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Info Matin N° 5047 du 24/4/2013

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DJANGO SISSOKO : ma diversion qui tue
Publié le mercredi 24 avril 2013  |  Info Matin


© aBamako.com par A S
Réunion du comité de suivi de la feuille de route de la transition.
Bamako, le 25 mars 2013 à la primature. Le premier ministre Diango Cissoko a présidé la réunion du comité de suivi de la feuille de route de la transition.


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Les transitions démocratiques en Afrique sont-elles antinomiques de toute forme de transparence ? En tout cas, l’exercice de trapéziste, de fuite en avant et de manipulation grotesque, sur fond de contradictions et d’accusations gratuites contre certains journaux, auquel se livre le Premier ministre, Chef du gouvernement, Django Sissoko, à notre humble avis,
ne milite pas pour une trop grande transparence autour de ces casseroles de notre transition, notamment le scandaleux marché bloqué des véhicules de l’armée. L’écran de fumée n’aveugle personne et la diversion ne divertit personne au regard des attentes et des impératifs de doter notre armée nationale.

Pour sauver le soldat Django, l’Etat a-t-il choisi de nous endormir à fortes doses de fuites en avant et d’intoxication ?
La soudaine mobilisation des factions de manipulation dénote d’une perte de sérénité au sommet de l’Etat au moment où le citoyen lambda s’interroge sur la réalité de la lueur d’espoir que le président Dioncounda a fait miroiter vendredi dernier lorsqu’il disait qu’il n’était plus « le président d’un pays en guerre », mais celui « d’un pays qui aperçoit le bout du tunnel et le reflet de la lumière qui l’avait fui dans un moment d’égarement inhérent à la marche des nations ».
Et pour cause ?
Si lumière est synonyme de Transparence et de Vérité cristalline, notamment dans la gestion et la conduite des affaires publiques, il faut légitimement se demander si les Maliens et leur président sont sur la même longueur d’onde, la même planète. En effet, au regard des scandales qui éclosent et s’égrainent chaque jour comme dans un champ de champignons, au cours de cette Transition, la Transparence au plan de la sémantique et de l’ethnique a de quoi perdre son latin.
Les transitions démocratiques en Afrique sont-elles antinomiques de toute forme de transparence ?
En tout cas, l’exercice de trapéziste, de fuite en avant et de manipulation grotesque auquel se livre le Premier ministre, Chef du gouvernement, Django Sissoko, à notre humble avis, ne milite pas pour une trop grande transparence autour de ces casseroles de notre transition, notamment le scandaleux marché bloqué des véhicules de l’armée.
En choisissant de faire dans le déni au lieu de démissionner, de se justifier à travers la presse au lieu de s’expliquer à la Nation (Adresse à la Nation ou une séance d’explication devant les députés retransmise en direct), Django fait dans une diversion agitatrice qui ne loue pas et ne rend pas honneur à sa réputation de « grand commis de l’Etat ».
Pire, en choisissant d’attaquer pour se défendre par procuration, il entretient une polémique qui ne conforte pas sa posture et son implication directe dans ce dossier.
Le pire de la manipulation, c’est lorsqu’elle devient versatile et indigeste et débouche sur une communication mensongère.
Or, il n’y a rien de pire pour un politique que le mensonge ! Et le poste de Chef du gouvernement est un poste éminemment politique, au Mali comme en France qui nous sert de modèle !
Mais voilà, bien malheureux sommes-nous de n’être pas des Français et de ne point nous accommoder des exigences d’éthique, de morale et de probité de notre modèle. Autrement, l’affaire Jérôme Kahuzak aurait du inciter Django Sissoko et son ministre de la Défense à ne pas se donner trop de liberté dans leurs propos aux journalistes pour le premier et devant les députés pour le second.
Hier mardi, le ministre de la défense, le Général Yamoussa Camara, était à l’Hémicycle face à la conférence des présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale. Objet : échanges sur le scandale autour du marché des véhicules de l’armée.
Selon certaines indiscrétions, le ministre de la Défense a expliqué au cercle restreint des élus, entre autres, que c’est lui qui a demandé de bloquer le marché parce qu’une commande similaire avait été faite.
Nous le prenons comme parole d’officier, sans aucun commentaire. Pour l’instant.
Mais revenons un peu en arrière.
Dans les colonnes de notre confrère « L’Indépendant », le Premier ministre, dans ses confessions, n’avait-il pas affirmé avoir découvert le marché des véhicules de l’armée dans le dossier du Conseil des ministres du 27 février 2012 à son retour de Bruxelles ?
Accordons au Premier ministre le bénéfice de l’erreur, sinon Django Sissoko, plus que tout autre, sait que c’est bien le 22 février 2012, au cours d’une réunion restreinte entre lui-même, le ministre de la Défense et le ministre des Postes et des nouvelles technologies que la décision a été prise (par lui) de bloquer le marché.
Face aux deux versions, des explications, pardon des clarifications, ne s’imposent-elles pas pour édifier la Nation et mettre fin à la polémique ? A moins que la polémique n’ait pour but de créer la confusion et de favoriser la manipulation ?
Et pour cause ! En affirmant, dans les colonnes du même confrère que l’Amrtp n’a pas vocation de passer des marchés, notamment de véhicules pour l’armée, le Premier ministre, Django Sissoko, sait aussi très bien la dose de manipulation qu’il introduit dans le débat. Parce qu’en tant que Premier ministre, Django Sissoko sait que ce que l’Amrtp a fait, dans ce dossier, est tout sauf conclure un marché de commande de véhicules. Un marché qui a été fait par les services techniques compétents de l’Etat (du ministère des Finances et de la Direction générale des marchés publics). Le rôle de l’Amrtp, c’est connu de toutes les sources proches du dossier, est de s’être limité à obtenir par écrit l’engagement du fournisseur sur trois points à travers trois documents différents : le délai de livraison (30 jours maximum), le prix (31 millions au lieu de 33), et la garantie (1 an) et plus la fourniture de la garantie bancaire. C’est sur la base de ces trois documents que les services techniques compétents de l’Etat ont préparé le marché de véhicules de l’Armée.
Nul acharnement sur un homme appelé à un moment particulièrement difficile à faire face des défis herculéens.
Et Django sait plus que tout que nous ne sommes pas une Rédaction qui trinque et trime avec l’injustice (en son temps, nous l’avons défendu lui et les siens au moment où beaucoup n’osaient lui adresser la parole) et surtout pas une Rédaction qui fait dans l’accusation facile et légère.
Aussi, sommes-nous aujourd’hui peinés d’apprendre que nous sommes vilipendés comme étant parmi des rédactions qui ont été achetées avec les 500 millions que le Dg de l’Amrtp a frauduleusement subtilisés sur le montant qui devrait servir à acheter des véhicules.
Peinés pour lui parce qu’au moment où nous le défendions, lui et les autres anciens dignitaires, n’ont pas partagé avec nous les centaines de milliards dont on les accusait d’avoir volés au peuple malien. Les temps ont-ils changé avec les mœurs ou vice-versa ?
En tout cas, jusqu’ici, Info-Matin n’a pas encore vu la couleur des millions distribués aux journaux pour défendre Choguel Maiga, Dg de l’Amrtp.
Comment le Dg de l’Amrtp peut-il détourner l’argent qui n’est plus à sa disposition ? Parce que viré dans un compte du Trésor sur ordre du Premier ministre lui-même ? Django peut régler ses comptes avec Choguel Maiga qui a été le principal avocat du régime de Moussa Traoré et grâce aux efforts et sacrifices duquel lui, Django, et tous les anciens dignitaires ont été réhabilités.
C’est son droit. Cette cuisine intérieure nous laisse de marbre. Nous attendons seulement, vis-à-vis de Info-Matin, que l’ancien dignitaire, pardon que Django, tire le premier, nous serons là pour répondre et peut-être les Maliens connaitront davantage leur Premier ministre.
Django peut se tromper de combat et de cible ; pas Info-Matin. Django peut se méprendre sur les enjeux et les priorités ; pas Info-Matin. Notre armée a besoin de moyens, de moyens logistiques, de véhicules… La balle est toujours dans le camp de Django.
AFFAIRE A SUIVRE.
Par Sambi TOURE

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