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4è Réunion du groupe de Soutien et de suivi de la situation au Mali : Le bout du tunnel est en vue
Publié le lundi 22 avril 2013  |  Primature


© aBamako.com par S.A
Crise au Mali: quatrième réunion du groupe de soutien et de suivi
Vendredi 19 avril 2013, Bamako. Le groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali a tenu sa 4e réunion.


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Les amis de notre pays ont unanimement salué les actions engagées par les autorités de la transition pour aller rapidement aux élections et créer des conditions nécessaires au dialogue et à la réconciliation nationale. Pour la 4e fois, « le groupe de soutien et de suivi sur la crise au Mali », un panel d’amis de notre pays, s’est réuni vendredi pour faire le point des actions menées à différents niveaux pour sortir le Mali du bourbier politico-sécuritaire dans lequel il patauge depuis plus d’un an.

Le président de la République par intérim, Dioncounda Traoré, compte tenu de l’importance de la réunion pour l’avenir de notre pays, a personnellement présidé la cérémonie d’ouverture dans la salle de 1000 places du Centre international de conférence de Bamako en présence des membres du gouvernement et de nombreuses personnalités représentant des organisations sous régionales, régionales et mondiales.

Il s’agit notamment du commissaire de l’UA à la Paix et à la Sécurité, du président de la commission de la CEDEAO, du secrétaire général adjoint des Nations Unies et de l’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahel auxquels s’étaient joints les représentants d’autorités administratives et politiques de Bamako, des officiers généraux de la CEDEAO et des associations de déplacés.

Il faut également souligner la présence remarquée d’une délégation du Tchad, un pays ami qui a engagé deux mille soldats dans les combats au Nord de notre pays. Quelques groupes d’écoliers en uniforme ont occupé les dernières chaises au fond de la salle.

Après l’arrivée de Dioncounda Traoré et l’exécution de l’hymne national, la cérémonie a débuté avec le mot de bienvenue du ministre du Travail, de la Fonction publique et des Relations avec les Institutions, Mamadou Namory Traoré, qui assure l’intérim de son homologue des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Moment d’émotion rentrée : la minute de silence observée à la mémoire de tous ceux qui sont tombés sur le champ de bataille.

Quand le Groupe de suivi de la situation au Mali s’était réuni le 19 octobre 2012, notre pays vivait le pire moment de son histoire car occupé au deux tiers par des hordes de narco-djihadistes et de bandits armés en errance. Aujourd’hui, a dit le ministre, l’armée malienne et ses alliés ont mis en déroute l’ennemi. Et d’ajouter que l’heure est à la sécurisation et à la reprise du vivre-ensemble entre différentes communautés. « Ce formidable élan de solidarité a démontré que l’humanité entière est capable de se réunir pour défendre la démocratie », a souligné le ministre Traoré rappelant au passage la rencontre de Bruxelles qui a permis de réunir les ressources financières nécessaires, la validation à Bamako d’une feuille de route et la création de la Commission nationale de dialogue et de réconciliation. Le processus du dialogue est complexe mais le ministre Traoré demeure optimiste sur ce sujet.

Le commissaire Paix et sécurité de l’UA, Ramtane Lamamra, a, lui, insisté sur l’organisation d’élections crédibles et transparentes à la fin du mois de juillet. Il a assuré les autorités maliennes du soutien total de l’UA avant de saluer la création de commission Dialogue et Réconciliation.

Au plan sécuritaire, le commissaire de l’UA a marqué l’accord de principe de l’organisation continentale pour la transformation de la MISMA en une mission des Nations Unies. Saluant la détermination accrue de l’armée malienne, Ramtane Lamamra a fait remarquer que le processus politique est directement lié à la situation sécuritaire du pays. Pour lui, et à juste titre, la mise à niveau des infrastructures de base dans les zones en guerre est une criarde urgence.

DESARMER LE MNLA. Il a également souligné la nécessité de l’approfondissement de la coopération sécuritaire entre les grandes puissances et les pays du Sahel. Car, d’évidence, la guerre contre le terrorisme ne peut être gagnée sans une coopération accrue entre les Nations Unies et les pays vulnérables pour mener des actions communes et des démarches coordonnées.

Kadré Désiré Ouédraogo, le président de la commission de la CEDEAO, a lui aussi salué les efforts des autorités de la transition avant d’attirer l’attention de tous les partenaires sur le danger de l’insécurité et de la faim qui hante le Sahel. Il a rendu un hommage appuyé aux soldats du Tchad, de la France et la CEDEAO pour leur don de soi. Kadré Désiré Ouédraogo a évoqué « la situation ambiguë qui prévaut à Kidal » et « qui doit nous interpeller tous ». « Le MNLA doit désarmer et accepter de dialoguer avec les autorités maliennes », a fermement exigé le président de la Commission de la CEDEAO qui a également attiré l’attention des partenaires techniques et financiers sur la grave situation humanitaire du pays.

Comme les autres orateurs, le secrétaire général adjoint des Nations Unies, Jeffrey Feltaman a salué les avancées du dossier malien avant d’assurer que son organisation s’emploiera à lutter efficacement contre les groupes terroristes disséminés dans le Sahel. Pour ce qui est de la transformation de la MISMA en mission de casques bleus, le responsable onusien a annoncé que le Conseil de sécurité y travaille ardemment.

« Merci. Merci du fond du cœur. Merci pour ces mains tendues », voilà les premiers mots de Dioncounda Traoré à l’adresse des amis du Mali. «Le Mali a trébuché, gravement » mais « vous l’avez soutenu et il n’est pas tombé », a poursuivi, avec grande émotion le président Traoré qui n’a pas tari d’éloges à l’endroit de ses homologues : Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Blaise Compaoré du Burkina Faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Goodluck Jonathan du Nigeria et Thomas Yayi Boni du Bénin. Aux différentes troupes présentes sur notre sol, Dioncounda Traoré a réitéré sa gratitude au nom du peuple malien.

Cette reconnaissance du Mali vaut aussi pour la France, la CEDEAO, l’UA, l’UE, l’OCI et l’ONU. « La guerre du Mali n’est pas une guerre contre l’islam », a indiqué le président qui a salué la clairvoyance de la Ummah islamique. Une mention spéciale a été faite à la France qui le 11 janvier dernier est intervenue à Konna pour stopper l’avancée des djihadistes vers le sud du pays. Que dire du Tchad ? « Nous sommes redevables de leur élan unanime à nos côtés », a souligné Dioncounda Traoré qui a rappelé que le Mali reste tout de même un grand pays. « Aguelhok, Tombouctou, Diré, Niafounké, Bourem, Abeïbara et Tessalit … étaient aux mains de la force du mal. Aujourd’hui, les agresseurs du Mali ont enregistré une perte inestimable », s’est félicité le président intérimaire.



UN DEFI COLOSSAL. « Au jour d’aujourd’hui, l’économie malienne a perdu de sa vitalité » reconnaît-il mais « le compromis dynamique a permis de retrouver l’espoir ». Dioncounda Traoré sait que le processus est long et que c’est un régime élu qui l’achèvera. C’est pourquoi, il appelle de tous ses vœux la tenue d’élections présidentielles en juillet pour « écourter au maximum la transition ».

« Je ne suis plus le président d’un pays en crise mais je suis le président d’un pays qui voit le bout du tunnel », a-t-il indiqué avec un léger sourire. « Organiser les élections en juillet, dit-il, est un défi colossal mais il faut se mettre au travail pour tenir des élections irréprochables en juillet ». Le président dit compter sur l’aide des amis du Mali pour réussir ce pari.

Parallèlement, la paix et le dialogue se préparent avec la mise en place de la Commission de dialogue et de réconciliation, un grand pas selon lui. « Tous les Maliens n’en sont pas membres mais toutes les sensibilités y sont représentées », a t-il assuré. « Nous avons besoin de tous les Maliens et de toutes les Maliennes » car « pour nous, il n’y pas de « sous-Malien », il n’y a pas un sur-Malien », a prêché le président Traoré pour qui la vraie guerre consiste à bâtir un Mali fort et heureux. Et il avertit : « toute personne qui transgresse les dispositions répondra de ses actes devant les juridictions compétentes ».

Après la cérémonie d’ouverture, les techniciens se sont retirés en huis-clos pour des réunions thématiques. Ils ont ainsi planché sur l’évolution du processus politique et de réconciliation qui s’articule autour de trois axes : dialogue et réconciliation, renforcement des institutions de la Transition et la situation des droits de l’homme.

Le deuxième sujet débattu portait sur la préparation des élections. La situation sécuritaire a été, elle aussi, passée au peigne fin à travers des communications sur l’évolution des opérations au Nord menées par l’armée malienne et ses alliés, l’opérationnalisation de la MISMA, le déploiement de la mission de formation de l’Union européenne. Ils n’ont pas oublié la transformation de la MISMA en une mission des Nations Unies et surtout la difficile situation alimentaire. C’est dire que la rencontre des amis du Mali n’a rien négligé ni occulté. Les Nations Unies ont expressément présenté une stratégie intégrée pour le Sahel au panel de la rencontre de Bamako.

A. M. CISSE


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