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Mali: enlèvements dans la région de Kidal à huit jours de la présidentielle
Publié le samedi 20 juillet 2013  |  AFP


© Partis Politiques par DR
Campagne Présidentielles 2013 : le candidat Ibrahim Boubacar Keita (IBK) en visite dans la ville de Kidal
Lundi 15 juillet 2013. Mali, Kidal.


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BAMAKO - Cinq personnes, dont des agents électoraux, ont été enlevées samedi par des hommes armés dans la région de Kidal (nord-est du Mali), aggravant encore les tensions sécuritaires à huit jours d’une élection présidentielle jugée cruciale.

Les rapts, commis "par des hommes armés" non encore identifiés, se sont déroulés dans la localité de Tessalit, à environ 200 km au nord de la ville de Kidal, chef-lieu de région, selon un responsable administratif et une source militaire africaine, tous deux joints au téléphone par l’AFP.

"Quatre agents électoraux et un élu de Tessalit, tous de nationalité malienne (...), ont été enlevés samedi par des hommes armés" dans cette localité, a indiqué le responsable administratif, employé au gouvernorat de Kidal.

Ils "étaient à la mairie de Tessalit pour organiser la distribution des cartes d’électeurs" en vue du premier tour de la présidentielle prévu le 28 juillet, a précisé cette source.

"Actuellement, le gouverneur est en réunion de crise à Kidal pour voir ce qu’il faut faire. On n’a toujours pas de nouvelles des personnes enlevées".

L’identité des preneurs d’otages n’est pas encore connue. Mais "tout porte à croire que c’est un coup du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg) qui ne veut pas d’élection", a accusé un fonctionnaire au ministère de la Sécurité.

Le MNLA avait pris le contrôle de Kidal en février 2013, à la faveur de l’intervention de l’armée française en janvier 2013 qui avait permis de chasser ses anciens alliés jihadistes ayant occupé le nord du Mali pendant près de dix mois.

Patrouilles militaires dans Kidal

Les rebelles touareg ont longtemps refusé la présence de l’armée et de l’administration maliennes à Kidal. Jusqu’à la signature, le 18 juin à Ouagadougou, d’un accord avec le gouvernement malien qui a permis le cantonnement dans la ville des hommes du MNLA en parallèle avec l’arrivée le 5 juillet de 150 soldats maliens, suivi d’un retour de l’administration.

Ces enlèvements surviennent au lendemain de violences dans la ville de Kidal entre Touareg et Noirs ayant fait entre jeudi soir et vendredi quatre morts et plusieurs blessés, selon le gouvernement. Des boutiques ont été pillées et saccagées, le marché de la ville a été incendié.

Le calme était revenu samedi matin dans la ville, où peu d’habitants étaient cependant visibles dans les rues, d’après des résidents.

Le retour au calme a été confirmé par une source militaire africaine au sein de la force de l’ONU au Mali, la Minusma, dont un contingent est déployé à Kidal. Un militaire malien a évoqué des patrouilles de soldats de l’ONU et de l’armée malienne dans la ville.

Ces violences font planer le doute sur la possibilité d’organiser le premier tour de l’élection présidentielle le 28 juillet à Kidal, au coeur de ces territoires touareg. Et ce alors que la campagne bat son plein dans le reste du pays, notamment dans la capitale Bamako, à 1.500 km de là, et les principales villes du sud du pays.

Un seul candidat, Ibrahima Boubacar Keïta dit IBK, parmi les favoris du scrutin, s’est rendu à Kidal le 15 juillet pour une visite de quelques heures.

Samedi matin, avant l’annonce des rapts, une source administrative malienne avait assuré à l’AFP qu’en dépit des violences, "tout sera mis en oeuvre pour que les élections se tiennent à Kidal" à la date prévue.

Le 17 juillet, un des candidats, Tiébilé Dramé, artisan de l’accord de paix entre Bamako et les groupes armés touareg, avait dénoncé les conditions de préparation du scrutin, particulièrement à Kidal, et annoncé en protestation son retrait de la course.

sd-cs/stb/hba



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