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La France change d’ambassadeur en pleine guerre du Mali
Publié le jeudi 21 mars 2013  |  AFP


© aBamako.com par as
L`Ambassadeur de la France Christian Rouyer reçu en audience par le président par interim Dioncounda Traore.
Jeudi 11 octobre 2012. Bamako. Résidence du président par interim Dioncounda Traore.


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PARIS - Valse de diplomates au beau milieu d’une guerre: Paris a annoncé mercredi la nomination d’un nouvel ambassadeur au Mali, dernier épisode en date d’une série de changements abrupts de têtes au sein du département Afrique du ministère des Affaires étrangères.

L’ambassadeur de France à Bamako, Christian Rouyer, en poste depuis seulement deux ans, a été rappelé par Paris qui a proposé au Mali la nomination de Gilles Huberson, diplomate atypique au passé militaire, qui pilotait depuis février une nouvelle cellule consacrée au Mali et au Sahel.

Christian Rouyer, 63 ans, était réputé pour son franc-parler et plutôt apprécié des autorités, de la classe politique et de la société civile maliennes. Il était partisan de l’intervention militaire française pour stopper la progression des jihadistes vers le sud du pays.

Ce changement d’ambassadeur intervient alors que la France est engagée militairement depuis le 11 janvier au Mali, où elle a déployé 4.000 soldats.

"En pleine guerre, ça fait peut-être un peu bizarre", reconnaît une source au ministère, mais "à situation de crise, dispositif de crise", martèle-t-on.

Officiellement, le Quai d’Orsay n’a donné aucune raison au changement d’ambassadeur, mais plusieurs responsables, sous anonymat, ont recours à une argumentation qui tranche avec les us et coutumes du ministère. "C’est comme dans une entreprise, quand le patron juge qu’il faut telle personne pour tel poste", résume une de ces sources.

"La période qui s’ouvre au Mali va être extrêmement complexe à gérer, notamment sur le plan du dialogue politique, et il nous faut les meilleures équipes au meilleur endroit", indique une autre source. "Bien sûr, j’imagine que ce n’est pas très agréable pour M. Rouyer, mais il ne s’agit en aucun cas de sanction disciplinaire ou pour incompétence", assure-t-elle.

La valse des diplomates

Le rappel de l’ambassadeur à Bamako est le point d’orgue d’une valse récente de plusieurs diplomates travaillant sur les dossiers malien et sahélien.

Il y a quelques semaines, le sous-directeur en charge du Mali, Laurent
Bigot, et le représentant spécial pour le Sahel, Jean Félix-Paganon - proposé jeudi comme ambassadeur au Sénégal -, ont été évincés.

En octobre, la responsable de la direction Afrique et Océan Indien du Quai Elisabeth Barbier avait aussi été écartée et nommée ambassadrice en Afrique du Sud.

"Ca chauffe au Quai d’Orsay!" s’amuse Axel Poniatowski, député de l’opposition de droite et membre de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, qui avait récemment interpellé le ministre Laurent Fabius sur les changements soudains au sein de son ministère.

"Dans sa réponse, M. Fabius avait laissé entendre que c’est lui qui prend les décisions. Il semble bien qu’il y a une reprise en main", estime le député.

"Fabius a du mal avec les fortes personnalités qui n’ont pas le doigt sur la couture du pantalon", confirme un diplomate sous couvert d’anonymat.

Le ministère des Affaires étrangères a démenti toute "purge" au sein de son administration et insiste sur la particularité de chaque cas.

Si M. Bigot a été débarqué pour s’être trop ouvertement démarqué de la stratégie française au Mali - "l’affaire Bigot, c’est une question de loyauté", indique une source au Quai -, les autres changements s’inscrivent dans le cadre "d’un mouvement concernant plusieurs postes africains", selon le porte-parole Philippe Lalliot.

Ainsi, outre la nomination de M. Félix-Paganon à Dakar, deux postes pourraient changer prochainement, au Bénin et au Tchad, et revenir à des femmes, selon une source diplomatique.

cf-prh/fm

Par Cécile

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