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Les islamistes, le MNLA et le livre : Une guerre contre la culture
Publié le lundi 13 mai 2013  |  Bonne Lecture




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Le Mali est un pays connu pour l’importance et la qualité de ses réseaux de bibliothèques. Depuis 1977, il a commencé à mettre en place son réseau de bibliothèques de lecture publique.
Fort de 112 bibliothèques dont 13 Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) et 7 bibliothèques en langues nationale, ce réseau couvre actuellement l’ensemble du territoire national. Il compte aussi un wagon-bibliothèque qui dessert 11 localités le long des rails Bamako – la frontière avec le Sénégal. Outre ce réseau de bibliothèques de lecture publique, il existe de nombreuses bibliothèques scolaires, spécialisées, de manuscrits. Les bibliothèques scolaires, coordonnées par la Cellule des Bibliothèques Scolaires (CBS) sont structurées en petits réseaux selon les partenaires qui les appuient ou qui les mettent en place. Ainsi, on compte le réseau de bibliothèques scolaires MALIRA (Mali – Rhône Alpes) dans le cercle de Rharous, le réseau de bibliothèques des associations ALED (Association pour la Lecture et le Développement), Culture et Développement dans la région de Tombouctou, le réseau des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) de l’Organisation internationale de la francophonie, etc. Deux de ces CLAC, des bibliothèques modernes orientées technologies de l’information et de la communication ont ouvert leurs portes à Ménaka et à Kidal en 2011. Ce bref aperçu montre à suffisance les efforts du Mali et de ses partenaires pour mettre en place un système de documentation qui offre à lire à toutes les populations où qu’elles se trouvent sur le territoire nationale et sans distinction de races, de religion, … Il montre aussi à suffisance que la culture du livre est un volet important de l’action gouvernementale. Cependant, l’occupation fin mars 2012 des trois régions du Nord du Mali a fortement affecté les progrès réalisés dans la mise à disposition de l’écrit. Les islamistes et leur complice, le Mouvement national de libération de l’Azawad, se sont systématiquement attaqués au patrimoine culturel du Nord. Ils ont pillé et incendié des bibliothèques, démoli des mausolées, détruit des espaces culturels, muselé les hommes et femmes de la culture et étouffé l’expression culturelle.
Face à cette situation, la Direction Nationale des Bibliothèques et de la Documentation (DNBD) et d’autres acteurs du livre et de la lecture, depuis le 5 avril 2012, se sont mobilisés en adressant une lettre ouverte à l’UNESCO, à la Fédération internationale des associations de bibliothécaires et institutions (IFLA), à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) pour alerter sur les dangers que couraient les institutions culturelles, notamment les bibliothèques. Le 16 avril l’ONU en appela à une action concertée pour éviter la perte des trésors documentaires de Tombouctou. Le Réseau Francophone du Numérique, quant à lui, publia un communiqué prenant acte de la lettre ouverte de la DNBD. Sur le terrain, des bibliothécaires à Tombouctou et à Gao ont fait preuve d’initiatives en mettant en sécurité les fonds documentaires et les équipements de certaines bibliothèques. Les manuscrits de l’Institut de Hautes Etudes et de Recherche Islamique (IHERI) doivent leur survie à ce type d’initiative.
Malgré tous ces efforts des bibliothécaires et des institutions, le pire n’a pu être évité sur tous les sites. Des bibliothèques ont été pillées, des documents incendiés ou jetés à la rue, des équipements (climatiseurs, ordinateurs, mobilier, …) ont été emportés. Le tableau ci après fait le point des exactions commises sur les bibliothèques dans les trois régions affectées. Il est la synthèse des informations fournies par les bibliothécaires déplacés du Nord du Mali lors d’une réunion tenue le 21 novembre 2012 à la Bibliothèque nationale du Mali.

Sidibé Amadou Bekaye
Chef division informatique, formation et normalisation
Direction nationale des bibliothèques et de la documentation

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