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Justice : Lancement des travaux d’une nouvelle maison d’arrêt à Kéniéroba
Publié le mardi 22 aout 2017  |  L’Essor
Conférence
© aBamako.com par Momo
Conférence de presse de L`avocat Me Mamadou Konate sur l’Affaire Birama Touré
Bamako, le 04 mars 2016 L`avocat du dossier Me Mamadou Konate et le président du comité de soutien Kassim Traoré étaient devant la presse
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Elle aura une capacité d’accueil de 2 500 détenus environ. Implantée sur une superficie de 6 ha, elle comprend un bâtiment administratif, un quartier exceptionnel de 48 chambres pour 72 places au maximum, 8 quartiers de 16 cellules, 4 isoloirs

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mamadou Ismaïla Konaté, accompagné d’une forte délégation, a posé hier la première pierre de la nouvelle maison d’arrêt de Bamako au village de Kéniéroba, se trouvant à environ 70 km de la capitale sur la route N 5 et à 20 km de Kangaba, dans la région de Koulikoro.

Située en plein centre-ville de Bamako, la prison centrale d’arrêt de la capitale constitue aujourd’hui un danger pour les populations en cas d’émeutes ou d’autres situations pouvant nécessiter l’intervention des forces extérieures. La construction de ce nouvel édifice consiste donc à remédier à ces problèmes et à l’insuffisance de capacité d’accueil de la maison d’arrêt existante. La nouvelle prison qui sera construite conformément aux normes internationales permettra d’offrir un meilleur cadre de vie aux pensionnaires et de préparer leur réadaptions, leur rééducation et leur réinsertion sociale.

Le coût de l’édifice s’élève à plus de 8, 897 milliards de Fcfa sur financement du budget national, pour un délai de réalisation de 24 mois. Les études techniques architecturales et le suivi des travaux sont confiés au bureau d’études et d’architecture Tanagra Sarl. C’est l’entreprise ECGF qui est chargée de l’exécution des travaux.

Le maire de la commune de Bancoumana de laquelle fait partie le village de Kéniéroba a déclaré que sa localité s’y connait un peu en matière d’administration pénitentiaire avec le centre pénitencier qu’il abrite. Cependant, a-t-il dit, l’effet de psychose s’est installé lorsque la population a appris la construction de cette nouvelle maison d’arrêt où seront transférés les prisonniers de Bamako. «On peut comprendre cette inquiétude sachant qu’une prison regorge de toutes sortes de personnes avec tous les risques que cela peut entraîner pour un village non loti et non éclairé avec très peu d’infrastructures», a exprimé Bakary Magada Camara, tout en sollicitant la réalisation des infrastructures nécessaires à la hauteur du projet.

Le directeur national adjoint de l’Administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, le colonel Abdoulaye Idrissa Maïga, a rappelé que la maison centrale d’arrêt de Bamako, conçue initialement pour recevoir 400 pensionnaires toutes catégories confondues, fut construite en 1950. Cependant elle compte aujourd’hui 1843 détenus dont 494 condamnés. «Aujourd’hui à cause de l’urbanisation grandissante de la ville de Bamako, la maison centrale d’arrêt de Bamako s’est retrouvée en plein centre-ville posant du coup un réel problème de cohabitation et de sécurité», a souligné le colonel Abdoulaye Idrissa Maïga. Il a aussi expliqué que le choix du pénitencier agricole de Kénioroba comme site d’implantation de cet établissement pénitentiaire n’est pas fortuit. En effet, ce centre est l’un des 4 centres pénitenciers à vocation agropastorale du Mali. Situé environ à 70 km de Bamako, le camp pénitencier de Kénioroba dispose d’une parcelle de 193 ha faisant l’objet du titre foncier n° 133 du cercle de Kati affectée à l’administration pénitentiaire.

Quant à l’architecte Gaoussou Tangara, il a affirmé que la nouvelle maison d’arrêt de Bamako à Kénioroba aura une capacité d’accueil de 2 500 détenus. Implantée sur une superficie de 6 ha, elle comprend un bâtiment administratif, un quartier exceptionnel de 48 chambres pour 72 places au maximum, 8 quartiers de 16 cellules, 4 isoloirs. Avec les commodités usuelles telles que des espaces de sports, de divertissement et des centres de formation et d’apprentissage. Au niveau sécuritaire, il est prévu une camera vidéo surveillance, la sécurité du bâtiment et le contrôle d’accès.

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Mamadou Ismaïla Konaté a indiqué que le premier projet a été conçu pour être réalisé à l’entrée de la ville de Koulikoro.
Cependant, un certain nombre de difficultés n’ont pas permis de poursuivre le projet, notamment l’opposition des populations. «Aujourd’hui, Kéniéroba nous reçoit parce que nous disposons de plus de 190 ha en pleine propriété dans cette ville. Il y a aussi un camp pénitentiaire agricole ici. Sans oublier la parfaite adhésion des populations de Bancoumana et du Mandé qui ont accepté que ce projet soit implanté ici », a-t-il dit. «Ce projet est important pour notre pays, en ce qui concerne son engagement de bâtir un Etat de droit, de justice, dans lequel un prisonnier est une personne humaine comme toute autre personne.

Elle est importante également car nous voulons faire de la prison un lieu d’humanité qui donne l’occasion à ceux qui ont été en violation avec la loi qu’ils se retrouvent à l’intérieur de la prison pour prendre conscience de la situation qui est à l’origine de leur situation», a-t-il ajouté.
Par ailleurs, le ministre Konaté dira que la prison de Bamako à Kénioroba doit être un lieu de vie et un pole de développement sociale. «Il est inadmissible que la prison de Kénioroba ait de l’eau et de l’électricité sans la localité elle-même.Nous envisageons d’installer ici, la première école nationale d’administration pénitentiaire, qui va devoir recevoir, la formation professionnelle des candidats surveillants de prison. Il faut complètement changer l’image de la prison, d’abord par les personnels qui sont chargés de sécuriser la prison» a-t-il souligné.

Auparavant, le vice-président de l’Association des ressortissants pour le développement de Kéniéroba (ARKD), Faganda Keita, a salué les autorités pour la construction de la nouvelle maison d’arrêt, un honneur pour les habitants de Kéniéroba. Il a demandé au ministre de la Justice de transmettre au président de la République que l’une des difficultés que connaissent les habitants de ce village est le manque d’eau potable.
Mamadou SY
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