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Prisonniers jihadistes : La justice refuse les demandes de liberté provisoire
Publié le mercredi 3 avril 2013  |  Le Procès Verbal




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La question des combattants faits prisonniers depuis janvier 2012, date l’invasion du nord du Mali par les forces rebelles, reste sensible. En avril 21012, le Haut Conseil Islamique, sous la férule de son président Mahmoud Dicko, a pu obtenir du chef jihadiste, Iyad Ag Ghaly, la libération de 169 militaires maliens capturés par ses hommes. La cérémonie de remise de ces prisonniers à l’Etat malien a eu lieu, le 17 avril 2012 à la base aérienne de Bamako, sous la présidence du Président de la transition Dioncounda Traoré. Les émissaires du Haut Conseil Islamique qui ont été reçus par Ag Ghali et à qui il a remis les détenus sont les oulémas MouhazéHaïdara et YacoubaSiby. On sait cependant que 79 militaires maliens restent détenus par le mouvement séparatiste touareg MNLA. Ils ont été visités, en juillet 2012, à Tinzawaten, par des membres de la Croix Rouge. Il semble qu’ils servent aujourd’hui de boucliers humains aux irrédentistes et aux jihadistes en déroute.

Démentant des informations diffusées par la chaîne de télé qatarie Al-Jaziraselon lesquelles 12 soldats maliens avaient été enlevés par les islamistes lors de combats au nord du Mali, le ministre malien de la défense, le colonel-major Yamoussa Camara a soutenu qu’aucun soldat malien n’a été fait prisonnier depuis le début de l’opération Serval, le 11 janvier 2013.

Dans notre dernière livraison, nous révélions que quelque 200 jihadistes ont été faits prisonniers par les forces franco-maliennes depuis janvier 2013.Vu le nombre élevé de prisonniers, le ministère de la justice, qui les a reçus des mains de l’armée, les a confiés à deux juges d’instruction de la commune 3 de Bamako. Il s’agit du juge Mahamadou Kassogué et de son collègue Mohamed Ag Haoussa. Le choix de Kassogué semble surtout lié à sa grande rigueur et celle d’Ag Haoussa à sa connaissance des dialectes et des moeurs des détenus, étant lui-même ressortissant du grand nord. Presque chaque semaine, on assiste à un ballet des détenus dans la cour du tribunal de la commune 3 en vue de leurs auditions et confrontations par le juge. Un justiciable curieux, qui a pu un jour discrètement approcher un des prisonniers avant son admission dans le bureau du juge, lui a arraché ces ces mots qui en disent long sur son moral: « Je suis colonel du MNLA; je n’ai pas peur d’un tribunal! ».

Or donc, il y a deux semaines, les détenus ont déposé des demandes de mise en liberté provisoire. Le parquet s’y est opposé, bien entendu, et les demandes ont été rejetées. Il est vrai qu’il serait très hasardeux de libérer ces messieurs alors que la guerre bat encore son plein. Ils ne présentent aucune garantie permettant de croire qu’ils se représenteront, dès que de besoin, devant le juge d’instruction; ensuite, leur libération risque de troubler l’ordre public. Sans compter qu’ils pourraient aller renforcer les rangs des insurgés.

En attendant leur jugement, une source judiciaqire nous apprend que les armes qui ont été saisies sur eux, lors de leur arrestation, ont été, non pas placées sous scellés comme on le ferait dans uneprocédure normale, mais plutôt redistribuées à l’armée malienne qui en a bien besoin. Quand nous nous en sommes étonnés, un haut cadre de la justice nous a rétorqué en souriant: « Vous croyez que tous les soldats maliens possèdent un fusil? ». Y a-t-il des avocats commis pour la défense des prisonniers ? A cette question, nous n’avons pu avoir de réponse certaine. Un avocat malien, qui avait été pressenti pour assurer leur défense, nous a confié avoir renoncé au projet puisqu’il be sait pas qui va payer ses honoraires. Un membre du conseil de l’ordre nous a déclaré que le conseil n’a pas encore été sollicité pour la commission d’office d’avocats, comme cela se fait au profit des inculpés nécessiteux. Or il va bien falloir trouver des avocats pour les jihadistes, les procédures en cours étant hautement criminelles.

Tiékorobani

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