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L’Essor N° 17397 du 21/3/2013

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Ressources diamantifères : Des indices prometteurs
Publié le samedi 23 mars 2013  |  L’Essor


© Autre presse par DR
Ressources diamantifères : Des indices prometteurs


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Notre pays ne produit pas encore des diamants mais les résultats d’anciennes études situent le potentiel à plusieurs millions de carats

Le sous-sol malien n’a jamais été aussi attractif qu’aujourd’hui. Cet intérêt s’est traduit par l’ouverture de 8 grandes mines d’envergure internationale exploitées par de grandes multinationales. Ce sont, la Société d’exploitation des mines d’or de Sadiola (SEMOS), les sociétés minières de Yatela, Morila, Loulo, Syama, Yalea, Kalana et Gounkoto. A côté de ces poids lourds se sont parallèlement développées de nombreuses initiatives nationales, dont la plus en vue est la société minière Wassoul’or. Son usine, conçue avec 75% de capitaux nationaux, a été inaugurée en février dernier.

La production annuelle moyenne d’or du pays est estimée à environ 50 tonnes. Ce qui fait de l’or, le premier produit commercial de notre pays représentant 71% des exportations.

L’abondance du métal jaune dans le sous-sol malien a attiré de nombreux investisseurs. Mais notre pays devra compter un jour avec l’épuisement des ressources aurifères. C’est pourquoi, ces dernières années des politiques sont entreprises par le département des mines pour la recherche et la mise en valeur de nouvelles ressources minières et minérales. « Notre ambition est d’en finir avec la monoculture de l’or », répétait à l’envi récemment le ministre des Mines. Certes, l’on est encore loin de cette diversification souhaitée. Mais la création récente du Bureau d’expertise, d’évaluation et de certification du diamant brut (BEECDB) et les démarches en cours pour faire adhérer notre pays au processus de Kimberley, procèdent de ces nouvelles orientations.

La recherche de diamant ne date pas d’aujourd’hui. Les récits de ramassage de pipes kimberlites ou de diamants alluvionnaires jalonnent l’histoire d’un secteur lucratif mais artisanal.

Pourquoi la création de ce Bureau ? Parce que notre pays dispose d’une très grande potentialité de kimberlites qui mérite d’être portée à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, indique Mohamed Keita, le directeur général du Bureau d’expertise, d’évaluation et de certification du diamant brut.

Entre 1954 et 1957 de nombreuses recherches effectuées par la Direction Fédérale des Mines et de la Géologie ont, en effet, enregistré la découverte d’un diamant de 98 carats dans le placer de Sansanto, le long de la rivière de Doundé. On a aussi trouvé des pipes de diamant dans les alluvions de vastes zones où les kimberlites ne sont pas connues, notamment dans des zones proches de la falaise de Tambouara et dans la zone de Kéniéba. L’autre zone où de nombreuses découvertes ont été réalisées, hors de toute identification de gîtes primaires, est le secteur de Yanfolila.



TROIS REGIONS DIAMANTIFERES. Une étude récente publiée par le Département américain de la géologie et la Direction nationale de la géologie et des mines (DNGM), distingue trois zones de grandes potentialités diamantifères. Il s’agit des zones de Bougouni, de Kéniéba et de … l’Adrar des Ifoghas où se déroule actuellement la grande offensive contre les terroristes et narcotrafiquants.

Les kimberlites de notre pays sont situées dans des périmètres vastes de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Les premières découvertes de diamants dans notre pays remontent aux années 50. Ils ont été trouvés par des orpailleurs. Suite à ces découvertes, 21 kimberlites ont été identifiées dans le cadre de travaux d’exploration réalisés jusqu’en 1984. Ces découvertes ont suscité beaucoup d’intérêt aussi bien chez les autorités qu’au sein d’éventuels investisseurs. Selon les résultats, les indices diamantifères découvertes dans notre pays sont estimées à environ 2,3 millions de carats.

Aujourd’hui, le BEECDB travaille à promouvoir un secteur Il a conduit récemment une visite sur les sites diamantifères de la zone de Kéniéba en prélude à l’arrivée dans notre pays d’experts du Processus de Kimberley, explique le directeur du BEECDB. Cette prise de contact avec les acteurs lance les activités de sensibilisation et de communication qui s’étendront dans les jours à venir à l’ensemble des sites diamantifères répertoriés dans notre pays, précise Mohamed Keita.

Durant quatre jours, les responsables du BEECDB ont sillonné les sites de Kéniéba où ils ont rencontré les mineurs de diamant sur les placers de Sansanto et Banankoto et dans la commune de Sitakily. Ils ont également visité la laverie de Mahinamine avant de s’entretenir avec les autorités administratives des différentes localités.

Le Mali est-il un « pays en diamant » ? Absolument, assure Ibrahim Yattara, chef de mission au BEECDB. « Certes le pays n’est pas encore producteur de diamant. Mais des informations nous ont été rapportées sur des orpailleurs qui détiendraient des pipes de diamant. C’est dire que le constat fait sur le terrain est plus que prometteur. Le secteur est encore à l’état primaire. Il est tout simplement informel. Nous avons rencontré des gens disposés à s’investir pleinement pour la promotion du secteur », confie Ibrahim Yattara.

Si le diamant a été la cause de nombreux conflits sous d’autres latitudes, chez nous beaucoup de préjugés entourent encore cette pierre précieuse. Le BEECDB travaille à lever ces équivoques, rassurer les populations tout en les guidant dans la commercialisation de leur produit. Ibrahim Yattara, se félicite de l’intérêt que suscite la création du Bureau auprès des communautés.

L. DIARRA

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