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Grève des élèves-non orientation des titulaires du DEF : La bombe scolaire prête à exploser !
Publié le lundi 29 octobre 2018  |  L’aube
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© aBamako.com par mouhamar
Education: Christine LAGARDE en visite au groupe scolaire de Torokorobougou
Bamako, le 10 janvier 2014. La Directrice Générale du Fonds Monétaire International (FMI) s`est rendue au au groupe scolaire de Torokorobougou pour s`imprégner des réalités de l`école malienne.
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L’école malienne rentre dans une forte turbulence à cause de l’incapacité du pouvoir en place à honorer ses obligations et autres engagements. Depuis la rentrée scolaire, les élèves des établissements privés n’ont pas eu droit au moindre cours à cause de la grève générale déclenchée par les promoteurs de ces établissements qui réclament le payement de leurs arriérés de subvention. Où sont partis les fonds alloués au département de l’éducation ? Evaporés ! Au même moment, les élèves diplômés du DEF sont privés d’enseignement, parce que le ministre de l’éducation nationale est incapable de procéder à leur orientation. Conséquence ? Une fronde générale gagne tous les ordres d’enseignements qui observent une grève depuis la semaine dernière. Et du coup, IBK et son gouvernement font face à une bombe prête à exploser.

L’année scolaire 2018-2019 démarre mal. En effet, moins d’un mois après la rentrée des classes, les mouvements de grève se multiplient. Après la grève illimitée des promoteurs des établissements secondaires, l’Association des Élèves et Étudiants du Mali (AEEM) a entamé, depuis le mercredi 24 octobre 2018, une grève générale sur l’ensemble du territoire. Dans sa revendication, elle exige des autorités, de diligenter les orientations des nouveaux admis au DEF 2018. Ainsi, le mercredi dernier, l’AEEM a déclenché une grève en solidarité avec les élèves des établissements privés contraints de rester à la maison depuis le début de la rentrée scolaire, le 1 octobre2018, suite à la grève de l’Association des Ecoles Privées Agréées du Mali (AEPAM). L’association des scolaires a fait sortir toutes les écoles (les élèves et étudiants) pour dénoncer l’injustice dont sont victimes les élèves du privé. Outre ce débrayage, l’Association estudiantine a, aussi, décréter une grève de 72 heures à compter du vendredi 26 octobre. « Le bureau de coordination de l’AEEM dit se réserver le droit d’envisager des actions vigoureuses si les autorités ne mettent pas tous les enfants de ce pays sur un pied d’égalité dans l’acquisition du savoir ». En effet, depuis le 1er octobre 2018 plusieurs élèves des établissements secondaires privés n’ont toujours pas regagné les classes. En cause, le payement des arriérés de subvention aux établissements privés par l’Etat. Celui-ci accorde des fonds aux promoteurs d’écoles privées qui accueillent ses élèves pour couvrir leurs frais scolaires. Les promoteurs privés expriment leur ras-le-bol.



Établissements privés : il n’y a pas d’argent

Selon le secrétaire général de l’Association des écoles privées agréées du Mali (AEPAM), Abdoul Kassoum Touré, l’Etat doit des arriérés aux promoteurs d’établissements scolaires privés depuis janvier. Pour lui, il ne s’agit pas d’une grève mais plutôt d’une manifestation de mécontentement par rapport à la gestion des frais scolaires et demi bourses. Son diagnostic est accablant : «Les établissements restent ouverts. On respecte la rentrée mais on refuse de reprendre les cours. Car, nous ne sommes pas dans les prédispositions d’une rentrée scolaire. Celle-ci se prépare… Au-delà, 80% des établissements sont en location et doivent des arriérés aux propriétaires, sans oublier les arriérés de salaires qu’ils doivent payer aux enseignants».

Pour le secrétaire général de l’AEPMA, Abdoulkassoum Touré, le blocage se situe à deux niveaux dans cette crise voulue et entretenue, selon lui, par l’Etat. Le premier point, dit-il, est dû à l’avènement budget programme, les dossiers de paiement ont été conçus par l’académie. Un cadre de concertation a été créé entre les promoteurs d’établissements privés, le ministère de l’Economie et des Finances et celui en charge de l’Education. Les parties ont convenu sur plusieurs points. Cependant l’Etat n’a pas honoré ses engagements. Et lors de la finalisation des négociations, on a demandé aux promoteurs des états individuels. Refus des promoteurs ; pourquoi ? M Touré explique «Nous avons refusé, car cela va occasionner un grand retard et personne n’est certain d’être payé avant janvier. Nous avons proposé la réquisition qui est une mesure exceptionnelle. Que les percepteurs payent et que les documents en souffrance soient complétés et ramenés après. Sur la question les positions ont achoppé. Pourtant dans certaines localités du pays, les paiements ont été faits sans les états. Si la mesure est nationale, elle doit s’appliquer à tout le monde». Autre point de blocage, indique M. Touré, pendant que certains payeurs exigent les états individuels, d’autres ont payés sur la base des documents élaborés par les services techniques du ministère de l’éducation nationale. « Le problème est qu’il n’y a pas d’argent. C’est la raison de toutes ces tournures en rond », déclare M. Touré.

L’autre fronde qui agite le monde scolaire est la non orientation des élèves ayant obtenus le Diplôme d’Études Fondamentales (DEF). En effet, depuis le mois de juillet, les résultats des examens du DEF sont apparus. Mais, jusqu’à présent les élèves admis à cet examen n’ont pas encore été orientés. Ce retard s’explique par des difficultés financières. En effet, 38 milliards de F CFA avaient été débloqués pour la gestion des orientations des détenteurs du DEF mais il y a eu au final plus d’admis. Il a donc fallu 10 milliards supplémentaires pour gérer les orientations. Un premier travail avait été fait pour dégager les critères d’orientation mais, in fine, l’enveloppe financière souhaitée (48 milliards de Fcfa) s’est avérée insoutenable pour l’Etat. C’est pourquoi, les élèves âgés de 17 ans qui étaient initialement orientés dans les écoles professionnelles, seront tous casés dans les lycées. Il y aura aussi une diminution du quota alloué aux établissements scolaires privés dans les filières agro-pastorales. Le coût de la formation d’un élève agro-pastoral est de 317.000 F CFA par an contre 126.000 par an pour l’élève du lycée.

Mémé Sanogo

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