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Suite à la volonté de Mali-lait de baisser le prix de cession du litre de lait de 400 à 350 FCFA : Les producteurs de lait menacent de verser toutes leurs productions sur les grandes artères de Bamako
Publié le lundi 5 juin 2017  |  Le Pays
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En réponse à l’avis de la direction de l’Industrie laitière de Bamako (Mali-lait) en date du 31 mai dernier relatif à la diminution du prix de cession du litre de lait de 400 à 350 FCFA, le président de la Chambre régionale d’agriculture du district de Bamako (CRA-DB) et non moins 5ème vice-président de l’APCAM, Sanoussi Bouya Sylla a animé, le vendredi 2 juin, dans ses locaux, une conférence de presse afin d’exprimer ses inquiétudes par rapport à cette mesure qu’il juge unilatérale et le désaccord de l’ensemble des producteurs laitiers de la capitale sur la question.

C’était en présence du délégué de la chambre d’agriculture à l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM), Mahamadou Sylla.



Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de réforme économique, le gouvernement malien a initié un programme de désengagement de l’Etat communément appelé programme d’ajustement structurel. Ce programme visait notamment la limitation du nombre des entreprises publiques à celles jugées stratégiques permettant ainsi une meilleure utilisation des ressources de l’Etat, la dynamisation de l’économie nationale en favorisant le développement du secteur privé dans les différentes branches d’activités, la mobilisation de l’épargne vers les investissements productifs.

Selon le conférencier, c’est dans ce souci qu’en 1994 l’Etat malien a décidé de céder l’Union laitière de Bamako (ULB). Ce, après un appel d’offres et conformément à un cahier de charge dans lequel le repreneur devait se soumettre à un certain nombre d’exigences. « Concernant spécifiquement la cession de l’ULB, qui est une unité industrielle dont la matière première essentielle est le lait, la politique générale de sélection des repreneurs doit tenir compte des options stratégiques du schéma directeur du développement rural. En conséquence, la politique de valorisation et de transformation des produits agricoles doit constituer un des critères de choix des repreneurs de l’ULB », a-t-il rappelé.

Ainsi, dit-il, un opérateur économique libano-malien a repris les activités de l’ULB en 1994 qui est devenu depuis l’industrie laitière de Bamako (Mali lait). A le croire, le nouvel acquéreur devait poursuivre et développer les activités de production et de commercialisation du lait dans les meilleures conditions économiques ainsi que de réduire le poids de la gestion des entreprises publiques sur les finances publiques.

Pour le conférencier, bien que les charges liées à la chaîne de production du lait aient montées à une vitesse exponentielle, le prix de cession du litre de lait n’a pas suivi la même trajectoire. Et d’ajouter que durant toutes ses années les producteurs ont fait des investissements considérables pour améliorer la chaîne de production contrairement à l’industrie laitière de Bamako (Mali lait) qui n’a apporté aucune réforme nécessaire pour développer l’industrie du lait en particulier les travaux d’extension de son unité. Pour confirmer cette assertion, M.Sylle dira que le nouvel acquéreur a même transformé le site prévu pour l’extension de l’unité en une usine de production de fer en particulier le fer à béton. « Cela signifie que les responsables de Mali lait n’ont pas l’ambition de développer l’industrie du lait qui fait vivre des milliers de Maliens », a-t-il déploré.

A l’entendre, la goutte d’eau qui a débordé le vase c’est lors qu’à travers un avis en date du 31 mai la direction de Mali lait a pris unilatéralement de faire baisser le prix de cession de 400 à 350 FCFA. « Dès le lendemain, j’ai adressé une lettre à la direction de Mali lait pour notifier mon opposition et celle de l’ensemble des producteurs de lait de la capitale. Cette décision a été prise par la société sans au préalable informer les acteurs impliquées dans la gestion de la filière », a-t-il martelé.

Par rapport à la question relative au refus de Mali lait de se soumettre aux injonctions des producteurs de lait, il est formel : « Notre position est non négociable. Pas question de céder un franc sur le prix du litre de lait. Si la direction de Mali lait s’entête à maintenir sa décision de baisser le prix, nous allons verser toute notre production de lait sur les grandes artères de la capitale pour ainsi montrer notre mécontentement et notre détermination à aller jusqu’au bout de ce combat. Nous préférons verser le lait plutôt que de le vendre à 350 FCFA le litre ».

D’après le président de la CRA-DB, le dessein de Mali lait à travers cette prise de position c’est de décourager les producteurs de lait. Toute chose qui impactera sur la production afin de trouver des arguments auprès des pouvoirs publics pour importer du lait en poudre. « Le développement de la filière lait contribue à la création de l’emploi et à la redynamisation de l’économie malienne, le seul secteur que le Mali contrôle effectivement. L’importation du lait en poudre coûte à notre pays plus de 20 milliards de FCFA. En développant le secteur ce montant peut servir à générer d’autres opportunités », a-t-il conclu.

MAMA PAGA



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