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L’aspect idéologique de la crise malienne : Un vide qu’il faut combler
Publié le mardi 14 mai 2013  |  Le 26 Mars




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Durant près d’une année, les populations des villes du septentrion malien ont subis l’oppression des hordes de bandits armés, au nom de l’Islam : des mains ont été coupées, des viols ont été commis, des mariages forcées ont été célébrées, des personnes ont été exécutés. Mais durant toute cette période et jusqu’à aujourd’hui, les religieux maliens censés véhiculer le vrai message de l’Islam en condamnant de manière ouverte ces exactions qui se sont commises, l’ont très peu fait. L’intégrisme religieux qui est une voie qui peut mener au terrorisme est très peu combattu. Or, il parait de plus en plus évident que ce phénomène prend de l’ampleur dans la société malienne. Qu’ils se mettent donc en ordre de bataille, les acteurs de la scène religieuse malienne, pour combler ce vide idéologique qui ne cesse de prendre du volume.
L’aspect idéologique de la crise malienne doit être pris en compte au plus vite. Il faut à tout prix éviter l’enracinement de cette mauvaise graine au risque de voir un jour des affrontements confessionnels se dérouler dans notre pays !

Tout d’abord, nous devons savoir que l’intégrisme doué du terrorisme n’appartient pas à telle ou telle race. L’exemple de ce français qui répond au nom de Gilles Le Guen en est la parfaite illustration. Il s’agit d’un jeune breton converti à l’Islam depuis une vingtaine d’année, qui en avait marre de la société de consommation et qui, un jour, a décidé de se rendre dans notre pays pour participer à «la guerre sainte». La fanatisation peut donc se faire de manière isolée. Ensuite, le récent démantèlement d’un réseau jihadiste du MUJAO à Bamako montre, à suffisance, que nous ne sommes pas à l’abri d’un attentat. Ils étaient tous maliens originaire de Gossi dans la région de Gao. Même les binationaux ne sont pas épargné par cette la vague obscurantiste. L’attentat suicide qui s’est perpétré à Tombouctou en mois de Février a vu la mort d’un franco-malien, Moussa Thiam, qui avait quitté sa France natale pour, lui aussi, pour rentrer au paradis de la meilleure des manières. Autant de cas qui prouvent que la résolution de l’aspect idéologique devient, de plus en plus, une urgence.

L’intégrisme religieux par le biais de l’endoctrinement est bel et bien une réalité dans notre société malienne. Pour preuve, nous rappelons que deux des trois groupes jihadistes qui contrôlaient le Nord malien sont essentiellement maliens. De nombreux jeunes se laissent séduire par les belles paroles d’un chef de guerre qui leur promet le paradis s’il meurt au «Jihad».

Le jihad, un concept très mal compris par les gens d’aujourd’hui, musulmans y compris. Il signifie, de façon général, fournir l’effort. Dans l’Islam, il signifie tout simplement de lutter perpétuellement pour emprunter la voie qui mène à Dieu. Les Ulémas distinguent quatre types de Jihad. En premier lieu, nous avons le Jihad du cœur qui invite le croyant à lutter contre ses désirs, ses passions, ses idées fausses et ses compréhensions erronés. Il s’agit d’une lutte sur le plan spirituel. Ensuite, le Jihad de la langue qui amène à l’éducation et au conseil. Le troisième est celui de la main qui valorise l’instruction et la science. En dernier position, vient le Jihad de l’épée autrement dit, la guerre. La plupart des Ulémas insistent sur la fait qu’il n’est pas obligatoire pour les musulmans et que l’époque des guerres saintes est bien révolue. De cet angle, on se rend compte que le vrai Jihad occupe une place importante dans l’Islam et qu’elle en constitue même le socle. Bien le comprendre et le maitriser conforte les musulmans dans leur foi et leurs permettent de lutter contre l’extrémisme qui peut être considéré comme une forme d’ignorance.

Tous les acteurs de la sphère religieuse malienne, toutes obédiences confondues, doivent prendre en considération ce problème de manière entière. C’est leur rôle naturel que de véhiculer le vrai message de l’Islam et surtout de définir clairement le Jihad. Ceux qui ont combattu la mère-patrie au nom de la religion l’ont fait en méconnaissance de celle-ci. Comme l’a un jour dit un grand savant, « l’ignorant dans la religion est le jouet préféré de Satan ». Que tous les musulmans maliens s’en souviennent.

La victoire contre les terroristes qui sèment la terreur au nom de l’Islam ne sera complète tant que l’aspect idéologique souffrira de la négligence de la part des seuls qui peuvent le résoudre. Lutter contre l’ignorance et l’obscurantisme est une des formes du vrai Jihad. C’est une très belle manière que de combattre et de battre ces bandits armés, sans foi ni loi, qui disent avoir envahit notre pays au nom de l’Islam, en se basant justement sur la religion.
Ahmed M. Thiam

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