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Bavure policière à Bamako : Les bourreaux de l’élève Moussa Samaké appréhendés
Publié le lundi 19 fevrier 2018  |  La Dépêche
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Nous sommes dans le quai de la gare ferroviaire au centre ville de Bamako. En ce matin du 12 février 2018, quelque chose de nouveau semble se passer. Les techniciens sont tous occupés à passer en revue les derniers réglages. Les passagers quant à eux, embarquent peu à peu et prennent place dans une des rames du long bloc de fer dans un brouhaha total. Le départ du train ne devrait pas en principe tarder. Je regarde ma montre, elle affiche 7h00. L’angoisse commence à s’emparer de moi. En effet, c’était mon premier voyage à bord d’un train voyageur. Avec les confrères, je discute de tout et de rien pour dissiper cette peur intérieure. Un peu plus loin, les embarquements continuent au même rythme que le grand bruit de la gare : marchandages, échanges de nouvelles, les adieux, etc.

Le dispositif de ce matin laisse comprendre aux passagers habitués des lieux que le voyage du jour avait une certaine particularité. Et pourtant, c’était bien le cas. Le ministre des transports et du désenclavement en personne s’apprêtait à faire le voyage en train de Bamako à Kayes pour montrer que les activités ferroviaires avaient bien commencé et cela pour toujours.



A 07heures quinze, le ministre fait son entrée à la gare avec toute sa délégation. Après une brève salutation, il prend place dans une des rames ; le train pouvait maintenant démarrer pour la cité de rails. Il siffle et traverse la capitale pour s’introduire dans le mandé profond. Nous voilà donc embarqués pour 23 heures de voyage.

Doucement, le « boa géant » des rails traverse villes, villages et hameaux. Et, à son passage, les populations sortent pour l’accueillir avec des chants, danses et acclamations. En réponse, il siffle et, de ce sifflement les habitants reconnaissent son message : il est heureux de revivre et redonner la joie dans les cœurs de tous ces hommes et femmes qui dépendent de sa générosité.

Souvent, nous nous arrêtions pour partager ces moments de retrouvailles entre celui-là que la population elle-même se plait à appeler « le grand serpent » et les siens. En effet, un seul regard suffit pour comprendre toute la complicité qui existe entre le train et les riverains. Il faut avoir une pierre à la place du cœur pour ne pas être touché par la scène pleine d’émotion.

Je descends pour contempler le paysage de Toukoto (une ville à forte affluence et à grande renommée à cause de l’activité ferroviaire) lorsqu’une veille m’interpelle : « Mon fils, n’est pas que c’est bien la reprise du train ? ». Sans trop comprendre, je dis oui en haussant la tête, et à elle de me dire : « Dieu en soit loué mais qu’il ne s’arrête plus jamais! Un peu de pain pour la vielle s’il te plait mon fils !» Je lui tends quelques pièces et continue à contempler le beau paysage qui, curieusement a une grande ressemblance avec le paysage de chez moi, le pays dogon. Le « grand serpent » continue sa route avec à son bord l’infatigable ministre des transports et du désenclavement, Baba Moulaye Haïdara. Il rend visite à tous les passagers du train, long d’au moins 500 m, s’enquiert de leurs préoccupations, rassure les plus sceptiques que le train n’arrêtera plus jamais de siffler conformément aux vœux du président de la République.

La nuit avance, dans le train, les têtes dodelinent et les causeries s’étouffent peu à peu dans la fraicheur glaciale de la climatisation. Je profite du temps libre des conducteurs pour me renseigner sur le fonctionnement de cet engin qui a toujours suscité ma curiosité. Les cheminots très professionnels m’expliquent avec pédagogie son fonctionnement et mieux, partage leur longue expérience de cheminot. Vraiment, c’est passionnant ! Au cours de ce voyage, j’ai aussi compris comment les cheminots maliens sont dévoués pour la cause du chemin de fer. C’est peut être parce que la plupart d’entre eux ont vu le jour et grandi sous le sifflement du train. Leur engagement m’a énormément surpris. Malgré de nombreux mois d’arriérés de salaire, ils répondent avec joie et abnégation à l’appel du devoir lorsqu’il s’agit surtout de faire siffler le train. Parmi eux, deux dames m’ont particulièrement impressionné : L’une des rares conductrices de train de la sous région.

Après 23 heures de route, nous voilà enfin à Kayes, il est 6 heures du matin. Mais la population elle, était là à attendre leur train et d’être témoin de l’arrivée des autorités. Elle voulait bien s’assurer que les responsables seront là pour leur rassurer que le train sifflera et pour toujours.

A Kayes, j’ai eu droit à seulement 5 heures du temps dont 3 dans ma chambre d’hôtel et 2 à la gare ferroviaire de Kayes pour reprendre le même trajet. A peine arrivée à Bamako, la cité des rails me manque déjà.

Amadingué Sagara
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