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Soumaila Cissé, candidat a la présidentielle malienne : « Je ne suis pas un va-t-en-guerre »
Publié le mardi 30 juillet 2013  |  Le Pays


© aBamako.com par A S
Election présidentielle: Le candidat Soumaila Cissé en campagne à Bamako
Bamako, le 21 juillet au stade Modibo Keita. Le candidat de l`Union pour la République et le Développement (URD), Soumaila Cissé était en campagne après deux semaines passées à l`intérieur du pays.


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Cité parmi les favoris de cette présidentielle malienne, Soumaïla Cissé est le porte-drapeau de l’Union pour la République et la démocratie. Ancien ministre des Finances et ex-président de la Commission de l’Union économique monétaire ouest- africaine (UEMOA), Soumi, comme on l’appelle affectueusement à Bamako, est très confiant quant à l’issue de ce scrutin. Nous l’avons rencontré et dans l’entretien qui suit, il n’entend pas accepter sa défaite n’importe comment.

Le Pays : Quel est votre état d’esprit après avoir voté ?

Soumaïla Cissé : Nous avons eu trois semaines réglementaires pour faire la campagne. Nous avons parcouru toutes les huit régions du Mali avec une ambiance enthousiaste, festive. Il y a eu beaucoup de mobilisation et autant d’intéressement à ce que nous faisons. J’ai été agréablement surpris par l’accueil populaire qui m’a été réservé partout où je suis passé. Je me félicite vraiment d’avoir repris contact avec les Maliens après cette longue crise. En dernier ressort, nous attendons la décision des Maliens. Et ensemble, nous allons voir quels sont les grands défis à relever. Je crois que c’est cela le plus important.

Parmi les 27 candidats, vous êtes seulement 3 à avoir battu campagne à Kidal. Quel sens donnez-vous à ce déplacement ?

D’abord, c’était extrêmement important d’aller à Kidal. On ne fait pas campagne dans une région et laisser une autre région. En ce sens qu’il faut montrer qu’on fait campagne pour l’ensemble du territoire national. Au fait, le Mali n’est pas le seul pays au monde à avoir connu une crise. Et les voies et moyens pour parvenir à la paix sont certainement multiformes. Chaque pays a ses mécanismes, ses chemins pour y arriver. Aujourd’hui, nous sommes déjà à un certain nombre de phases dans la construction de la paix. Nous avons connu une phase dite militaire avec son corollaire de violence. Nous avons connu une phase de négociations et de cessez-le-feu et une phase qui accepte un certain nombre de principes : la laïcité, l’unicité du pays. Donc, de ce côté-là, on peut dire que la paix est sur le bon chemin. Mais il faut persévérer dans ce sens et ramener les communautés à mieux se tolérer. Il faut tourner la page sans accepter l’impunité, bien entendu. Je crois qu’on y arrivera par un gouvernement légitime.
Après tout, c’est ensemble que nous allons réfléchir sur comment sortir de la crise.

Ces dernières heures, plusieurs voix se sont élevées pour évoquer des fraudes en préparation. Qu’en savez-vous ?

Je pense que les difficultés, il faut toujours les poser à l’avance. Mieux vaut régler les problèmes a priori que d’attendre que les choses se gâtent avant d’agir. En réalité, il y a eu un certain nombre d’interpellations qui ont été faites. Le gouvernement va s’expliquer.
Il y a une Commission électorale nationale qui est chargée d’assurer l’indépendance et la transparence des élections, et il faut lui faire confiance. Les partis politiques sont dans leur rôle d’attirer l’attention de l’opinion, surtout quand il s’agit des faits qui ont trait à la crédibilité et à la transparence de ces élections. Nous sommes des partis politiques et à chaque fois que nous avons des inquiétudes, il faut qu’on aille interroger l’autorité compétente. C’est ce que nous avons fait.

Un de nos confrères de Bamako titrait vendredi dernier : « Un duel à mort entre IBK et Soumi ». Vous faites la même analyse politique ?

(Rires) - Ecoutez, je n’ai pas lu ce journal, mais ce que je peux dire là-dessus, c’est que nous sommes 27 candidats aujourd’hui avec le retrait de mon ami Tiébilé Dramé. Ce que je veux dire, c’est que j’ai 26 adversaires et non un seul adversaire. Les Maliens n’ont pas eu à choisir entre 2 personnes, mais entre 27 personnes. Maintenant, on parlera du second tour après. Il n’y a pas de duel à mort entre moi et qui que ce soit. Nous étions en période électorale et nous avons battu campagne pour assurer notre victoire.

Est-ce que Soumaïla Cissé est prêt à accepter les résultats de l’élection même s’il la perdait ?

Tout dépend des conditions. Si je vous réponds oui ou non, dans les deux cas ce serait une bêtise. Il y a eu des élections. Nous avons des règles de jeu bien établies. Si les règles de jeu sont respectées par tout le monde, il n’y a pas de problème. Si les règles de jeu ne sont pas respectées, on ne peut pas les accepter chez nous, parce qu’on ne les a pas acceptées ailleurs.
Pourquoi devrait-on accepter ces résultats s’ils sont mauvais ? Faut-il les accepter parce que c’est le Mali, parce qu’on est un pays en crise ou parce qu’on est un pays pauvre ? Non, il faut qu’on construise la démocratie, qu’on reste dans le cadre républicain, qu’on respecte les institutions. A partir de là, les choses se passent de soi. Moi, j’ai eu à participer, de par le passé, à une élection présidentielle. J’ai été battu, et dès le lendemain lundi, j’ai appelé mon adversaire pour le féliciter. Je n’en ai pas fait un problème.
Donc, je ne suis pas un va-t-en-guerre, mais je ne donnerais pas mon premier chèque en blanc à n’importe qui. L’accepter facilement, autant ne pas faire d’élection du tout. Ce serait quand même dommage !

Dans le cadre de votre carrière à l’UEMOA, vous êtes resté pendant plusieurs années au Burkina. Quel souvenir gardez-vous du pays des Hommes intègres ?

Je voudrais vraiment, à travers votre journal, remercier sincèrement le peuple burkinabè qui m’a accueilli, qui m’a permis de passer neuf années extraordinaires de ma vie dans son beau pays. Je remercie en priorité les premières autorités qui m’ont facilité la tâche et qui ont su aussi accueillir la diaspora malienne avec laquelle j’ai vécu pendant neuf ans. Cette communauté malienne m’a adopté, m’a beaucoup donné et m’a toujours prouvé que je suis un Malien comme elle. C’est vraiment une belle occasion pour remercier mes frères et sœurs qui sont installés au Burkina. Je sais compter sur leur indulgence pour les difficultés rencontrées au cours de cette élection. Je sais que les Maliens sont dispersés à l’intérieur du pays. Le seul message que j’ai à leur dire est celui-ci : la seule arme que j’ai pour combattre la misère, la pauvreté et développer notre Mali à tous, c’est le bulletin de vote.

Propos recueillis à Bamako par Hamed NABALMA

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