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L’Essor N° 17473 du 10/7/2013

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Election présidentielle : message du président Dioncounda Traoré aux candidats
Publié le jeudi 11 juillet 2013  |  L’Essor


© aBamako.com par A S
Audience accordée par le chef de l`Etat aux partis politiques
Bamako, les 21,22 et 23 juin 2013 à la résidence du chef de l`Etat par intérim. Le président Dioncounda Traoré a reçu les représentants des partis politiques au sujet de l`accord de Ouagadougou


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Le président de la République par intérim a reçu mardi les candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants. A cette occasion, il a délivré un message fort dans lequel il explique les enjeux du scrutin. Nous vous proposons l’intégralité de l’adresse

« Messieurs les candidats, mais avant tout, Chère Sœur, chers frères, chers compatriotes, c’est pour échanger sur le Mali et son avenir que j’ai pris la liberté de vous soustraire à votre campagne. Sans hésiter, au détriment de vos agendas, vous avez répondu à mon appel. Pour cette marque d’estime que j’apprécie au plus haut point, je vous salue.

Mais que vous soyez venus, est aussi la preuve d’un engagement patriotique qui vous honore. Au-delà, c’est le signe caractéristique de la grande nation que nous sommes. Une nation convalescente aujourd’hui certes mais qui ne tardera pas à récupérer toutes ses forces. Parce que vous êtes déjà à son chevet. Parce que le peuple malien n’est pas peuple à baisser les bras. Parce qu’enfin nous ne sommes pas seuls. Des mains amies et fraternelles nous restent tendues de partout. Permettez alors à l’Aîné que je suis de témoigner de votre souci pour ce pays.

Pour beaucoup d’entre vous, je suis en mesure d’attester de l’ambition pour le Mali, pour ce Mali qui peut plier mais que rien ne peut briser. Toutes mes félicitations pour l’acte de candidature qui est en soi l’expression d’un devoir civique et d’une foi patriotique inébranlable. Et mes encouragements sincères à la seule femme candidate et au plus jeune candidat de l’élection présidentielle du 28 juillet.

Ils préfigurent l’avenir et je ne doute pas qu’il y aura de plus en plus de femmes et de jeunes candidats à nos scrutins au nom de la démocratie, au nom de l’arithmétique tout simplement car ces deux couches constituent l’écrasante majorité de notre population



Chère sœur, chers frères, vous êtes vingt-huit à briguer la magistrature suprême de notre pays. Vous êtes tous valables. Vous êtes tous des enfants de ce pays. Le gouvernement vous doit l’équidistance et la neutralité et il observera scrupuleusement ce devoir. Le gagnant ou la gagnante sera celui ou celle qui aura eu le plus de suffrages. Les Maliens ne seront pas privés de leur vote dans un troisième tour de passe-passe ou de passe-droit. Nous ne tripatouillerons pas et nous ne laisserons pas tripatouiller. Vous pouvez en être certains. Mais il vous faudra, à vous aussi, candidats, souscrire à la règle fondamentale de la démocratie, à savoir qu’il y a beaucoup d’appelés mais un seul élu.

En effet, seul l’un d’entre vous aura la lourde mission de conduire les destinées de notre pays pendant les cinq prochaines années. Sa tâche ne sera pas une sinécure, au contraire son mandat sera celui de tous les espoirs, de toutes les opportunités mais aussi de toutes les contraintes. Car s’il est sorti d’une grave période de turbulence, le Mali, notre pays, est loin d’avoir résorbé sa crise. Cette crise dont nous avons vécu les effroyables manifestations, au plan sécuritaire, institutionnel et humanitaire a des racines profondes touchant à la fois l’Etat et à la société. C’est donc de refondation qu’il s’agira. Et c’est pourquoi nous avons pensé qu’il fallait aller aux élections au plus tôt pour permettre à un régime élu et disposant de plus de temps pour apporter à notre pays les solutions qu’il faut aux problèmes à la base de cette crise. C’est fort de cette conviction profonde que le gouvernement du Mali et moi-même avons décidé en toute indépendance et en toute souveraineté de fixer la date du premier tour de l’élection présidentielle au 28 juillet prochain.

Nous savions, par cette décision, que nous engagions un véritable pari mais nous savions que le challenge n’était pas au dessus des capacités du peuple malien. Nous savions aussi pouvoir compter sur l’accompagnement de tous ceux qui nous ont aidés à libérer notre pays et qui demeurent mobilisés pour nous accompagner dans notre retour à une vie constitutionnelle normale.

Jamais le Mali n’a reçu, en effet, autant d’aide et de promesses d’aide qu’à la Table ronde de Bruxelles le 15 mai dernier. Et tout cela au nom des urgences à traiter : urgence d’une meilleure gouvernance ; urgence d’une stratégie de sécurité et de défense à même de relever les défis sécuritaires nouveaux et les défis d’une armée républicaine ; urgence de vérifier également les légitimités, surtout celle des élus ; urgence de plus de justice ; en un mot urgence de développement. Le volontarisme du gouvernement ne l’a jamais aveuglé cependant.

Nous savons les problèmes soulevés par les délais prescrits. Surtout que ces élections induisaient une dose d’innovations que les électeurs doivent s’approprier et qu’elles se déroulaient dans un contexte sécuritaire et politique inédit dans notre pays. Croyez bien que tout ne fut pas linéaire. Nous avons eu nos moments de doutes. Mais mesurant à chaque fois ce que nous gagnions en allant aux élections contre ce que nous perdions en n’y allant pas, nous avons maintenu l’échéance du 28 juillet. Le report de quelques mois, préconisé par certains ne réglait pas les problèmes techniquement fort judicieux qui ont été relevés et dont nous sommes conscients.

Mais nous sommes sûrs qu’un dialogue bien mené entre vous et nous peut créer les conditions d’élections apaisées et se déroulant sur l’ensemble du territoire national, parce finalement les candidats sont à égalité devant les insuffisances et imperfections relevées. Insuffisances que nous pouvons corriger ensemble d’ici au 28 juillet.

Malgré cela, je répète qu’il ne saurait y avoir d’élections parfaites, de surcroît dans un pays en crise et pour lequel l’élection est justement un moyen de sortir de cette crise. J’ai conscience des difficultés. Le gouvernement a aussi conscience de ces difficultés. Mais j’ai la conviction d’abord que des élections transparentes et sincères peuvent être organisées le 28 juillet. J’ai la conviction ensuite que les imperfections du processus électoral peuvent être compensées par l’esprit civique et le sens patriotique des candidats et des électeurs. Vous êtes des patriotes, des gens d’honneur. Je n’ai aucun doute que vous mesurez les enjeux du Mali et que vous serez à la hauteur des attentes que nous ne pouvons pas ne pas placer en vous. Bonne chance à vous tous.

Vive la démocratie. Vive le Mali.»

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