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Mamadou Sinsy Coulibaly, président du Conseil National du Patronat du Mal : « Contrairement à ce que certains disent, je n’ai jamais serré la main de Tapily… »
Publié le mardi 21 mai 2019  |  Le Républicain
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© aBamako.com par Momo
Forum économique du Sommet Afrique France
Bamako, le 13 janvier 2017 En prélude a la rencontre des Chefs d`Etat du 14 janvier, le Forum économique a eu lieu entre le MEDEF et les 25 patronats africains a l`hotel SALAM
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Dans sa croisade contre la corruption au Mali, le président du Conseil National du Patronat du Mali (CNPM), Mamadou Sinsy Coulibaly, accompagné de Pr Clément Dembélé, s’est rendu le samedi 18 mai 2019, au siège du Groupement des Commerçants du Mali sis à Quinzambougou. Il a été reçu par le président du Groupement des commerçants du Mali, Soya Golfa et son équipe. L’ordre du jour a porté sur un seul point : la lutte contre la corruption dont les premières victimes sont les commerçants depuis la première République par la faute des agents véreux de l’administration malienne. Mamadou Sinsy Coulibaly est allé droit au but en demandant à ses camarades de soutenir cette lutte pour sauver le Mali au risque de voir , dit-il, les entreprises maliennes mettre les clés sous les paillassons en 2025 à cause de la faillite.





Le combat de la lutte contre la corruption que je mène, dit Sinsy, n’est pas un combat à moi seul. Je ne saurais le réussir seul. C’est le combat de tout les Maliens, du secteur privé, de l’Etat, de la société civile, du vendeur de Banane, de tous. Contrairement à ce que certains disent, dit Coulibaly, il n’y a rien entre moi et Nouhoum Tapily. « Je n’ai jamais serré la main de Tapily, je me suis jamais assis en face de lui à plus forte raison de le rencontrer.

Ce n’est pas un combat contre Tapily ou un combat de Mamadou Sinsy Coulibaly contre Goita ou Youssouf, mais c’est un combat contre un système instauré au Mali depuis la première République , et qui a évolué différemment, devenu pire aujourd’hui. Pour réussir ce combat, nous devons être ensemble, montrer aux dirigeants du pays que nous sommes un et indivisible, qu’on est solidaire. C’est la raison de notre présence chez vous ce soir. Il faut qu’on cesse d’obliger les gens à corrompre pour que leur papier, affaires soient réglés dans les services », a déclaré Sinsy.



Pour nous aider dans cette lutte, souligne le président du CNPM, nous pensons que le nouveau ministre de la justice connu pour sa droiture, pourrait nous aider à lutter contre la corruption, en assainissant la justice. « Si la justice est assainie, beaucoup de choses concernant la corruption prendront fin. Car, c’est avoir une bonne justice qu’est difficile dans la lutte contre la corruption. Tant qu’on n’a pas une bonne justice, ce sera difficile. Si on veut sauver nos argents, apprendre à nos enfants un bon travail, la lutte contre la corruption nous est imposés. Il faut qu’on le fasse, car une question de survie. Si on ne le fait pas, nous allons tous disparaitre comme ont montré les études d’ici 2025. Car l’argent est de plus en plus concentré entre les mains de quelques personnes seulement. Si on ne prend garde, la guerre civile viendra dans ce pays, alors qu’on n’a rien en France, ou en Amérique. Nous avons tout investi ici. Ceux qui ont des comptes à New York, des appartements en France, partiront nous laisser nous entretuer ici. Et quand on va terminer, ils vont revenir », a prévenu M.S Coulibaly

Selon le président du Groupement des commerçants, Soya Golfa, le combat que Mamadou Sinsy a commencé contre la corruption est le combat du secteur privé. Car, dit-il, de l’Indépendance à aujourd’hui, aucun secteur du Mali n’a été épargné par ce système imposé par des agents véreux sur nous. « Le pays n’a pu se développer, des décisions injustes sont prises. C’est difficile de travailler au Mali. Et pourtant après la disparition du franc malien, toutes les sociétés étrangères industrielles qui étaient au Mali sont parties. La SOMIEX qui a pris le relais est allée en faillite à cause de la corruption. Depuis c’est les commerçants qui sont restés avec le pays , mais le hic est que nous n’avons connu que des souffrances. Quelqu’un se lève pour lutter contre ce fléau, si nous ne soutenons pas ce dernier, qui d’autres allons nous soutenir », a indiqué Soya Golfa.



Pour sa part, le Pr Clément Dembélé, président de la plateforme de la lutte contre la corruption, a indiqué qu’au Mali, on est arrivé à un niveau aujourd’hui ou il faut s’unir pour trouver une solution à la corruption. Selon le rapport de la Fondation Friedrich Herbert du mois dernier, et des chiffres de Afro baromètre, explique M. Dembélé, on voit 43% des opérateurs économiques sont obligés par certains agents de l’Etat de donner de pot de vin pour faciliter le traitement de leurs dossiers et autres.

En regardant de près le même rapport, il ressort que 2025 trouvera que 83% les commerçants fermeront boutique à cause de la corruption. Il est temps qu’on sache que ce pays ne peut se développer sans le secteur privé. Pour y faire face, on doit se regrouper et se battre contre ce fléau. Aucun régime n’est venu depuis Modibo Kéita qui n’a pas combattu les commerçants. C’est donc plus le combat du secteur privé, car si le Mali est détruit aujourd’hui, les premières conséquences toucheront vous les commerçants.

Hadama B. Fofana

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