre et essaie, sans grand enthousiasme, de mettre un peu d’ordre dans le fatras d’invendus de la veille. Dans l’enceinte, tout est vide, pas un seul journal n’est affiché sur les étrangères de son commerce situé au Quartier du fleuve en face de la direction régionale de la Caisse nationale de la sécurité sociale (ex-caisse des retraites).

Volontairement, il s’est même gardé d’exposer à l’attention de ses clients les titres étrangers notamment Jeune Afrique qui est pourtant très demandé. La livraison de l’Essor est rangée dans une cantine déposée à portée de main. Quand on lui demande pourquoi, il répond clairement qu’il est solidaire de « la famille de la presse » dans laquelle il travaille depuis toujours. Il avait raison car son commerce repose sur la vente des journaux.

Pendant qu’il pose pour notre photographe qui fixe ce décor désenchanté, un client arrive. Comme d’habitude, il reste derrière le volant de son fourgon pour balayer d’un regard interrogateur les étagères vides sur lesquelles sont d’ordinaire rangées les différentes publications. Mais ce jour, c’est à dire hier, rien n’est affiché. Alors, il interroge le tenancier du kiosque : « Mais, comment ? Il n’y a pas de journaux aujourd’hui ? » Son interlocuteur lui répond par la négative expliquant que la presse fait la grève aujourd’hui. Il hausse la tête, redémarre et s’éloigne.

Comme lui, beaucoup d’amateurs de nouvelles fraiches sont passés aux points de vente des journaux pour connaître les dernières évolutions de la situation dans le Septentrion de notre pays ou encore, comme le quotidien national le relatait, le séjour du président Traoré à Nouakchott, en Mauritanie. Mais, leur surprise a été grande de constater que le kiosque de Kida, bien qu’ayant ouvert ses portes, est vide de journaux. Le tenancier du kiosque s’efforce avec force conviction d’expliquer à ses clients que la presse écrite privée n’a paru. Parce que les organes de presse, sous la direction de la Maison de la presse, ont entamé une grève illimitée jusqu’à la libération de Boukary Daou, un journaliste du quotidien « Le Républicain » interpellé mercredi dernier par la sécurité d’Etat. Depuis, il y est incarcéré.

« On est tous mort !», fulmine volontairement Sambi Touré, installé derrière un ordinateur de la salle de rédaction du quotidien Infos matin. D’autres journalistes surfaient sur le net « pour meubler le temps ». Directeur de publication de son organe, il navigue d’un site à un autre pour s’assurer que les 200 titres de la place ont respecté le mot d’ordre de grève. « C’est la cas », se félicite-t-il avant de saisir son téléphone pour tenter de joindre de Mahmoud Dicko, le président du Haut conseil islamique du Mali chargé d’intercéder auprès des autorités de la Transition la libération de notre confrère embastillé.

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