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Frontière de Kourémalé: Rien ne va plus entre policiers maliens et guinéens
Publié le mercredi 31 juillet 2019  |  Le Combat
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© aBamako.com par Momo
Visite de terrain du ministre Amadou Koïta
Bamako, le 28 juillet 2016 Le Ministre de la Jeunesse et de la Construction citoyenne Amadou Koïta a rendu une visite de courtoisie aux structures relevant de son département.
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À la frontière de Kourémalé, il y a de l’électricité dans l’air entre la police malienne et celle de la Guinée. De part et d’autre de la ligne de démarcation artificielle, les Agents en charge du contrôle des pièces de voyage et des formalités à remplir pour la traversée sont tous nerveux, excités et ont de la rancœur frisant l’arbitraire contre les voyageurs et les populations locales. Vu la gravité des agissements des Agents des deux postes de police frontaliers, force est de constater que l’on n’est point loin à une levée de boucliers du côté des populations voisines.

À la frontière Mali-Guinée, les deux pays formant «deux poumons d’un même corps», précisément à Kourémalé, situé à 125 kilomètres à l’Ouest de Bamako, l’heure est grave entre la Police malienne et celle de la Guinée-Conakry. Nous le précisons bien qu’il s’agit entre les Polices des deux côtés de la frontière. Car, en revanche, entre les services des Douanes et de la Gendarmerie des deux pays, selon des sources concordantes, le climat de bon voisinage et de collaboration professionnel est au beau fixe.

Donc, ce n’est ni entre les Douaniers ou Gendarmes des deux postes frontaliers, mais seulement, entre les Policiers maliens et leurs homologues guinéens. Sur le terrain, les Populations des deux pays sont couramment victimes de la rancœur que ces Agents ont les uns contre les autres. De part et d’autre de la frontière, la circulation des personnes et des biens est quasiment rendue impossible par les deux Polices. Cela, à cause de toutes sortes de rançons qu’exigent les Policiers. Pour preuve, ils vous exigent, côté malien, de payer arbitrairement 2000 francs CFA en guise de droit de traversée de la frontière. Cette mesure taxative érigée en système par de simples Policiers est imposée à tout voyageur en règle devant effectuer la traversée de la frontière malienne en provenance du territoire guinéen.

Pour entrer en Guinée aussi, les Policiers vous contraignent de mettre la main à la poche pour leur tendre au minimum 34.800 francs guinéens (c’est-à-dire selon le taux d’échange monétaire en vigueur sur place).

«Il est temps pour les plus hautes Autorités politiques des deux États frères de prendre en compte cette souffrance qu’endurent les populations au niveau des postes de police des deux côtés de cette frontière terrestre artificielle de Kourémalé », nous a confié un Agent de la Douane malienne. C’est tout à fait logique ; car, ici c’est uniquement le cas des voyageurs qui sont en règle, qui ont toutes leurs pièces au complet pour effectuer la traversée de cette frontière. Donc, pour ceux qui ne sont pas en règle, la rançon est, au plus bas du mot, fixée à 5000 FCFA du côté malien. Et au niveau du poste de police guinéen, on vous exige 100.000 NFG.

Même étant en règle, les Policiers des deux côtés vous reçoivent comme des chiens dans un jeu de quilles, très méchamment. À vrai dire, les deux Postes de police ont rendu la traversée de la frontière de Kourémalé très pénible, en un véritable travail de chien. Non seulement, ils sont toujours de très mauvaise humeur, mais ils traitent également les voyageurs en règle sans égard ni pitié et sans surtout justificatifs valables.

«Monsieur le Journaliste, puisque vous êtes en règle, vous avez toutes vos pièces au complet, vous payez juste 2.000 francs CFA, au cas échéant je ne vous restitue pas vos pièces et je vais même vous refouler vers la Guinée où les Policiers font payer arbitrairement les Maliens pour effectuer la traversée. Donc, nous vengeons nos populations victimes des agissements de nos semblables Guinéens», nous a lancé sans ménagement l’Agent en service ce vendredi 26 juillet 2019. Malgré toutes nos tentatives de lui ramener au respect des textes, notre Agent ne tenait qu’à venger ses compatriotes.

Cependant, du côté guinéen, on accuse la Police malienne d’avoir été à l’origine de ce rançonnement dont sont victimes les voyageurs des deux côtés de la frontière.

Suite à notre décision de nous en tenir aux procédures légales, le Chef de poste a été alerté et s’est déplacé personnellement pour nous inviter dans son Bureau où il s’est montré très sensible aux peines des innocentes populations des deux côtés de la frontière. À l’issue de notre entretien, il est à espérer qu’en tant que premier Responsable du poste, ce dernier ne manquera pas de saisir la hiérarchie pour trouver un terrain d’entente entre Policiers maliens et guinéens. En tout cas, à l’instant, il ne resterait plus qu’une dernière et petite étincelle pour faire embraser une situation déjà très explosive entre ces deux corps de police. Vu le degré de la tension palpable entre les postes de police des deux pays frères, l’on est en droit d’attirer l’attention des plus hautes Autorités de Bamako et Conakry. Bref, c’est maintenant que le Chef du Département de l’Intégration africaine, le Ministre Amadou Koïta, doit avoir le flair de saisir ses collègues de la Sécurité et de l’Administration territoriale afin que leurs homologues guinéens soient officiellement informés afin de rappeler les deux Polices à l’ordre et au respect strict des principes relatifs aux formalités énoncées dans le cadre de libre circulation des personnes et des biens dans l’espace de la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest) et d’intégration africaine. Les actuels Gouvernements de ces deux pays formant «deux poumons d’un même corps» doivent passer aux actes puisque leurs deux postes de police sis à Kourémalé sont, au fond des choses, en guerre par voies interposées. Ces temps-ci, à Kourémalé, c’est l’ère de tous les agissements illégaux et des risques à la fois de bavures policières, de soulèvements populaires et/ou d’affrontements entre les deux unités de police des deux pays.

Habib Diallo, Envoyé Spécial LE COMBAT
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