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Transformation de produits agricoles : Bénéfice et bien etre font bon ménage
Publié le mercredi 6 septembre 2017  |  L’Essor
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Deux unités agro-industrielles opérant sur le territoire ivoirien en donne la preuve palpable. Elles interviennent dans des activités de développement en faveur des communautés sur les terres desquelles elles sont implantées

Une trentaine de journalistes venus de plusieurs pays africains et européens participent à Abidjan à la 7è édition du Forum sur l’agriculture africaine co-organisé par le gouvernement ivoirien et l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (de son sigle anglais AGRA). En marge de cette rencontre de haut niveau qui se tient toute cette semaine dans la capitale économique ivoirienne, les journalistes conduits par AGRA ont visité lundi dernier une unité industrielle de production de caoutchouc à Adaou, localité située à une centaine de kilomètres d’Abidjan et une unité de production d’huile de palme et de savons à base d’huile de palme à Mouyassué, localité situé à 45 kilomètres plus loin de la première.
L’objet de ces deux visites était de faire comprendre aux journalistes que des entreprises agro-industrielles sont installées au plus près des exploitations agricoles paysannes. Ces usines achètent la matière première sur place et procèdent à des transformations primaires et secondaires. Elles ne disposent pas de parcelles agricoles.
C’est le cas pour l’entreprise Sud Comoé Caoutchouc (SCC) et pour African Palm industries (API) qui achètent leurs matières premières avec les paysans ivoiriens. Ainsi, ce sont des entreprises citoyennes qui créent des emplois permanents et saisonniers, apportent leurs expertises pour l’amélioration des plants d’hévéa et de palmier à huile, réalisent des infrastructures socio-éducatives au bénéfice exclusif des communautés auprès desquelles elles opèrent.
Par ailleurs, les deux unités agro-industrielles sont soucieuses de la protection de l’environnement avec des dispositions de recyclage des eaux usées qui sortent des entrailles de leurs unités industrielles. Le directeur général de SCC, Olivier Martin a expliqué que le capital de l’entreprise SCC est détenu à 70% par Socfin et 30% par des actionnaires ivoiriens. Elle emploie 265 employés permanents et 35 journaliers.
L’entreprise achète 90% de la matière première aux abords des champs des petits exploitants privés et 10% avec des coopératives. En 2016, SCC a exporté 42.085 tonnes de caoutchouc, ce qui représente 6,7% du marché mondial, a précisé le directeur général Olivier Martin. Ce sont 13 milliards Fcfa de revenus directs qui ont été injectés dans l’économie locale à travers cet achat auprès des paysans, a indiqué Olivier Martin. Les clients internationaux de l’entreprise sont les grandes firmes de pneumatiques comme Michelin, Good Year, Continental, Bridgestone, etc.
Insistant sur le côté social de l’entreprise Oliver Martin a assuré que SCC finance 40% de l’assurance santé pour l’employé et sa famille et paye des indemnités de logement et de transport pour les employés non logés et que le personnel est composé à 20% de femmes.
Par ailleurs, sur le site de Mouyassué, l’entreprise API produit de l’huile de palme, l’huile palmiste et des savons de lessive et de vaisselle. Il faut indiquer que l’huile de palme est extraite de la pulpe du fruit tandis que l’huile palmiste est elle extraite de la noix. L’huile de palme à la coloration rouge est bien connue de nos ménagères. Il faut souligner que l’huile palmiste recèle quelques vertus thérapeutiques. C’est surtout compte tenu de son apport économique très alléchant que la société API est détenue à 40% par Africa West industries (AWI) qui a apporté 800 millions Fcfa sur les 2 milliards que comprend le capital.
Le directeur général de API, Yaya Soro a aussi expliqué que son entreprise achète les régimes et autres produits agricoles avec les paysans, transporte, transforme et commercialise les produits manufacturés. Elle participe également à la création et au développement de plantations de palmiers à huile et cèdent aux prix coûtants les plants améliorés aux paysans. Comme la première, API dispose d’une politique d’impact environnemental et social au bénéfice des communautés. Elle s’investit ainsi à supprimer voire réduire les effets néfastes de ses activités industrielles sur l’environnement par le recyclage des eaux usées à travers les bassins lagunaires de traitement biologique. Elle a construit des salles de classe, des centres de santé, avec à la clé les logements d’astreinte pour le personnel enseignant et sanitaire.
Avec ces deux entreprises agro-industrielles, la Côte d’Ivoire a réussi le pari de partenariat gagnant-gagnant avec des sociétés citoyennes qui apportent leurs expertises pour la transformation des produits agricoles tout en investissant parallèlement à leurs activités industrielles dans le bien-être des communautés auprès desquelles elles interviennent. Pourvu que l’effort soit constant et qu’enfin les communautés n’assistent plus à la prédation de leurs biens par des sociétés étrangères qui ne se soucient pas de leur bien-être. C’est bien la face humaine du développement global que nos Etats veulent promouvoir.

Envoyé spécial
Moriba COULIBALY
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