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Le Canard Déchaîné N° 620 du

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Le ministre des Mines dans l’œil du cyclone
Publié le mercredi 15 mai 2013  |  Le Canard Déchaîné


© aBamako.com par as (Photo d`archive)
Nouveaux membres du gouvernement d`Union nationale formé le 20 aout 2012
21 aout 2012. Bamako. Ministre des Mines, Dr Amadou Baba Sy


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Licenciements à la pelle et sans droits, non –respect des décisions de justice, violation flagrante de code du travail… Dans les mines d’or de Sadiola, Syama et Loulo, les travailleurs sont victimes de toutes sortes d’abus. Sans que leur ministre de tutelle daigne lever le petit doigt. D’où leur colère … noire.
A la société des Mines d’Or de Loulo (SOMILO), comme à la société d’exploitation des Mines d’or de Sadiola (SEMOS) ou à la Société des Mines de Syama (SOMISY), les travailleurs n’ont aucun droit. Ni le droit d’aller en grève, comme cela est consacré, à la fois, par la constitution et le code du travail. Ni le droit de réclamer leurs indemnités.


Au lendemain de la grève de 48 heures, décrétée les 18 et 19 juillet 2012 par la Fédération Nationale des Mines et de l’Energie (FENAME), 68 travailleurs ont été licenciés à la Société d’explication des Mines d’Or de Sadiola (SEMOS). Sans droit.
« Dans ce conflit, j’estime que les travailleurs n’ont commis aucune faute professionnelle dans l’exercice du droit de grève qui, je le rappelle, est consacré, à la fois, par la constitution et le code du travail », indiquait Mr Mahamadou Diakité, directeur national du travail, chargé de ce dossier. Avant de lancer aux responsables de la SEMOS : « l’arrêt de travail incriminé a été causé par votre impuissance à respecter les engagements auxquels vous avez, librement, souscrit dans le cadre du protocole du 4 juillet 2012. a cet égard, le code du travail indique, très clairement, que la grève ne peut être considérée comme illicite, en cas d’échec des négociations ».

Cette décision du directeur national du Travail corrobore celle de Tahar Ben Abdoulahi, directeur régional du travail de Kayes. Opposé au licenciement des 68 travailleurs, il a ordonné à la SEMOS de les réintégrer. Sans succès.

Autre raison de la colère des travailleurs de ces mines, contre leur ministre de tutelle : le refus, en dépit d’une décision de justice, de la Société des Mines de Syama (SOMISY) de s’acquitter des cotisations INPS des travailleurs.

Elles sont estimées à 3,8 milliards CFA. En effet, le 15 août 2011, la SOMISY a été condamnée, par le tribunal du Travail de Bamako, à payer 3,8 milliards CFA à l’INPS, au titre des cotisations des travailleurs.

Mais coup de théâtre : dirigée par un certain Guy Riopel, la SOMISY assigne, à son tour, l’INPS devant la Chambre des Référés de la Cour d’Appel de Bamako. Celle –ci a, par arrêt du 27 janvier 2012, rejeté la demande de la SOMISY.

Avant de rendre exécutoire le jugement du tribunal du Travail. Qui exige la SOMISY à verser, 1,9 milliard CFA à l’INPS, en guise de cotisations au profit des travailleurs.

De sources concordantes, la Société de la Mine de Loulo (SOMILO) aurait de son côté, licencié 436 travailleurs dans les mêmes conditions ; tandis que, la SEMOS 80 autres travailleurs, cette fois –ci, pour ‘‘plombemie’’ : une maladie contractée, par les travailleurs des mines, après leur exposition aux produits chimiques utilisés dans le traitement du minerais. Notamment, le nitrate d’argent, le barox, le plomb et le fondant.
Face à tous ces abus, dont les travailleurs ont été victimes, Dr Amadou Baba Sy, ministre des Mines, n’a pas daigné lever le petit doigt. Bien au contraire.

A l’issue de la rencontre, tenue le 8 avril dernier au ministère des Mines, entre les leaders de la Fédération Nationale des Mines et de l’Energie (FENAME) et les ministres en charge de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, Dr Amadou Baba Sy, ministre des Mines, affirmait, devant ses deux collègues abasourdis, que « la décision de licenciement des travailleurs venait de Johanesbourg, en Afrique du Sud ».

Colère des leaders syndicaux : « notre pays fonctionne t –il sur la base des lois, dont il s’est doté, ou sur la base des décisions, prises on ne sait trop comment par les patrons des sociétés minières résidant en Afrique du Sud ? », s’interrogent –ils. Et de poursuivre : « Comment un ministre de la République peut –il tenir pareil discours devant des leaders syndicaux ? ». Comme si, disent –ils, « une décision venant de Johanesbourg vaut parole d’évangile ».

Une décision rendue, le 4 février 2013 par le tribunal de Kayes suspendait le licenciement des travailleurs. Et ordonnait leur réintégration dans leurs postes respectifs.

Plus de trois mois après, les travailleurs, injustement, licenciés continuent de raser les murs. Comme si de rien n’était.

Pour les leaders syndicaux, pas de doute : les sociétés minières de Sadiola, Syama et Loulo bénéficieraient de l’onction de nos autorités.

Ils pointent un doigt accusateur sur le Dr Amadou Baba Sy, ministre des Mines. Et entendent aller jusqu’au bout de leur combat : la réintégration de tous les travailleurs licenciés leurs postes respectifs, le versement intégral de leurs cotisations à l’INPS et le paiement de leurs droits et indemnités.
Nous y reviendrons !
Oumar Babi

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