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Info Matin N° 5043 du 18/4/2013

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Contrôle de Kidal : le grand mensonge du MNLA
Publié le vendredi 19 avril 2013  |  Info Matin


© Autre presse par DR
MNLA (Mouvement National pour la Libération de l`Azawad)


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Le Mouvement national de libération de l’Azawad, qui a reposé ses valises à Kidal dans la foulée de la fuite des jihadistes de Ansar Eddine, prétend contrôler la ville ; alors que les faits prouvent, au quotidien, le contraire.

L’attentat suicide contre des soldats tchadiens repliés à Kidal, après la bataille de l’Adrar des Ifoghas, est suffisamment révélateur du manque de contrôle de la ville de Kidal contrairement à ce que les rebelles du MNLA veulent faire croire à l’opinion nationale et internationale.
On se rappelle qu’au lendemain de l’occupation de la ville, les rebelles fanfaronnaient sur tous les toits pour soutenir son contrôle par leurs éléments rentrés d’un exil forcé imposé par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (MUJAO), à l’issue de combats où ils ont rapidement étalé toutes les limites de leurs valeurs militaire.
Ce qui a conforté plus d’un que le MNLA est beaucoup plus en pointe dans la propagande contre le régime que dans l’art guerrier.
Faux prétextes
Mais après les tristes événements qui ont coûté inutilement à la vie à de valeureux soldats qui allaient faire des emplettes au marché de Kidal, il est permis de s’interroger sur ce que le mouvement rebelle entend par contrôle de la ville de Kidal. Et pour cause, après de telles déclarations tonitruantes, l’on est en droit de penser que les fugitifs d’hier qui ont fui le pays face à l’hostilité ouverte de leurs alliés (MUJAO, Ansar Eddine, Al qaïda au Maghreb islamique), lors des combats contre l’armée, étaient en mesure de sécuriser la ville, de permettre aux citoyens, « leurs concitoyens » et les autres personnes présentes de vaquer normalement à leurs activités. Ce, d’autant plus qu’il a décidé allègrement de se substituer à l’armée malienne et a décidé de jouer pleinement son rôle.
N’est-ce une des raisons avancées pour lesquelles le mouvement rebelle a refusé de déposer les armes prétextant qu’il a l’obligation de protéger les populations de l’Azawad des exactions éventuelles de l’armée ?
Une armée dont il dit injustement qu’en mettant les pieds à Kidal se livrera infailliblement à une « épuration ethnique » contre les touareg et les arabes.
Concrètement, une chose est d’avoir des ambitions démesurées ; une autre est de disposer des moyens réels et efficaces de réaliser ces ambitions.
Le MNLA, au regard de ce qu’il est donné de constater au quotidien, est loin d’avoir les moyens de sa politique. Et pour cause, en fait de contrôle de Kidal, il ne se livre qu’à un grand bluff dont il est l’un des premiers à subir les contrecoups faisant par conséquent des victimes innocentes comme c’était le cas de soldats tchadiens morts en plein marché et non pas au combat.

Cet attentat suicide contre les Tchadiens, qui fait suite à ceux perpétrés contre le MNLA lui-même et des soldats français, est en réalité la preuve la plus flagrante qu’à l’opposé de ses assertions, le groupe de narcoterroristes du MNLA ne contrôle absolument rien à Kidal. Et s’il y a un semblant de sécurité dans la ville, c’est bien grâce à la présence dissuasive des troupes franco-tchadienne qui imposent et imposent par leur valeur militaire ; mais également par leur puissance de feu.

Incapacité manifeste
Par ailleurs, il faut être d’une naïveté sans borne pour croire véritablement que le MNLA est capable de maintenir l’ordre et la sécurité dans une ville.
En effet, de sources concordantes, de nombreuses attaques à main armée, les braquages, les pillages dans d’autres localités de la région sont l’œuvre du Mouvement national de libération de l’Azawad. Des rebelles qui ont claironné à l’arrivée des Français qu’ils étaient tout à fait disposés à se mettre à leur service pour combattre le terrorisme et les groupes jihadistes avec lesquels ils continuent pourtant de flirter. L’on comprend ainsi aisément que le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) fasse son grand retour avec en son sein des combattants de Ansar Eddine, de Iyad Ag GHALY, du MUJAO et de Al qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Avec ces alliés tout aussi indésirables, le MNLA ne contrôle pas la ville de Kidal et ne le peut même pas lorsqu’on sait qu’ils ont toujours eu une ascendance sur lui du fait de victoires militaires sur le terrain. Sinon, comment expliquer, à la différence de Gao et Tombouctou, qu’à Kidal où l’armée malienne n’est pas présente, l’on assiste à des attentats suicides à tous les coups sans le garant de l’ordre et de la sécurité, à savoir le MNLA, ne puisse prendre aucune mesure anticipative.

Le seul enseignement que l’on peut tirer dès à présent de l’imbroglio sécuritaire dans la ville de Kidal, c’est que le MNLA, à n’en pas douter, sert de tremplin aux autres groupes jihadistes pour poser des actes odieux contre les militaires qui sont sur place. Ce qui est d’autant plus exact que les auteurs des crimes sont de Ansar Eddine, du MUJAO ou de Aqmi et dont les éléments sont justement dans ses rangs. La responsabilité est donc largement partagée entre les acteurs directs et le Mouvement national de libération de l’Azawad qui devient un complice actif. Ainsi, du groupe rebelle qui revendique l’indépendance de l’Azawad, aux autres jihadistes, c’est du pareil au même.
Ceci expliquant cela, les soldats tchadiens seraient passablement remontés contre le MNLA qui n’a en réalité jamais été dans ses bonnes grâces ; contrairement aux troupes françaises qui ont cédé aux chants de sirène de ces jihadistes déguisés en organisation laïque qui se sont proposés pour combattre leurs congénères. Comme si ces bandits armés pouvaient s’entre-bouffer au regard des liens intimes qui les unissent.

Pour les moins avisés ou ceux qui feignent d’ignorer la vérité sur le MNLA, il est plus que jamais temps de se rendre à l’évidence. Mis à part leur dénomination, le MNLA, Ansar Eddine, le MUJAO, Aqmi mènent en fait le même combat contre le Mali. A savoir, celui de se détacher, d’avoir leur charia à appliquer à la population, à leur manière. En excluant cette dimension de crise de Kidal, le réveil pourrait s’avérer brutal pour ceux qui se sont laissé emporter par la propagande massive du MNLA qui a réussi l’exploit de se faire passer pour ce qu’il est loin d’être.

Par Bertin DAKOUO

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